La flamme s’est éteinte à Pyeongchang, en attendant que les Jeux Paralympiques ne prennent le relais. Alors, une dernière fois, revenons sur les 15 médailles remportées par la France, record égalé de Sotchi.

Perrine Laffont, ça bosse dur (ski de bosses)
C’était la première. La jeune Française de 19 ans ouvre le compteur français en Corée. Elle avait déjà disputé une Olympiade, il y a quatre ans à Sotchi. Elle était alors âgée de 15 ans. Passée à côté du rendez-vous, elle est repartie de Russie inconsolable, malgré son énorme potentiel dans les bosses. Quatre ans plus tard, tout est oublié. Perrine Laffont domine la finale à 6 pour s’adjuger le titre olympique. De nouvelles larmes, mais de joie cette fois-ci.

Anaïs Bescond, à la poursuite du bonheur (biathlon)
On attendait Martin Fourcade, son homologue masculin. Pourtant, c’est Anaïs Bescond qui rapporte la première médaille au biathlon français. Avec une 19eme place au sprint, ses espoirs étaient maigres sur la poursuite. Pourtant, décomplexée, elle réalise une course quasi-parfaite et réalise la remontée fantastique. Elle aussi frustrée d’un rien en Russie, réalise enfin son rêve de médaille olympique, en remportant le bronze.

Martin Fourcade, au sommet de l’Olympe (biathlon)
C’est l’homme fort de ces JO côté français. Avec 3 médailles d’or, le Pyrénéen est devenu le Français le plus titré de l’histoire des Jeux. Il totalise 5 titres olympiques avec Sotchi, le plaçant seul au panthéon du sport olympique français. Après un sprint complètement manqué, il a relevé la tête sur la poursuite. Sur l’individuel, il tenait la victoire avant de s’effondrer sur ses deux dernières balles. Affront lavé sur la mass-start ensuite. Le relais mixte l’a sacré une dernière fois (voir plus bas). Sans aucun doute, le porte-drapeau tricolore a marqué la Corée de son empreinte.

Alexis Pinturault, un combiné de médailles pour devenir géant (ski alpin)
On salivait de le voir croiser le fer avec Marcel Hirscher. Sur le combiné, le skieur de Courchevel fait les efforts sur le slalom après une descente intéressante. Mais l’Autrichien est intouchable. Il refait son retard avant de sécuriser son titre olympique. Alexis Pinturault se contentera de l’argent, avec le sourire. Deuxième confrontation sur le géant. Mais là encore, il y a les deux monstres de la saison devant le Français : Marcel Hirscher et Henrik Kristoffersen. Encore une médaille pour Pinturault cependant, avec le bronze.

Victor Muffat-Jeandet, la mauvaise descente (ski alpin)
Il a accompagné son compatriote sur le podium lors du combiné. Auteur d’une descente assez catastrophique (29eme temps), