Jules Bianchi est décédé le 17 juillet 2015, après 9 mois passés dans le coma après une grave sortie de piste au cours du Grand Prix du Japon 2014. Il représentait l’espoir du sport automobile français.


Les faits tels qu’ils s’étaient déroulés

Le Grand Prix du Japon 2014 a été frappé par un typhon qui est passé au large des côtes. Le week-end du Grand Prix a été perturbé du point de vue météorologique. Les averses et la luminosité qui s’explique à cause de la couverture nuageuse n’ont pas rendu les conditions de courses les plus faciles. Le système de drainage du circuit a rendu les conditions d’adhérence encore plus précaire. Des rigoles d’eau traversaient la piste dans certains virages dont le numéro 7, lieu de la catastrophe. Au 41e tour du Grand Prix, alors que les averses avaient reprises de plus belle, Adrian Sutil, un pilote Allemand de l’écurie Sauber perd le contrôle de sa monoplace dans le virage 7 et sort de la piste. La décision est prise d’évacuer la voiture de l’Allemand à l’aide d’une grue. Les drapeaux jaunes signalant le danger sont agités mais la voiture de sécurité n’est pas déployée. La course se déroule jusqu’à présent normalement. Les écuries sont sur différentes stratégies. Quand certaines voitures sont équipées de pneus pluie totale comme les leaders, d’autres, comme les petites écuries dont la Marussia restent sur des pneus intermédiaires. Chaque occasions de gagner des places et signer un résultat inespérée sont bon à prendre. Jules Bianchi, en pneus intermédiaires usés perd a son tour le contrôle de sa voiture un tour plus tard dans le même virage. A-t-il assez ralenti ?Même en ralentissant, cela aurait-il été suffisant ? Pourquoi la Safety Car n’a pas été envoyée en piste, immédiatement après la sortie de piste de Sutil ? L’enquête diligentée par la FIA n’a pas répondu à toute les questions à ce jour. L’engin de levage pesant plusieurs tonnes est encore présent sur la zone de la sortie de piste au septième virage. Le Français n’a pas pu éviter la grue et l’a heurtée violemment à environ 142 km/h.

Le parcours d’un jeune prodige

Selon les dires de ses proches, Jules avait la course dans le sang. Sa passion pour les sports automobiles se sont révélés dès sa plus tendre enfance. Philippe, son père raconte comment Jules faisait des 360° avec sa première voiturette dans la maison familiale. Ce goût pour la course l’a emmené très loin et très vite.

Il commence sa carrière en karting sur la piste gérée par son père à Brignoles dans le Var. Il enchaine les victoires. Ces résultats vont l’amener en Formule Renault en 2007. Il rejoint Alain Prost en tant que champion de France de la catégorie dès sa première saison. La fulgurante ascension du jeune pilote niçois est spectaculaire. Il enchaine les catégories. Formule 3 Euro Série, Formule 3 britannique et GP2, l’antichambre de la Formule 1. Il y passe deux saisons. Il ne termine néanmoins que troisième dans ses deux saisons. En parallèle, Jules Bianchi court en GP2 Asia Series ou il se classe douzième et second. Au cours de l’année 2012, il s’engage en Formule Renault 3.5. Il se classe second au sein de l’équipe Tech 1 Racing. Tous ces résultats obtenus en un lap de temps très court lui permettent de taper dans l’oeil des responsables de la Ferrari Driver Academy qu’il intègre en 2009. Il est alors pilote d’essais. C’est un privilège rare qui lui permet d’accéder à la Formule 1. La Scuderia Ferrari le place comme pilote de réserve de l’écurie Force India. Il parcours de nombreux kilomètres lors de différentes séances d’essais privés.

C’est en 2013 que sa carrière bascule. En mars, à la veille du lancement de la saison, une place se libère dans l’écurie Russe Marussia. Luiz Razia, un Brésilien qui devait piloter la monoplace est écarté faute de budgets. La monoplace n’est pas compétitive. Elle se classe régulièrement dernière. Le premier fait d’arme de Jules Bianchi intervient dans ce même mois de mars. Lors du Grand Prix de Malaisie il parvient à se classer 13e. Pour déterminer le classement final des écuries qui n’ont pas inscrit de points, seul le meilleur résultat de leurs pilotes est pris en compte. Face à Caterham qui est l’autre équipes à ne pas pouvoir inscrire de points, la treizième place est capitale. Ni Charles Pic, ni Giedo Van Der Garde ne réussiront à faire aussi bien. Ce résultat assurera à l’écurie Marussia une dixième place au classement final de la saison 2013 de Formule 1 et quelques deux millions d’euro de la part de la Formula One Management vitaux pour assurer la survie d’une équipe fragile.

