Grand Prix de Bahrein 2015

Ce dimanche, s’est couru le quatrième grand Prix de la saison. Tout comme le circuit de Shanghai, le tracé de Bahreïn, situé à Sakhir a été inauguré en 2004. Il est dressé en plein désert, au milieu des dunes. Depuis, la civilisation galopante s’est rapprochée. Ce circuit est craint pour sa chaleur très sèche. Les 50 degrés sur la piste sont rapidement atteints. La gestion des pneumatiques est plus que jamais la clé de la victoire sur ce circuit. Les longues lignes droites imposent des virages en épingle ou à angle droit qui obligent les freins à un effort intense. Depuis l’année dernière et les 10 ans d’existence du Grand Prix, la course a lieu à la nuit tombante. 1500 lampadaires ont du être installés pour permettre aux pilotes une visibilité comme en plein jour. Néanmoins, la température retombe et devient plus accessible pour la mécanique.

Mercedes et Ferrari, sur la même longueur d’onde

Ces deux écuries se rendent coup pour coup. Les Ferrari ont eu un rythme de course sur les entraînements du vendredi qui laissait entrevoir une course de toute beauté avec les Mercedes. Ce fut presque le cas. La menace s’est faite nette avec les qualifications. Pour la première fois, le panachage a été total. Hamilton a signé la pole position en 1:32:571 mais Vettel s’est hissé en première ligne à +412 millièmes de seconde. Nico Rosberg ne prend que la 3e place et Raikkonen se classe en 4e position. Le combat au premier virage pouvait avoir lieu. Et il a eu lieu. Rosberg se fait tasser par Vettel et est dépassé par Raikkonen. Mais Rosberg veut s’affirmer face à Hamilton et dépasse en force Raikkonen. Vettel commet de nombreuses erreurs qui lui font perdre des places. Il finit 5e à 43,9 secondes du vainqueur. Pendant ce temps, c’est Raikkonen qui met le feu. Le finlandais n’était plus monté sur un podium depuis le Grand Pris de Corée en octobre 2013. Le finlandais gère ses pneus à la perfection. Il est plus rapide avec des pneus medium (plus lents/plus endurants). Malgré un second arrêt tardif, à 17 tours de l’arrivée pour passer le composé tendre (plus rapide/moins endurant), il revient très fort sur Rosberg alors 2e. (Son record sur un tour est 1:36:311 au 42e tour alors que Rosberg n’évolue qu’en 1:37:326). Il fond sur l’allemand. De plus de 15 secondes après l’arrêt, l’écart tombe a moins de 3 secondes à 5 tours de l’arrivée. La pression est très forte sur Rosberg. Hamilton est 4 secondes devant. Ce sont des problèmes de freins qui vont faire céder l’allemand. Il laisse sa 2e place provisoire sur un « tout-droit » dû a des freins en surchauffe. Hamilton connait une alerte lui aussi a 1 tour de l’arrivée mais le plus dur est fait. La victoire, sa troisième cette année est à portée. Vettel finit 5e. Ses erreurs l’ont contraint a un 3e arrêt pour changer d’aileron avant. Le podium s’est envolé.

Avec Raikkonen à son tour capable de réaliser de belles courses, la lutte s’annonce intense. Les problèmes de fiabilité, les erreurs de pilotage se paieront très chers. Attention à Rosberg. Il est dominé en courses et en qualifications (+6/10e), là ou il excellait la saison dernière. Il ne faudrait pas qu’il sombre sans quoi son bail qui a été prolongé jusqu’à 2017 chez Mercedes se transformera en calvaire surtout si Hamilton prolonge lui aussi.

Renault ne s’en sort toujours pas

 

            C’est l’un des faits de la course, et il n’est pas glorieux pour Renault. Le moteur de Ricciardo est parti en fumée à 200 mètres de la ligne d’arrivée. Heureusement, la vitesse que l’Australien a réussi à prendre l’a emmené jusque de l’autre côté de la ligne d’arrivée. Il se classe 6e. S’il ne voyait pas l’arrivée, cela aurait rappelé un Mika Hakkinen, dépité qui voit le moteur de sa McLaren se briser dans le dernier tour le privant de la victoire en Espagne en 2001. Au delà de cet incident, les résultats ne sont pas encore à la hauteur. Ricciardo se qualifie 7e à +1,3s de la pole. Son coéquipier, Kvyat se rate et échoue en Q1. Les Toro Rosso, par qui sont venu la lumière en ce début de saison se placent 9e et 15e. Le meilleur temps est à mettre au crédit de Carlos Sainz, le rookie espagnol de 20 ans est à près de +1,9s. La course est décevante. Les deux Toro Rosso abandonnent sur des pannes encore indéterminées. Ricciardo termine tout de même 6e mais à +1minute d’Hamilton. Son meilleur tour en course est 1:38:948 soit +2,6s du temps de Raikkonen qui détient le record, en 1:36:311. Durant le week-end, Cyril Abiteboul, le patron de Renault s’est exprimé sur les origines des maux de Renault. Il s’agirait de pistons du moteur thermique qui serait défectueux. Le directeur de la firme au losange nous a prévenu! Changer un piston, c’est six semaines. Il faut en effet ramener les moteurs à Viry-Châtillon, refaire les pièces. On ne peut pas les changer sur le temps d’un week-end de course. Abiteboul promet des solutions solides pour l’Espagne dans 18 jours. Wait and see!

