Le dossier Froome n’a pas encore livré ses dernières pages, alors que le Britannique a annoncé sa reprise sur la Ruta del Sol. Forcément, ce choix fait du bruit, car le leader de la Sky est toujours concerné par une procédure suite à son contrôle anormal.

L’information était tombée le 13 décembre. Au petit matin, Christopher Froome est à l’origine d’un contrôle anormal au salbutamol, substance non pas interdite, mais dont la prise est réglementée. Les résultats ont détecté une dose trop importante du produit en question dans les urines du Britannique. Deux mois plus tard, le dossier piétine.

Alors que le leader de la Sky avait plaidé des insuffisances rénales et hépatiques, à l’origine du trouble, le Corriere della Sera a évoqué une autre version. Selon le journal italien, le Britannique serait prêt à plaider la négligence, afin d’obtenir une sanction plus clémente. Le principal intéressé dément sur Twitter. Aujourd’hui, le dossier n’est pas plus avancé.

Reprise controversée

On évoque un an de suspension, ou encore 6 mois avec effet rétroactif, le privant de sa Vuelta et sa médaille des Mondiaux, mais l’autorisant à participer au doublé Giro-Tour. Face à toutes ces rumeurs, toujours rien. L’UCI est muette. L’avancée du dossier piétine. Et on approche la date de retour à la compétition de Froome.

Alors celui-ci tranche. Le Britannique participera à la Ruta del Sol, alors qu’il est l’objet d’une procédure. Sky a donc choisi de ne pas perturber la préparation de son leader. Et en effet, bien que Froome soit concerné par une enquête, rien ne l’empêche de participer à une quelconque course. Pour que ce soit le cas, il aurait fallu qu’il soit suspendu, même à titre provisoire. Chose qui n’a été faite, ni par l’UCI, ni par l’équipe britannique, ni par le coureur lui-même.

Nous sommes à une semaine du coup d’envoi de l’épreuve. Et une seule question demeure. Que fait l’UCI ? Qu’attend le patron du cyclisme pour trancher ? Pour prendre une décision ? En attendant, les doutes et les suspicions émergent dans toutes les presses, par le biais d’observateurs, journalistes, et même coureurs eux-mêmes.

Et la morale ?

Chris Froome est autorisé à participer à la Ruta del Sol, d’accord. Mais quelle place doit occuper la morale dans cette histoire ? Celle-ci devrait-elle pousser le « Kényan blanc » à repousser sa date de reprise, du moins en attendant une décision officielle sur son cas. C’est peut-être la question la plus importante, du moins celle à laquelle n’importe qui peut répondre.

Car, concernant le contrôle anormal, personne n’est habilité à prendre possession du dossier. Alors, en attendant que l’UCI rende sa décision, la seule chose que nous sommes capables de demander, c’est de faire parler la morale. Se faire tout petit et attendre… attendre, mais jusqu’à quand ? L’UCI doit absolument prendre une décision. Vite. Très vite.

En attendant, c’est encore le cyclisme qui paye les pots cassés de toutes ces histoires. Que se passe-t-il en coulisses ? Que fait l’UCI ? L’encre coule chaque jour autour de Froome et de la Sky. Il serait temps de mettre fin, définitivement, à cette omerta. Une omerta qui a déjà coûté beaucoup trop cher au cyclisme par le passé…