Si vous êtes un lecteur assidu de Parlons Sports, vous commencez peut-être à en avoir l’habitude. Comme à chaque nouvelle saison de Formule 1, les écuries prennent part à deux séries de quatre jours d’essais hivernaux. L’objectif est d’emmagasiner des informations sur le fonctionnement des nouvelles voitures conçues par les écuries. N’hésitez pas à ce titre à vous référer à notre galerie d’images. 

Ces essais sont constitués de huit jours sur l’année. En perdre une est forcément problématique. Mais cette année, c’est pratiquement toute la première semaine qui a été compromise par la mauvaise météo. La neige s’est même invitée mercredi, conséquence du fameux “Moscou-Paris” qui a agité le temps en France. Dans ces conditions, avec une piste dont la température a chuté à 2,2 degrés, le roulage s’est avéré presque inutile. On peut reprocher l’attitude des écuries qui n’ont pas réussi à se mettre d’accord pour reporter la journée de mercredi, préférant gâcher de l’argent en ne roulant pas alors que la piste de Barcelone était privatisée pour deux semaines.

Si la journée de mercredi est à oublier, les autres jours, même pluvieux ont permis aux essais de se dérouler à peu près normalement. Voici donc un tour de ce qui a retenu notre attention positivement et négativement.

Jeudi 1er mars a été la journée la plus prolifique. Les pilotes ont enchainé plus de 1000 tours. La première chose a savoir concernant ces essais, c’est que les chronos enregistrés ne sont pas très représentatifs et doivent être considérés avec du recul. Ils ne préfigurent pas encore de la hiérarchie du plateau.

Le meilleur temps de cette semaine a été réalisé par Lewis Hamilton en 1:19:333 en pneus médium. Notons tout de même que sur une piste sensiblement plus chaude en mai 2017, lors des qualifications du Grand Prix d’Espagne sur ce même circuit, Lewis Hamilton signait la pole position en 1:19:149 avec les gommes super tendre, sensiblement plus rapides que les médium. Carlos Sainz, transfuge de Toro Rosso vers Renault en cours de saison dernière s’est dit effrayé par la performance de Lewis Hamilton. Si cela se vérifie, Mercedes pourrait encore détenir une très belle avance sur la concurrence.

Toro Rosso toujours. L’écurie italienne était très scrutée cette semaine. Elle vient d’hériter des moteurs Honda après la rupture douloureuse entre les japonais et McLaren, lassée du manque de fiabilité et de performance des moteurs japonais. Toro Rosso s’est illustrée en réalisant le plus grand nombre de tours avec un total de 324 boucles, soit 1508,22 kilomètres. Pierre Gasly, a lui, battu un record (126) de Honda du nombre de tours de 2016 avec 147 tours jeudi. Pendant trois ans avec McLaren, Honda a eu toutes les peines à réaliser des essais normaux. Est-ce que les conditions fraiches de cette semaine ont permis ce nombre de tours ? Honda était-elle dans un mode conservateur et protecteur de son unité de puissance ? Cette deuxième semaine qui s’ouvre mardi devrait nous en dire plus. Cela ne peut pas nous laisser indifférent.

Par voie de conséquence McLaren était particulièrement surveillée. L’écurie anglaise s’associe pour la première fois en 52 ans d’existence avec les Français de Renault. Le bilan est d’un total de 260 tours et 1210,30 kilomètres parcourus. Alonso s’est dit ravi parce qu’il sentait qu’il avait enfin un vrai moteur dans le dos. Deux petites frayeur pour McLaren cependant. L’écurie a perdu du temps lundi avec un écrou de roue cassé lundi qui a envoyé Alonso dans le bac à gravier et un boulon à 2€ défectueux au niveau de l’échappement mardi qui a brulé une partie de l’arrière de la voiture. Si la fiabilité du bloc Renault n’est pas en cause directement, ces erreurs de jeunesse sont toujours frustrantes car les jours d’essais sont comptés.

Red Bull, la référence pour McLaren avec le moteur Renault a connu un roulage plus limité. L’écurie autrichienne a tourné 209 fois seulement, ralentie par des problèmes hydrauliques. La fiabilité sera à surveiller chez Renault.

Ferrari a connu une semaine normale. Aucuns problèmes particuliers. 298 tours et 1387,19 tours dans la poche. Un meilleur temps de Vettel en 1:19:673 en pneus tendre.

La suite des essais hivernaux se déroulera du 6 au 9 mars prochain. Les équipes mettront l’accent sur les longs relais et les distances de courses. De plus, la météo devrait être meilleure. Cette semaine offrira une meilleure lecture des forces en présence en vue du Grand Prix d’Australie le 25 mars prochain.