2015 est la 25e édition du grand-prix d’Espagne à Barcelone. On a appris pendant le weekend que le contrat du circuit de la province de Montmélo a été prolongé jusqu’à 2019. C’est une nouvelle importante parce que ces derniers temps, les date européennes sont de plus en plus menacées. La prochaine victime désignée de Bernie Ecclestone n’est autre que le temple de la vitesse : Monza.

Au delà des tracasseries politiques, l’activité en piste a repris. Cette date, la première en Europe marque un point décisif dans la course aux armements du développement. En effet, l’Espagne rapproche les écuries de leurs bases britanniques. Il est plus facile et moins couteux de produire et acheminer de nouvelles pièces. Celles-ci adaptent la voiture aux caractéristiques du circuit. La vitesse obtenue conjuguée aux appuis rendent un package plus efficace pour gérer les virages rapides et la grande ligne droite du circuit. La dégradation des pneus est mieux maîtrisée. Par opposition, il est tentant de produire beaucoup de pièces pour beaucoup trop de zones de la voiture a améliorer. Dans ce cas, les risques de se perdre se multiplient et la voiture devient imprévisible et trop complexe a faire évoluer dans le sens voulu. La capacité a bien gérer son programme de développement malgré la pression imposée par les autres équipes est l’élément essentiel pour la lutte pour le championnat.

Rosberg incisif

Ce weekend, nous avons retrouvé le Nico Rosberg de 2014. Rosberg a été maître de sa course. Cela a commencé vendredi. Il est arrivé en tête de la première séance d’essais libres. La montée en puissance a été progressive. C’est le samedi que Rosberg a été très fort. Il s’est imposé dans les essais libres 3. Il a pu prendre ses repère pour signer la pole dans l’après-midi. Il a fallu être fort. Ce circuit est piégeur, les gommes à mauvaise température peuvent vous faire rater un virage et faire s’envoler 2 à 3 dixièmes capitaux. L’allemand signe un temps en 1:24:681, soit près de 3/10e de seconde de mieux que Hamilton en 1:24:948. Rosberg gagne a un moment important. Dominé par Hamilton sur les quatre premières manches, l’allemand s’est prouvé qu’il peut être très fort.

Quand on vous dit que la saison est lancée! Rosberg ne comptabilise plus que 20 points de retard au classement sur son coéquipier.

Hamilton détaché

Le britannique a été beaucoup plus en difficulté. Il n’a jamais semblé à l’aise dans sa voiture. Malgré qu’il ait essayé différentes configurations de réglages, Hamilton a toujours accusé un retard sur Rosberg : c’est une première cette année. Les écarts n’ont tout de même pas été très flagrants. +0,070s en essais libres 1, +0,2s en essais libres 3. Hamilton a plus cherché a attaquer , preuve que quelque chose n’a pas fonctionné comme prévu. En course, la meilleure occasion d’aller chercher Rosberg a eu lieu au départ. Cependant, le britannique a pris un mauvais départ, il a été dépassé par Vettel, sa chance est passée. Des stratégies différentes entre les pilotes Mercedes vont cantonner Hamilton à la lutte contre Vettel. Il parvient a arracher la seconde place à la Ferrari. Maigre consolation pour celui qui était habitué a contrôler les courses à sa guise.

Toute ces petites erreurs, ces mauvais réglages ont dérangé le champion du monde en titre. Il termine la course second, relégué à +17,5 secondes. C’est assez conséquent.

Les Ferrari : candidats crédibles à la victoire ?

Les Ferrari ont encore été les meilleurs des autres. La forme affichée par l’équipe italienne reste incontestablement meilleur que ce qu’elle a montré l’année dernière. Avec la troisième place de Vettel, c’est ni plus ni moins que cinq podiums en cinq courses pour Ferrari. L’année dernière, ils avaient péniblement réussi deux podiums en dix-neuf courses. Vettel s’est qualifié 3e à +0,8s ; à titre de comparaison, en 2014, Kimi Raikkonen s’était qualifié, lui, 6e à +1,9s. En course, Vettel est arrivé 3e mais à 45,3s du vainqueur.

Il faut avoir à l’esprit que les conditions de la course en Espagne reflètent assez bien les conditions sur les autres circuits. Dans cette optique, la Scuderia peut-elle gagner?

Raikkonen est resté bloqué en fin de course par la Williams de Valtteri Bottas. Vettel n’a jamais été en mesure de se battre pour la victoire. Grâce à une brillante stratégie à trois arrêts au stand, Hamilton qui était 3e a repris la deuxième place et a vite distancé Vettel en une vingtaine de tours qui arrive à +27,8s du britannique. Ce grand prix signe incontestablement le retour à la réalité pour les troupes de Maurizio Arrivabene qui étaient parvenue a s’imposer en Malaisie. Mercedes est en avance. En plus de cela, ils parviennent encore à élever leur niveau de jeu. Les évolutions amenées par Ferrari n’ont pas toutes portées les résultats escomptés. Les débriefings vont être très long à Maranello.

Un rookie qui brille

Grand prix d’Espagne oblige, on ne peut pas ne pas parler de Fernando Alonso… On plaisante. Par contre, il y a bien un espagnol à surveiller ; c’est Carlos Sainz Jr, 20 ans. Le rookie est le fils de Carlos Sainz, double champion du monde des rallyes (1990, 1992). Il a un talent évident, il est formé par le programme Red Bull pour jeunes pilotes. Daniel Ricciardo avait suivi la même trajectoire. Le jeune ibère est arrivé en même temps que Max Verstappen chez Toro Rosso. Vu son âge, 17 ans, le petit néerlandais a attiré toute la lumière sur lui, médias, pression de Helmut Marko, responsable de la filière jeunes pilotes (qui a propulsé Sebastian Vettel). Carlos Sainz a remporté le championnat du monde de formule Renault 3.5 en 2014 contre Pierre Gasly, jeune prodige Red Bull lui aussi. Contrairement à Max, Carlos est plus tranquille, il peut apprendre plus aisément. Et le résultat en qualifications c’est 3 à 2 pour Sainz. L’espagnol s’est illustré trois fois devant son coéquipier supposé être le plus rapide. En course, Sainz Jr fini devant Verstappen trois fois contre une. Néanmoins, Max a été contraint à déjà trois abandon en cinq courses à un seul pour Sainz. Ces chiffres nous montrent que Carlos Sainz est à surveiller. Fernando Alonso qui est très proche de Carlos Sainz l’a adoubé en le déclarant comme le futur du sport auto espagnol.

Au delà de ces faits, Carlos Sainz s’est qualifié 5e à domicile. Cela est mieux que les toute puissantes Red Bull qualifiées seulement 8e et 10e. Carlos Sainz a terminé 9e dans les points au prix d’une belle manœuvre sur Daniil Kvyat 10e en toute fin de course, un autre issu de la filière jeune pilote Red Bull.

Du talent on vous dit! Mais attention! Les places dans la filière Red Bull sont des sièges éjectables. En cas de mauvais résultats au cours de la saison, la sanction pourrait tomber et la place sauter.

Nicolas Martinet

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