Au delà des problèmes mécaniques, Ricciardo est d’après les commentateurs dans le dur. Il est en position de leader depuis le départ de Vettel. Il doit mener l’équipe. Mais la pression d’une équipe quadruple championne du monde est pesante. L’année dernière, il avait juste à profiter. Pour un ex-pilote Toro Rosso, la moindre 4e place est forcement une victoire, ce qui n’était pas le cas de Vettel qui avait connu l’extase de quatre titres mondiaux. Il ne pouvait que s’épanouir. Quand à Daniil Kvyat. Il se retrouve propulsé chez Red Bull alors qu’il n’a passé qu’une année chez Toro Rosso. Son inexpérience est flagrante. Cela n’aide pas pour développer la voiture. Il se donne à fond, mais ça ne paye pas. Il lui faudra persévérer et en faire encore plus. À juste 20 ans : est-ce trop en demander ? La filière Red Bull pour jeune pilotes risque de se boucher.

 

Williams dans le dur, mais s’en sort au courage

 

Les Williams sont clairement en retrait. L’année dernière, l’écurie de Grove a bénéficié du moteur Mercedes. Ses faibles appuis aérodynamiques l’ont rendue très rapide. Ils ont pu jouir de cette vitesse pour pouvoir se battre avec Mercedes et monter sur le podium. Valtteri Bottas était la révélation de la saison précédente. La suite logique aurait été qu’il puisse gagner en 2015. Il faudra attendre pour l’instant. Les Williams sont en retrait par rapport aux Ferrari. L’objectif pour Massa était de se battre contre elles, mais la lutte à tourné court. Bottas est qualifié 5e devant Massa mais à +0,8s d’Hamilton. Massa est juste derrière, 6e sur la grille, mais déjà à +1,2s. On rappelle que Massa était le seul des autres pilotes à avoir signé la pole position en 2014 ; c’était en Autriche. On peut ajouter que Bottas se qualifiait 3e en Russie à 4/10e d’Hamilton. Il ratait la pole pour une sortie trop large sur le vibreur à la sortie du dernier virage. Les Williams sont capable de mieux. En course, Massa a perdu ses chances quand il était cloué sur la grille au moment du tour de formation à cause d’un problème électrique. Il dût partir des stands. Il sauve tant bien que mal le point de la 10e place. Mais si la Williams est moins rapide, cette année, Bottas à prouvé sa valeur. Il a brillamment retenu Vettel avec sa Ferrari sur les 17 derniers tours de la course. Ce n’est pas anodin quand on connaît les performances de Ferrari en ce début de saison. Il empoche les douze gros points de la 4e place.

McLaren-Honda? « Mi-figue, mi-raisin » selon Alonso

 

Encourageant et frustrant à la fois, voilà comment qualifier le week-end des britanniques propulsés japonais. Le moteur Honda est en progrès. Mais en même temps, il est soumis a des soucis de fiabilité qui minent quelques peu son potentiel. Alonso a pu effectuer un week-end probant. Button, lui, a du faire face à un problème électrique récurent. Cela commence dès les essais libres 1. Dans le deuxième tour, les roues arrière se bloquent, le moteur se coupe et Button se retrouve en perpendiculaire dans le premier virage. Alonso boucle 18 tours et se classe 7e à 7/10e de Kimi Raikkonen arrivé en tête. En essais libres 2, Button boucle 15 tours loin des leader et connait un nouveau problème. Alonso parcours 22 tours et se classe 12e à +1,5s. Les essais libres 3 se déroulent bien. Ils laissent entrevoir la Q2 au britannique. Mais en qualifications, Button ne peut parcourir le moindre tour. Alonso prend le 9e temps de la séance et accède pour la première fois à la Q2. C’est un progrès notable. La performance commence a s’améliorer. Les limites sont vite atteintes et l’espagnol signe le 14e temps. Il confiera avec humour : « c’est triste d’être content d’atteindre la Q2 ». Si la Q2 représente une étape significative pour la performance, ce n’est pas encore le niveau attendu d’une McLaren et surtout d’un pilote comme Alonso ou Button. En course, Button ne peut pas prendre le départ. Alonso signe une belle 11e place. Il bat les Sauber et une Force India qui sont ses adversaires directs. Il termine a un tour et son rythme atteint 1:38:992. C’est moins vite que Raikkonen qui a tourné en 1:36:311, mais c’est à +1,6s des Mercedes qui sont la référence sur la saison.

Voilà le problème Honda. Il commence à enchaîner les distances de course mais son manque de fiabilité le rend imprévisible. Si cela se gomme, les performances vont tomber très certainement.

Voici un grand prix qui a tenu ses promesses. Des batailles ont eu lieu à tout les niveaux. Des Mercedes sous pression qui n’auront pas le droit à l’erreur. Des Red Bull/Renault qui sont clairement très décevantes pourraient permettre à Romain Grosjean de regoûter aux joies du champagne sur le podium. On a hâte de voir ça!

Nicolas Martinet

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