Le coach du Roannais Basket Féminin Olivier Hirsch nous livre son analyse sur les Finales NBA qui ont vu le sacre historique des Cavaliers de Cleveland. Cet amoureux du basket et du beau jeu a apprécié cette série exceptionnelle de 7 matchs. Récit.

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Les Cavs entrent dans la légende

Les all stars étaient bien au rendez de cette finale NBA 2016/17 qui opposait les mêmes équipes que la saison dernière, gagnée par les Warriors 4 à 2, mais cette année les Cavs ont pris une belle revanche au terme d’une série géniale en 7 matchs.

Si les Warriors ont touché de près un 2e sacre suite à une saison de tous les records et le titre de mvp délivré pour la 2e fois de suite à Steph Curry, c’est bien les Cavs de Cleveland qui remportent la finale NBA 2016/17, après avoir été menés 3-1. Première fois en finale NBA qu’une équipe réalise cet exploit.

Match 1 et 2 aux Warriors

Pourtant Les coéquipiers du mvp de cette finale Lebron James NBA ne sont pas passés pas loin de la correctionnelle. Effectivement, après les 2 premiers matchs de la finale à Oakland , les Warriors mènent 2 à 0 face à des Cavs peu inspirés, hyper-dépendants de Lebron James qui a une fâcheuse tendance à monopoliser la balle et à vouloir être le joueur décisif sur la quasi-totalité des possessions de son équipe. Seul contre tous et un Kyrie Irving transparent, les joueurs de l’est rejoignent L’Ohio avec 2 belles raclés à digérer 104-89 lors du match 1 et 110 à 77 au match 2.

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Match 3 et 4 aux Cavs

A ce moment là, la grande question que tout le monde se pose est : les Cavs seront-ils capables d’aborder les futures rencontres avec une autre approche du jeu faisant plus de place à un partage de la balle qui avait été leur marque de fabrique durant toute la saison régulière ? Même si à l’est le niveau des équipes de la NBA est considéré plus faible qu’à l’Ouest, la franchise de Cleveland est une exception et doit prouver sa véritable valeur. Ainsi avec un tout autre état d’esprit, les Cavs arrachent cette 3e manche et de fort belle manière. Un peu trop sûrs d’eux, les hommes de Steve Kerr, l’entraineur des Warriors, prennent la leçon 120 à 90 face à des loups affamés de victoires et avides de reconnaissance. Sur ce match, visiblement suffisants ou fatigués par la succession des matchs à forte intensité, comme la série précédente contre les Thunders, qui s’est jouée en 7 matchs, Curry et Thompson à leur tour se retrouvent dans l’obligation de réagir en champions qu’ils sont, en montrant un autre état visage pour remporter le match 4, programmé à Cleveland. En grande équipe, les Warriors prennent petit à petit prendre les commandes de la confrontation en deuxième période, pour ne plus les lâcher, grâce à une adresse fantastique à 3 points d’un Curry retrouvé 7/13 à 3 pts et 38 points au final, malgré un début de match maitrisé par Lebron James et ses partenaires. Après cette victoire 108 à 97 des californiens à Cleveland, la série doit repartir à l’ouest pour peut-être titrer à nouveau la franchise de la baie de San Francisco en 5 manches. Les Warriors vont-ils finir le travail ou les cavs sauront-ils se remobiliser afin de montrer le basket déjà joué au match 3 et se redonner une chance de revenir à Cleveland jouer un match 6?

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Match 5 aux Warriors

Avant ce match 5, les clignotants pour les californiens sont quasiment tous au vert. Presque, car Green, joueur poste 4 incontournable dans le jeu des Warriors est suspendu suite à une énième faute technique pour ce match décisif. La situation est des plus claires, soit les Warriors gagnent et un 2e titre de NBA de suite sera fêté à la fin du match par Curry et ses coéquipiers, soit les Cavs gagnent et la série repart à l’est pour un game 6. Ce 11 juin 2016, nous allons assister à un bras de fer extraordinaire entre deux équipes portées par leurs stars ou francise players. Si la première mi-temps est équilibrée avec un 1er qt gagné par les Warriors 32-29, ce sont les Cavs qui font de même pour égaliser à la mi-temps en remportant le 2e qt également 32-29. Orphelins de leurs coéquipier Grenn, grande gueule mais indispensable à la qualité de leur jeu, Curry (25 pts) et Thompson (37 pts) n’arrivent pas à rivaliser avec les phénomènes de ce match 5, Lebron et Irving qui tout deux scorent 41 pts. Les Warriors qui ont du également faire face à la grave blessure au genou de leur partenaire australien Bogut, poste 5 si important dans cette équipe, lâchent en deuxième mi-temps et les Cavs s’impose avec autorité 112 à 97. Les Golden State Warriors ont laissé passer leur chance de boucler la saison sur un nouveau titre à domicile en 4 matchs à cause des deux stars de Cleveland qui eux avaient tant envie d’arracher le match 5 et de s’offrir un nouveau sursit. Les deux équipes doivent repartir à l’est pour une 6e confrontation. Ainsi va la vie en NBA quand les séries aussi indécises, durent.

