L’équipe de France a retrouvé quelques couleurs durant ce Tournoi des 6 Nations qu’il faudra perpétuer lors des prochains matchs. À un an et demi de la Coupe du Monde au Japon, le rugby français n’a plus le choix.


Malgré la quatrième place, bien en-dessous des objectifs annoncés, le XV de France sort du Tournoi avec quelques motifs d’espoir. Avec le changement de staff durant l’hiver, il faut dire que les Bleus disposaient de peu de certitudes avant la compétition. L’annonce de la liste annonçait déjà des oiseaux de mauvaise augure avec le forfait de Morga Parra et Mathieu Bastareaud. Ce dernier rejoindra finalement le groupe à partir du troisième match et sera l’homme fort des Bleus en fin de tournoi à tel point qu’il sera nommé capitaine contre le Pays de Galles.

Malgré cet effectif décimé et peu expérimenté, les Français ont semblé retrouvé petit à petit de la confiance dans le jeu et monté en puissance. Les performances des ailiers Teddy Thomas puis Rémy Grosso sont l’une des satisfactions de ce Tournoi. La troisième-ligne composée principalement de Yacouba CamaraKevin Gourdon et Wenceslas Lauret n’a pas déméritée non plus. Hormis la deuxième mi-temps contre l’Écosse, la France a semblé maîtriser son sujet voire dominer ses rencontres grâce à un French Flair retrouvé. Surtout, elle a enfin battu l’Angleterre (22-16) qui restait sur deux années de quasi-invincibilité.

Le gros point noir reste le poste d’ouvreur où respectivement Matthieu Jalibert, Anthony Belleau, François Trinh-Duc et Lionel Beauxis se sont succédé sans jamais apparaître souverain du poste. C’est une constante en équipe de France et le départ à la retraite de Frédéric Michalak n’a pas arrangé la donne : le XV de France ne possède pas d’ouvreur de classe mondiale. Tandis que les deux premiers cités se sont blessés, deux erreurs de Beauxis ont failli coûté la victoire face à l’Angleterre dans les dernières minutes et François Trinh-Duc a manqué une pénalité décisive face aux poteaux contre les Gallois. L’Irlandais Jonathan Sexton est d’ailleurs l’illustration symptomatique de ce manque avec un drop passé de 45 mètres en match d’ouverture crucifiant les Bleus. Le sélectionneur Jacques Brunel devra trouver la perle rare du poste pour diriger les Tricolores lors des prochains mois.

En revenant sur ce Tournoi 2018, impossible de ne pas évoquer le couac d’Édimbourg où plusieurs joueurs ont été entendus par la police au terme d’une soirée nocturne dans la capitale écossaise. Le soir même de la défaite contre le XV du Chardon (32-26). Jacques Brunel finira par exclure les huit joueurs concernés (Arthur Iturria, Jonathan Danty, Anthony Belleau, Rémi Lamerat, Sekou Macalou, Louis Picamoles, Félix Lambey et Teddy Thomas) avant de lever la sanction quelques semaines plus tard.

La suite pour les Bleus ? Le calendrier prévoit une tournée estivale en Nouvelle-Zélande. A un peu plus d’un an du Mondial au Japon, les Bleus se frotteront à trois reprises aux All Blacks (9, 16 et 23 juin). Un véritable test pour connaître le niveau réel des Français face à ce qui se fait de mieux sur la planète rugby (seulement trois défaites depuis la dernière Coupe du Monde). Le rugby français semble avoir saisi l’urgence de résultat pour le XV de France puisqu’un coloc entre le sélectionneur et les entraîneurs de club du Top 14 était organisé cette semaine au siège de la Fédération. Cet échange s’inscrit dans la volonté d’améliorer la relation avec les clubs et de mettre le XV de France au centre des priorités. Place aux actes désormais !

(Crédit photo : Getty Images, Christophe Simon/AFP)

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