Discrets, ils n’en sont pas moins indispensables au monde du sport. « Ils » ? Je parle bien sûr de toutes ces personnes qui, volontairement ou non, méritent tout notre respect durant un match, une course ou une compétition. Ces personnes, à l’allure ordinaire, sont en réalité hors du commun. Cette semaine, Le Temps Additionnel leur rend hommage.

Le parent qui fait les déplacements

Avoir un enfant, l’accomplissement de toute une vie ? Oui, jusqu’à ce qu’il soit assez grand pour avoir l’âge d’intégrer un club de sport… Finis les samedis après-midi à roupiller dans le jardin ou les dimanches matin à regarder les dessins animés !

Il va désormais falloir emmener votre progéniture et son équipe jouer son match à 100 km de chez vous ou faire sa compétition de gym dans la Creuse. La première fois c’est sympa, et vous allez pouvoir faire connaissance avec vos compagnons de galère (les autres parents). Toutefois, plus la saison avance, moins il y a de volontaires pour faire les déplacements et plus vous serez sollicités pour les faire ! Vous avez donc mon plus grand respect, Monsieur/Madame, pour tous ces kilomètres parcourus en supportant les chants et cris de guerre provenant des sièges passagers (Mention spéciale à celles et ceux qui ont dû accompagner leurs directionneuses de filles lors de son époque 1D au collège).

Le mec tout nu pendant le Tour de France

Comme tous les étés, la célèbre course de cyclisme est l’occasion de voir le paysage français à la télé (« Oh, quel magnifique château en ruines ! Ha non excusez-moi, c’est juste la maison d’un villageois ! ») et de faire résonner la douce voix de Nelson Monfort dans ses oreilles (« Oh, quel journaliste de qualité ! Ha non excusez-moi, c’est juste Nelson Monfort* ! »). Cette compétition de pédales (NB : ne plus refaire cette blague de mauvais goût) est un des premiers événements mondiaux en termes de dopa… de course pardon !

C’est également le meilleur moyen pour les avides de célébrité de passer à la télévision. Pour être sûr de son coup, il y a 2 solutions. La première consiste à se jeter sous les roues de la tête de course à quelques centaines de mètres de l’arrivée (résultat assuré et puis la garde à vue est à tester au moins une fois dans sa vie non ?). La deuxième solution, pour les plus exhibitionnistes d’entre nous, est de se mettre totalement nu (vous avez le droit de garder vos chaussettes) et de courir à côté du maillot jaune en braillant de toutes ses forces. Oui vous aurez l’air bête, oui vous ferez honte à votre famille mais n’oubliez jamais que vous serez un héros pour tous ceux qui veulent mais n’oseront jamais réaliser cette performance.

Le ramasseur de balles au tennis

Il était une fois un étrange gourou aux tendances sexuelles douteuses qui ne voulait recruter que des enfants. Les siècles ont passé, les sports se sont développés et ce gourou a réussi à s’allier avec quelques disciplines pour continuer sa passion avec les enfants.

Aujourd’hui, c’est au tennis que cette secte s’est le plus développée. En effet, les ramasseurs de balles ne sont que des enfants à qui l’on afflige d’horribles tortures. Commençons par le pire : les ramasseurs au filet. Ces derniers passent des heures dans une position douloureuse et risquent de se prendre une balle dans la tête à tout moment. N’oublions pas non plus les ramasseurs du fond de court qui, en plus de devoir lancer des balles avec un rebond millimétré, doivent se retenir de vomir lorsque le joueur leur lance à la figure une serviette dégoulinant de transpiration et autres fluides corporels. Mes chers enfants, j’admire votre courage et vous êtes de vrais héros. En espérant que vous réussirez un jour à sortir de cette secte.

Le vigile de sécurité

Einstein aurait un jour dit « Il existe 3 choses infinies : l’Univers, la bêtise humaine et l’ennui d’un vigile pendant un match de football… Et encore, j’ai des doutes concernant l’Univers ! ». Le génie à la langue pendante s’était interrogé avant tout le monde sur ce qu’il se passait dans la tête de celui chargé de surveiller les tribunes.

Mettez-vous donc à sa place dans un cas extrême. C’est la finale de la coupe d’Europe France-Portugal en 2020. La France a l’occasion de se venger de 2016 (NB : effacer ce souvenir de ma mémoire) et vous, vous êtes à quelques mètres de la pelouse, vous pouvez même sentir cet odeur de transpiration et de crachat qui émane de l’herbe délicatement arrosée (« pour que le ballon fuse » comme dirait Grégoire Margotton) sauf que vous êtes… dos au match ! Et oui, vous êtes chargés de faire les gros yeux lorsque deux spectateurs se mettent des baffes et de récupérer les ballons partis dans les tribunes (N’oublions pas que ça reste l’équipe de France). La seule solution pour continuer à faire ce métier : détester le foot. Et pour tous les vigiles fans de foot, vous avez tout mon respect et méritez amplement votre place dans cet article.

Le supporter déguisé en tribunes

Cette espèce en surpopulation se développe dans de nombreux sports, même si elle reste plus visible dans le rugby et le football. Généralement, les individus forment des groupes de 2 à 4 personnes et sont facilement remarquables.

Leur mode d’action est très simple : se déguiser de manière plus ou moins originale et crier un maximum pour attirer l’attention du caméraman qui les fera passer à la télévision quelques secondes, afin qu’ils puissent faire coucou à Dédé-le-copain-du-bistrot. En résumé, entre le déguisement, le maquillage, l’utilisation des cordes vocales et l’attente (parfois vaine) pour avoir la caméra sur soi, il faut une sacrée dose de motivation et d’énergie pour intégrer cette espèce. Néanmoins, leur bonne humeur est contagieuse et nous devons leur accorder toute notre sympathie pour avoir gardé une âme d’enfant.

Le malchanceux du basket

Durant la grande pause au cours d’une rencontre de basket, il y a souvent des spectateurs tirés au sort pour participer à un jeu. Aux Etats-Unis, c’est le panier à 100 000$. En France, ce n’est pas exactement la même chose.

En effet, chaque mi-temps au basket est un moment très (at)tendu dans la tête des personnes en tribune. Les moins courageux choisissent la fuite en allant se désaltérer à la buvette. Les plus braves acceptent la possibilité de faire face au destin et restent en tribunes pour écouter la voix du speaker. Ce dernier, tel le bourreau avant de commencer son travail, va appeler/appelle une personne du public. L’heureux gagnant se retrouve donc sur le parquet et va devoir, dans la plupart des cas, effectuer des misérables shoots voire un parcours du combattant devant le regard compatissant d’une salle entière. Après s’être couvert de honte, l’élu se voit enfin annoncer une récompense qui sera bien plus proche du bon d’achat de 35€ à Carrefour que des 100 000$. Le ridicule ne tue pas mais finalement, la bière de la buvette n’est peut-être pas si dégueulasse que ça et pourrait même vous sauver la vie…

Ils ne seront peut-être pas enterrés au Panthéon mais ils peuvent se contenter d’une place dans nos cœurs. Ayons tous une pensée émue pour ces héros méconnus, ceux qui travaillent dans l’ombre pour servir la lumière.

*Et oui nous sommes moqueurs car notre ami Nelson ne couvre pas le Tour de France…

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