Ce week-end, s’est tenu le premier grand-prix du championnat du monde de Formule 1. Que doit-on retenir de cette première course? Nous allons faire un point motoriste par motoriste. Qui a progressé? Qui a rétrogradé? C’est l’occasion de voir si les promesses affichées par certaines équipes durant les essais de pré-saison vont se concrétiser.

Mercedes (Mercedes, Williams, Force India et Lotus)

C’est l’équipe que tout le monde attend en ce début de saison. Ses supporters veulent les voir poursuivre leur marche en avant. Ses détracteurs, eux, espèrent que l’heure de la fin de leur suprématie est arrivé. Malheur aux seconds, la firme à l’étoile est en forme! Et elle ne compte ne laisser que des miettes. Impérial en qualification, Lewis Hamilton a régné sur toute la course ce dimanche matin. Après avoir mis, ce qu’il faut bien en convenir une valise en qualification a ses adversaires. En effet, les premiers poursuivants, Felipe Massa et Sebastian Vettel ont accusé un retard de 1,3 seconde. Les Mercedes étaient seules au monde durant le grand-prix. Personne n’a été en mesure de venir inquiéter les pilotes de l’écurie championne du monde en titre. Pas même, Felipe Massa, le brésilien qui avait une voiture surprenante la saison passée parti troisième. Vettel, troisième à l’arrivée accuse un retard de 34,5 secondes. Daniel Ricciardo, pilote Red Bull qui est le seul a avoir gagné des courses l’année dernière a fini à + 1 tour. Il est pourtant classé 6e.

Les seuls à avoir tiré leur épingle du jeu, avec ce moteur surpuissant, c’est les Lotus. Romain Grosjean et Pastor Maldonado se sont brillamment classés 9e et 10e. Cela peut paraître médiocre, néanmoins, la saison 2014 de l’équipe a été si calamiteuse qu’accrocher une 12e place relevait de l’exploit. Seul bémol pour le clan Lotus, le français a du abandonner dès le départ sur casse moteur.

– Ferrari (Ferrari, Sauber, Manor (ex-Marussia)).

C’est la bonne surprise de ce premier grand-prix de l’année! Le moteur Ferrari a bien progressé. Pour preuve de cette bonne forme, Sebastian Vettel est monté sur le podium à l’issu de la course. Cela n’était pas arrivé depuis juillet 2014 et le grand-prix de Hongrie. L’année 2014 a été tout aussi chaotique qu’a pu l’être celle de Renault. Le niveau a été élevé dès les premiers tours de pistes cet hiver. Il fallait seulement prouver ; et voilà. Sebastian Vettel et Kimi Raïkkönen ont conclu les premiers essais qualificatifs en 4e et 5e positions. Cela est remarquable parce que habituellement, Ferrari roule avec peu d’essence en essais libres. Cela pour se donner des espoirs, mais arrivé le samedi, en qualifications, une fois que toutes les voitures évoluent avec peu de carburant, la firme de Maranello s’écroule. Le rythme en course se trouve être trop insuffisant pour remonter au niveau du podium. Cette année, l’équipe italienne a réussi a placer ses voitures en d’encourageantes 4e et 5e places. Néanmoins à 1,4 secondes. L’écart est encore trop fort pour espérer mieux aux prochains grands-prix. Le podium de ce matin, obtenu grâce a une bonne stratégie vient récompenser ces efforts.

Une preuve de plus que le moteur italien va bien? Les deux Sauber ont terminé aux 8e et 5e places respectives, synonymes de points. L’écurie suisse récolte sur la première course 13 points. En 19 manches la saison dernière, Sauber n’a tout simplement inscrit aucun point. C’était la plus mauvaise année pour l’équipe apparue sur le plateau en 1993. En un grand-prix, Felipe Nasr, le « rookie » (jeune pilote) brésilien a réussi l’exploit de terminer dans le même tour que le vainqueur.

