Je me souviens de cette soirée comme si c’était hier. Du haut de mes 8 ans, j’attendais avec appréhension le coup d’envoi de ce match qui restera dans les annales du rugby français. Auteur d’une phase de poule plus que moyenne, le XV de France recevait en cadeau l’ogre Kiwi. Rien ne laissait présager ce qui allait se passer…

L’un des « Haka » les plus intenses de l’Histoire.

 

Une coupe du monde… à la française 

Après un rendez-vous inaugural manqué face à l’Argentine, la France empoche sa qualification avec autorité contre l’Irlande. Cependant, cette défaite contre les « pumas » condamnaient les bleus à l’exploit… Ils auront les Blacks en quart !

La coupe du monde 2007 aura été la dernière campagne internationale de Serge Betsen avec les Bleus.

Dans une situation fragile, les hommes de Bernard Laporte plongent dans l’inconnu en arrivant à Cardiff. De l’autre côté, Collins et compagnie débarquent avec un magnifique parcours. Dès lors, les espoirs sont minces contre des Kiwi’s confiants, peut-être trop…

 

Le Haka de l’Histoire

Cette arme psychologique extrêmement précieuse pour les nations du Pacifique a toujours inspiré admiration et respect. Néanmoins, se contenter de regarder ce rituel peut grandement vous déstabiliser. Pour éviter cela, quelle meilleure réponse si ce n’est de relever cet affolant défi. C’est comme cela que les tricolores, menés par Sébastien Chabal sont allés titiller les plates-bandes sacrées des rois du Rugby. Des années plus tard, Raphael Ibanez, talonneur de l’époque, confiera  » Ça a permis à toute l’équipe de France de générer une vraie dynamique avant le coup d’envoi ». Dynamique ou non, le scénario atteste que ce soir-là ; les bleus ne pouvaient perdre.

 

 

Une première mi-temps à sens unique

Malgré un avant-match bien maîtrisé de la part des français, ce sont les Blacks qui rentrent parfaitement dans le match. Dominateurs, c’est en toute logique qu’ils inscrivent le premier essai par le biais de Luc McAlister à la 17ème minute. Très vite, les hommes du Pacifique semblent intouchables, le score est de 13-0 à la 31ème. Seul lueur d’espoir avant la pause, Lionel Beauxis vient transformer une pénalité, les Bleus sont menés de 10 points.

Le beau, le grand, le fabuleux Lionel maintient l’espoir côté français !

 

40 minutes dans l’Histoire

Après avoir encaissé cette première partie de match, je me rassois, un peu sonné par ce que je viens de voir, « l’écart de niveau est trop important » me dis-je. Entre espoir et dégoût, je ne sais que choisir. Bien heureusement Thierry « le Magnifique » décida pour moi ! Après une pénalité réussie par Beauxis, les bleus montrent un tout autre visage. A la suite d’une belle action collective, Dusautoir (38 plaquages lors de ce match, un monstre !) comme un symbole, s’en va aplatir pour marquer l’essai de l’égalité ! A 30 minutes du terme, tout est possible, j’y crois ! La France entière y croit !

Face à un public acquis aux français, les Kiwi’s ne se démontent pas et réagissent de suite. A la 63ème, grâce à une efficace série de pick-and-go So’oialo inscrit le deuxième essai néo-zélandais, la transformation est ratée par Carter (18-13), sans doute un signe du destin qui maintenait les bleus hors de l’eau !

L’exploit était si proche et en même temps si loin. A la 68ème, les chances de victoires s’amincissaient mais Traille, Michalak et Jauzion n’étaient point d’accord, admirez simplement :

 

Avec la transformation d’Ellisalde, les bleus menaient 18 à 20, rendez-vous compte ! Distancés de 13 points en première mi-temps, les jeunes coqs avaient réussi le simple exploit de renverser la « dream team » All Blacks.

Alors que la sirène rententissait, l’hystérie s’empara de moi quand je vis le ballon sortir du ruck côté français et qu’un petit neuf, très sereinement, se dirigea vers ses 22 m pour expédier le ballon en tribunes. Quelle joie !

 

 

Alors, bien évidemment, malgré cette fabuleuse prouesse, nous sommes restés français. C’est pourquoi, après avoir pleuré de joie nous avons pleuré de peine en assistant à la défaite du XV de France face à nos meilleurs ennemis , les anglais. 

 

 

 

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