Un titre et une médaille de bronze. Tous les deux chez les Espoirs. Tel est le bilan de l’équipe de France de cyclisme sur route aux Mondiaux de Bergen, en Norvège. Pourtant, Julian Alaphilippe nous a fait vibrer, passant proche de décrocher un maillot arc en ciel qui échappe à la France depuis 20 ans. Doit-on avoir des regrets ?

Nous sommes dans la dernière ascension de Salmon Hill. Julian Alaphilippe, sorti comme une fusée, se débarrasse de ses adversaires, volant vers un titre mondial, un an après sa frustration des Jeux. Mais à cinq kilomètres du but, même les caméras ne suivent plus le coureur français. Nous voilà bloqué en caméra fixe dans l’aire d’arrivée, attendant avec angoisse un maillot bleu. L’écart est faible… trop faible. C’est le maillot rouge de Magnus Cort Nielsen (Danemark) qui déboule, avec un peloton lancé à ses trousses à vive allure. Alaphilippe n’a pas résisté. Une nouvelle frustration pour lui, mais pas de regrets, tant celui-ci s’est mis minable sur sa machine.

Une stratégie remise en cause ?

Pourtant, on peut déplorer certains choix tactiques adoptés par Cyrille Guimard (à la tête de la sélection), et les siens. Des stratégies qui font débat, tant les manières de courir dans le cyclisme sont nombreuses. A 62 kilomètres, la course prend un tournant. Des hommes forts prennent le large : De la Cruz (Espagne), De Marchi (Italie), Pantano (Colombie), Wellens (Belgique), Haig (Australie) ou encore Boom (Pays-Bas). Mais pas de Français, alors que les protégés de Guimard sont quasi au complet dans le peloton. Les bleus ont raté le wagon, contraints de rouler à bloc, seuls, pour ne pas laisser de champ à ces baroudeurs au palmarès bien rempli. La poursuite durera quasiment 40 kilomètres, décimant l’équipe de France, et surtout des coureurs comme Calmejane, particulièrement à l’aise pour jouer les trouble-fêtes. Seuls Alaphilippe et Gallopin résisteront à la course poursuite.

Un problème de jambes ?

Si la tactique de la course poursuite peut faire débat, on peut peut-être tout simplement s’interroger sur la forme des coureurs français. Si Alaphilippe et Gallopin ont essayé, Lilian Calmejane et Warren Barguil, particulièrement en vue sur le Tour de France notamment, n’auront que peu pesé sur la course. Le premier s’est tué à la tâche pour ses leaders, mais a très vite déchanté, le second a tenté une ou deux fois, mais sans être aussi tranchant qu’en juillet. Les autres ont assuré leur rôle d’équipier, sans faire preuve d’une démonstration de force. Un état de forme qui pose question. Préparation moyenne, exigences du parcours (plus de 250 kilomètres), ou simple fatigue de la saison qui touche à son terme ? Après tout, les coureurs cyclistes sont des êtres humains.

Des choix tactiques qui peuvent laisser sur notre faim, donc. Mais de très bonnes choses malgré tout, comme l’énième confirmation d’Alaphilippe, et une équipe de France active dans la course. En tout cas, on peut toujours se consoler avec le titre chez les Espoirs de Benoit Cosnefroy, imitant Sicard en 2009, Démare en 2011 et Ledanois en 2015. Ajoutez à cela la médaille de bronze sur le chrono Espoirs de Corentin Ermenault. De quoi digérer l’anecdotique dixième place d’Alaphilippe et la onzième de Ferrand-Prévot en Elites.

Crédit photos : UCI et TodayCycling

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