Le Grand Prix de Monaco

En 2014, Jules Bianchi a franchi une étape autrement plus difficile, ce qui a démontré l’étendue de ses capacités au volant d’une monoplace. Il inscrit ses deux premiers points en championnat du monde de Formule 1. Il a réalise cet exploit toujours avec la très modeste Marussia. C’est lors du Grand Prix de Monaco qu’il a réussi a réaliser cette performance. Ce résultat est facilité par de nombreux abandons, mais encore fallait-il être capable d’éviter les écueils sur la piste tortueuse de la Principauté. Tout en force et sans jamais se déconcentrer, il remonte les positions et a été l’un des animateurs du Grand Prix en étant l’auteur d’un dépassement sublime à la Rascasse sur la Caterham de Kamui Kobayachi. Positions après positions, le jeune Français est parvenu à finir à la 9e position de la course. Sa course n’aura pas été facile. Il a écopé de deux pénalités. Une pour être parti hors de sa place en qualification quand Esteban Gutierrez, alors pilote Sauber s’est avancé d’un rang suite à l’abandon de Pastor Maldonado pour Lotus. Il a été contraint à par les commissaires de la FIA a effectuer un drive-through (une traversée des stands sans s’arrêter), ce qui lui fait perdre du temps. Il a écopé d’une deuxième plus tard sur un fait de course. À ce moment, il est 8e. Il est condamné à cinq secondes qui viendront s’ajouter à son temps final. Il doit terminer la course avec cinq secondes d’avance sur ses poursuivants. Il n’est pas assez loin devant Romain Grosjean qui hérite de la huitième place mais suffisamment distant du dixième pour assurer la neuvième place et les deux points. Sauber et Caterham n’ayant pas réussi a inscrire de points sur toute la saison 2014, Marussia sécurise la neuvième place au classement constructeur. Ce classement vaudra 42 millions d’euros de la part de la Formula One Management. Quand on connait les difficultés financière de l’écurie Manor (ex-Marussia) qui a connu un dépôt de bilan en janvier 2015, on peut dire que Manor, bâtie sur les bases de Marussia ne doit sa survie et sa présence dans ce championnat 2015 qu’au deux points miraculeux de Jules Bianchi.

Plus tard dans la saison 2014, aux Grands Prix de Grande-Bretagne et de Hongrie et de Belgique, il sera parvenu à se hisser en Q2 lors des séances de qualifications. Ce sont des résultats qui devaient être hors de portée d’une Marussia. Et Jules Bianchi les a réussi.

Une personnalité hors norme

Une fois le casque ôté, les habits de combattants rangés, Jules Bianchi redevenait un jeune homme de 25 ans. Ce qui a marqué, c’est sa gentillesse. Il était humble. Jules est un jeune qui a su faire de la discrétion son point fort. Il était presque timide mais savait faire preuve d’un sens de l’humour aiguisé. Il était toujours souriant, disponible. Ce caractère qui peut trancher avec certains pilotes orgueilleux, ultra expressif lui a garanti une très grande sympathie dans le paddock. Il a su réunir une belle communauté de fan de part le monde. C’est la grande force de ce pilote ; c’est ce tempérament. il était calme est posé à l’extérieur et savait faire preuve d’une grande rigueur dans son pilotage. Il était rapide, déterminé.

Une famille très impliquée dans le sport automobile

La famille Bianchi est très présente dans ce sport. Avant Jules, d’autres Bianchi se sont illustrés. Lucien Bianchi a été le premier à marquer son nom dans l’histoire de la course automobile. Il a participé 13 fois aux 24 Heures du Mans entre 1956 et 1968. Cette épreuve mythique, il l’a remporté en 1968 au volant d’une Ford. Mais la tragédie a déjà frappé la famille Bianchi. Lucien, qui était le Grand Oncle de Jules est décédé dans un accident durant la course des 24 Heures l’année suivante en 1969. Il avait lui couru dix-sept Grand Prix de Formule 1. Mais alors que Lucien triomphait, un premier drame a affecté la famille Bianchi. Cette année là, en 1968, Mauro, le frère cadet de Lucien était le premier victime d’un accident. Le drame a eu lieu durant la même course des 24 Heures du Mans. Gravement blessé, Mauro a survécu. Deux drames en deux ans pour une seule famille sur une course automobile ont convaincu Philippe, père de Jules, fils de Mauro de ne pas courir. Il s’est occupé dans le karting. Il a construit la piste ou Jules a fait ses début. Les deux points sont inscrit sur le circuit de Monaco ou Lucien a décroché son seul podium en Formule 1.

Le 5 octobre 2014, Grand Prix du Japon sur le circuit de Suzuka. Les conditions sont dantesques. Jules Bianchi percute une grue venue dégager une autre voiture sortie de la piste. Le choc a lieu à 170 kilomètres heures. Le pilote perd connaissance, est transporté en urgence à l’hôpital Mie General près du circuit. Bien que rapatrié au CHU de Nice, le pilote français reste dans le coma. Son combat dure neuf mois.

Jules Bianchi est le premier pilote en activité a mourir des blessures survenues après un accident lors d’une course automobile depuis le tragique 1er mai 1994 et l’accident de Ayrton Senna à Imola. Ce même week-end, Roland Ratzenberger, un pilote Autrichien décédait dans un accident lors des essais du Grand Prix de Saint-Marin.

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