Renault va bientôt terminer sa première année en tant qu’équipe d’usine après son rachat de l’écurie Lotus. Si les progrès commencent à se voir en piste, Bob Bell, le directeur technique exécutif l’assure, le chemin vers le succès est encore long.

La première étape pour Renault a consisté en une restructuration des effectifs. L’écurie Lotus alors en faillite a vu beaucoup de personnel partir. Il a fallu d’abord recruter les ingénieurs et mécaniciens nécessaires. Cela a pris du temps et ce n’est pas encore terminé.

C’est à partir de ce moment là que l’écurie a pu commencer a travailler sur sa voiture. De ce point de vue, le travail a été colossal : “Je ne pense pas que les gens de l’extérieur réalisent ce qu’est devenue l’équipe d’Enstone ces deux dernières années, donc il y a beaucoup à faire”. Il ne faut pas oublier l’usine en elle même, avec beaucoup d’équipements à remettre à niveau, soufflerie, simulateur, matériel de cuisson du carbone.

Les délais ont été très resserrés et c’est pour cela que la RS16 actuelle repose largement sur les bases de la monoplace de l’année dernière. Désormais, la progression est visible. Renault atteint régulièrement la Q2 des qualifications et les premiers points tombent plus souvent. Derniers exemples en date, les 10ème places de Kevin Magnussen à Singapour et Jolyon Palmer en Malaisie. “Évidemment, d’un point de vue institutionnel, nous ne sommes pas satisfaits de rouler autour de la dixième place et de marquer un seul point. Mais en fait, ce point signifiait beaucoup pour nous. C’est une grande source de motivation et ça a vraiment amélioré le moral de l’équipe, donc c’était un accomplissement important.”

Si Bob Bell et tout le staff se veut optimiste, il doit se résoudre a être réaliste. Ainsi, les objectifs concernant la réussite du projet ne devraient pas se concrétiser avant au moins 5 ans. Il s’agit d’un travail de longue haleine. Mais pour ne pas se démoraliser, les hommes de Renault ont en tête, que 5 à 6 ans, c’est le délais normal en Formule 1 et qu’il a fallu un délais similaire à Red Bull et Mercedes pour parvenir au sommet de la discipline.

La progression devra être constante mais assurée. Les objectifs seront atteints par paliers. “L’année prochaine, le pas en avant évident pour nous est de grimper en milieu de peloton et d’y être compétitif. En 2018 nous viserons les podiums et ainsi de suite, puis, d’ici cinq ans, l’objectif sera de mener une campagne victorieuse pour le titre mondial. Il n’y a pas de science infuse là-dedans. Si l’on regarde l’histoire, si l’on regarde comment c’était quand Red Bull a acheté Jaguar, quand Renault a précédemment racheté Benetton, ou quand Mercedes a racheté Brawn, ça leur a pris cinq ans à chaque fois pour gagner un championnat. C’est une sorte d’échelle chronologique, un plan de route que nous avons mis en place. Je crois que c’est réaliste, et ça correspond aux attentes de la marque.”