Le grand prix de Monaco, c’est l’épreuve classique du calendrier. Ce circuit est tout simplement unique. De nos jours, quand on pense à un nouveau tracé, ça donne Shanghai, Austin aux États-Unis. C’est grand, il y a de l’espace, des dégagements asphaltés énorme mais c’est tout. Il n’y a aucune âme, aucune personnalité! Ce sont des circuits standardisés par les règles de sécurités les plus strictes, les plus rigoureuses. À Monaco, rien de tout ça! On est en pleine ville. Le caractère de Monaco fait que ce n’est pas Los Angeles. Ici, pas de boulevards, pas d’avenues immenses. Juste des petites rues, sinueuses, étroites, bosselées. Pas de zone de dégagement ou très peu ; seulement à Sainte-Dévote ou Mirabeau et encore… Même la ligne « droite » des stands n’est pas droite. Si ce circuit avait été construit de nos jours, il n’aurait jamais été homologué et pourtant les grand-prix se déroulent années après années. Monte Carlo est si difficile, si exigeant pour la concentration que y inscrire son nom au palmarès demeure le rêve de tout vrais pilotes de formule 1.

Victoire de Nico Rosberg contre toute attente          

La victoire de Rosberg peut vraiment être qualifiée d’opportune. Le pilote allemand a toujours été un ton en dessous de Lewis Hamilton. Des essais aux qualifications, Rosberg n’a jamais trouvé le bon rythme. Une seconde sépare les deux pilotes Mercedes en EL1[1] ; 1:18:750 contre 1:19:762 pour Rosberg. Seulement en EL3, Rosberg s’est placé devant. Mais cela n’a pas été très utile au pilote allemand : il a pulvérisé deux trains de gommes super-tendres en Q2[2] et Q3 dans des violents blocages de roues dans le virage 1 à Sainte-Dévote. Cela ne traduit pas un sentiment de confort. Rosberg a attaqué comme il a pu, mais sans succès. En Q1, Rosberg s’est rapproché à +0,060s (1:16:528 contre 1:16:588). Cela pouvait laisser présager que Nico avait enfin trouvé les bons réglages, mais sous la pression, l’écart est remonté à +0,4s en Q2 et Q3 ; temps de la pole 1:15:098 pour Hamilton contre 1:15:440 pour Rosberg. En course, tout semblait indiquer qu’Hamilton était parti pour gagner. Il prend le meilleur départ et conserve la première place au premier virage. A partir de là, il a pu contrôler. Nico Rosberg était second et n’a jamais été en mesure de se rapprocher. L’écart ne faisait que s’accroître. Il a atteint jusqu’à +20 secondes avant l’interruption. À Monaco, ou une stratégie à un arrêt est suffisante pour boucler les 260 kilomètres de course, l’arrêt est le moment stratégique. Hamilton a gagné la course au moment ou il est ressorti devant son coéquipier après son arrêt au stand. Cela démontre que Hamilton a su être assez rapide pour ne pas être inquiété. Dans ce grand prix, la sortie de la voiture de sécurité a été l’unique chance de Rosberg, et à ce jeu là, il a été bien aidé par l’écurie contre son gré.  

Lerreur de Mercedes          

Cette erreur si préjudiciable! En quoi consiste-t-elle? Tout se passe au moment de l’interruption de la course au 67e tour. La voiture de sécurité est de sortie après l’accident qui a envoyé Max Verstappen dans le techpro[3]. Pendant l’accident, Hamilton possède environ 21 secondes d’avances sur Rosberg. C’est énorme? Pas tant que ça! Pensant que cela serait suffisant, et pour faire finir le britannique dans les meilleurs conditions, choix est fait de le refaire passer par la voie des stands. Il disposerait de pneus frais pour aller au bout sans problèmes d’économie. L’immobilisation dure à peu près 2,5 secondes, à cela, il faut ajouter les 24 secondes que dure la traversée de la pit-lane. Les 21 secondes de retard de Rosberg fondent, il passe premier. C’était inespéré pour lui qui avouera être conscient de la chance dont il a fait preuve. Vettel qui était resté troisième toute la course se paie le luxe de passer devant Hamilton pour un cheveu. L’irréparable a été commis pour Hamilton qui a perdu la course dans ce choix très controversé. « On est une équipe, on gagne ensemble, on perd ensemble ». Des propos indiquent que Hamilton se plaignait de son train arrière qui glissait un peu trop, sans doute consécutif à du graining (petites billes de gommes formées à la surface du pneu qui font perdre l’adhérence à la piste et provoque une instabilité). Cela a sans doute plaidé en faveur du second arrêt dans la tête des ingénieurs allemands. La maîtrise semblait laisser permettre ce luxe. La faute est collective chez Mercedes mais Toto Wolff, directeur de l’écurie Mercedes en assume la pleine responsabilité.

Les autres faits marquants          

En course, la direction de course ne s’est pas montré dans son meilleur jour. Fernando Alonso a été pénalisé d’un stop and go de 5 secondes suite à un accrochage avec Nico Hulkenberg dans le premier tour. Cependant, cet accrochage est un fait de course. L’espagnol est à la corde, Huldenberg tente une manoeuvre de dépassement qui échoue et touche la McLaren. Alonso était 9e mais il a du abandonner sur casse de la boite de vitesse au 42e tour. Daniel Ricciardo, lui, n’a pas été pénalisé pour un passage en force sur Raikkonen à Mirabeau (même virage pour Alonso/Hulkenberg). Dans le gain de la cinquième place, l’australien s’est infiltré entre le mur et la Ferrari, la poussant complètement vers l’extérieur. Ce sont deux erreurs qui s’ajoutent a des dépassement dangereux dans la voie des stands à Bahrein et en Espagne qui n’ont pas été sanctionnés. Il y a beaucoup trop de règles, elles sont un carcan pour la course quand il y a des beaux dépassements et elles ne sont même pas appliquées lors d’infractions. C’est très grave et rend toute règles sportives incompréhensibles. À croire que l’on peut faire ce que l’on veut. Enfin nous pouvons signaler Roberto Mehri qui a franchi la ligne blanche de la sortie des stands… Mais comme cela a échappé aux caméras de la réalisation, aucun risques de sanctions. L’association McLaren-Honda inscrit ses 4 premiers points en grand prix depuis 1992. Jenson Button se classe huitième. Nous vous parlions de Carlos Sainz Jr dans notre dernier article. Il se classe 10e en étant parti des stands. Il marque un point. C’est un très bon résultat, surtout à Monaco. Max Verstappen pénalisé. Après son accident au 67e tour suite à un choc avec Romain Grosjean, le néerlandais écope de cinq places sur la grille de départ du grand prix du Canada dans quinze jours. Il perd aussi 2 points sur sa super-licence. Cinquième abandon en six courses pour Pastor Maldonado. Tout ces points manqués, ce sont des points qui seront très difficile a aller chercher pour Lotus d’ici la fin de saison. L’équipe d’Enstone n’est plus ce qu’elle était en 2013.

Nicolas Martinet

[1] Essais libres 1

[2] 2eme session des qualifications. [3] Protections murales en mousse

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