Match 6 aux Cavs

Regonflés par leur victoire chez les Warriors, les Cavs n’ont pas envie de laisser passer leur chance d’égaliser à 3 partout dans une finale qui se jouerait alors en 7 matchs. A contrario la défaite des californiens à domicile risque de laisser des traces, tellement on sent les Cavs reprendre du poil de la bête. Mais tout est tellement possible avec ces Warriors. Comme lors du match 3, les Warriors vont très mal débuter la rencontre et à la fin du 1er qt, la messe semble déjà dite. 20 points séparent les 2 équipes au bout de seulement 12 minutes de jeu. Forts de leur basket Lebron James une nouvelle fois auteur de 41 pts à la fin du match et Irving de 25 pts, ne laissent à aucun moment la possibilité à leurs adversaires d’espérer la victoire malgré quelques rapprochés de Curry, Thompson 37pts et Green de retour de suspension. Les Cavs reviennent de l’enfer en gagnant 115-101 et vont aller peut-être décrocher un titre majeur à l’extérieur, tant convoité par les habitants de Cleveland habitués à voir les sports majeurs de leur cité, souvent jouer des finales sans jamais en gagner une seule. D’ailleurs il se dit que Cleveland est maudit en sport.

Match 7 aux Warriors

Le match 7 des finales de la NBA est une légende du basketball aux USA. Une finale en 7 matchs ne se produit pas systématiquement, mais quand c’est le cas le dernier et 7e match de la finale rend le sport américain complètement fou. De plus en cette fin de saison NBA, les 2 plus belles équipes comptant dans leurs rangs les 2 plus grandes stars actuelles de la NBA allaient jouer le titre sur 48 minutes ou plus si prolongation, après un marathon de plus de 105 matchs en une saison pour chaque équipe. Pour finir de planter le décor, jamais une équipe ayant été mené 3-1 en finale avait réussi à remporter le titre. Mais comme le soulignait Lebron James lors d’une interview à la fin du match 6, les séries ou records sont faits pour être battus. Le moins qu’on puisse dire est que ce match a tenu toutes ses promesses. Jusqu’aux derniers instants du match, on ne savait pas de quel coté allait tomber la victoire. Chez les Warriors Green a joué à un niveau exceptionnel, proche du triple double avec 32 pts à 6/8 à 3pts 15 rebonds et 9 passes décisives, mais en s’essoufflant tout de même dans le 4e qt. Curry n’a pas joué au niveau attendu, mais la défense des Cavs l’a sevré de ballon, tout comme Thompson pas au rendez vous en ce jour de gloire. En face les Cavs qui ont construit ce match sur une défense intransigeante, sans concession sur Curry et Thompson les 2 extraordinaires shooteurs à 3 pts de cette NBA, ont su attendre leur moment dans un match fait de séries. Si les Warriors virèrent en tête à la mi-temps 49-42, les Cavs ont pu compter sur un Lebron James à nouveau énorme en affichant en fin de match un triple double, 27 pts 11 rebonds 11 passes décisives, bien épaulé par un Irving également flamboyant, 26 pts et des paniers marqués à des moment cruciaux notamment un 3 pts décisif dans la dernière minute du match. Les dernières actions des Warriors afin de tenter de changer le cours de cette fin de rencontre n’amenant finalement rien de positif à cause d’une défense énorme des Cavs qui repoussent toutes les tentatives adversaires à l’image du contre énorme de Lebron James sur un lay up en contre attaque d’Iguodala. Les Cavs remportent cette superbe finale NBA sur le parquet des Warriors 93-89, véritable et historique exploit sportif.

Globalement le jeu pratiqué par les 2 finalistes se ressemblait énormément. Effectivement les 2 équipes sont des adeptes du « small ball », nouvelle tendance du jeu en NBA, consistant à aligner sur le parquet un « cinq » de petite de taille afin de développer un jeu basé sur l’agressivité avec ou sans ballon et la lecture avec une occupation des espaces où généralement les 5 joueurs se positionnent plus ou moins au large. La différence notable entre les 2 équipes se situe surtout sur le profil des joueurs dominants. Les Cavs ont été porté par un immense Lebron james monstrueux athlète aux de doigts de dentelière, qui certes a un peu usé du 1 contre 1, mais qui a su se fondre aussi dans un jeu basé sur le partage du ballon, permettant ainsi à son équipe d’être plus performante,. Mais le fond de jeu des Cavs a été inlassablement l’attaque du cercle pour aller chercher un maximum de points près du panier, grâce également à l’activité de la seconde star de l’Ohio, Kyrie Irving meneur de jeu all star. L’autre adversaire, l’équipe des Warriors a un jeu plus basé sur une prise de risque constante du tir longue distance et surtout du tir à 3pts. Seulement lors de cette finale, les Cavs ont magistralement ciblé le danger adverse. Ainsi même si des cartons ont pu être réalisés sur certains matchs par les 2 artificiers de service des Warriors Curry et Thompson, la défense des Cavs a su contenir l’un ou l’autre et ainsi remporter le titre NBA. Disons que cette année le jeu basé sur la puissance physique a pris le dessus sur le jeu basé sur le tir extérieur.

La NBA et son format de compétition qui ne change quasiment jamais, construit des légendes faites de ce genre de moments exceptionnels. Si le basket produit par les équipes de la NBA mettant en avant les franchise-players, ne plait pas toujours aux spectateurs européens, il n’empêche que le basket pratiqué outre-Atlantique est incroyablement spectaculaire, intense et joué par des joueurs fabuleux.

O.H.

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