Quand à Manor. Elle est construite sur les vestiges de Marussia, l’écurie britannico-russe a été placée en liquidation judiciaire en octobre dernier pour défaut de paiement. Un nouvel investisseur s’est présenté 15 jours avant le début de la saison. À partir de là, la nouvelle structure a réussi le défi de venir en deux semaines avec une monoplace homologuée par la FIA. Toutefois, le moteur fourni par Ferrari nécessite des logiciels d’exploitation qui n’ont pas pu être installés dans les ordinateurs de l’équipe. L’équipe a vu ses monoplaces clouées dans les garages. Mais tout laisse penser que nous allons retrouver l’équipe dirigée par Graeme Lowdon à Sepang en Malaisie dans deux semaines.

            – Renault (Red Bull, Toro Rosso)

C’est incontestablement la grande déception du jour. De grosses lacunes sont apparues dans le moteur français qui a mis a rude épreuve les nerfs des dirigeants de Red Bull. Tout d’abord, pour rester simple, chaque pilote n’a droit qu’à quatre moteurs par saisons. Au 5e utilisé des pénalités sportives frappent les pilotes. Dès les essais libres 2, Daniel Ricciardo a cassé un moteur. Il doit faire les 20 grands-prix avec ses trois derniers moteurs. De plus, le constructeur de Viry-Châtillon avait promis de réduire de moitié l’écart de performance sur le moteur Mercedes, mais le contraire semble plus être de mise. Le pilote australien s’est qualifié 6e avec un chrono de 1:28:329 soit 2 secondes pleines plus lent que le temps de la pole position (1:26:327). Son co-équipier, Daniil Kvyat n’a pas réussi a atteindre les 10 pilotes les plus rapides en Q3. D’une part, le moteur français a un gros défaut de puissance mais en plus, il n’est pas assez fiable. Max Verstappen, le jeune pilote néerlandais de 17 ans a du abandonner sur casse. Cela s’ajoute au précédent problème de Daniel Ricciardo aux essais. Toro Rosso, l’écurie soeur de Red Bull a presque été aussi rapide que cette dernière. Carlos Sainz, un autre rookie s’est qualifié 7e avec un temps de 1:28:510. Le jeune espagnol a fini 9e a + 1 tour.

La tension est vive chez Renault.

– Honda (McLaren)

Il est difficile de s’exprimer sur le motoriste japonais et l’écurie McLaren. Cette année, c’est le grand retour des deux marques réunies. Elles ont fait les belles heures de l’histoire de la formule 1 dans les années 1980/1990. Le duo Ayrton Senna/Alain Prost a dominé le championnat. Ils ont raflé tout les titres entre 1988 et 1992. Ils étaient propulsés par Honda chez McLaren. C’est dans l’optique de régner de nouveau dans la catégorie reine du sport automobile que s’est faite cette union. Mais en 2015, la technologie de la F1 est très complexe. Et dans ce domaine, on voit que Mercedes a une grosse longueur d’avance.

Alors oui, les débuts sont très difficiles. Le moteur manque de fiabilité, il tombe trop souvent en panne, il n’est pas suffisamment véloce. Il n’est pas encore au point pour espérer engendrer des bon résultats. Selon les dirigeants et commentateurs, le châssis semble très prometteur. Il manque juste que le fonctionnement du moteur soit bien assimilé. La tâche est rendue plus plus délicate à cause du manque d’opportunités d’essais sur piste.

L’équipe britannique doit prendre les premiers grands-prix comme des essais privés. Ce temps de piste permettra de mettre au point le moteur dans la voiture. C’est ainsi que l’on peut comprendre les résultats de Jenson Button et Kevin Magnussen en qualification. L’anglais s’est placé 17e avec un temps en 1:31:422 soit plus de 5 secondes que le temps de la pole de Hamilton. Le danois est lui 18e. Il a fait un temps de 1:32:037. La stratégie était de brider la puissance du moteur japonais afin de le préserver. McLaren oscille donc entre le bien et le mal. Tout cela alterne de  façon variable. Ainsi, alors que Kevin Magnussen a connu une casse moteur dans son tour de mise en grille, Button a réussi a boucler les 58 tours du grand-prix. Cela fournira de bonnes données à étudier en vue de développer la monoplace.

Est-ce le passage obligé qui mènera l’équipe de Ron Dennis à son dessein? Cela devrait donner de l’intérêt à la suite de la saison.

Nicolas Martinet

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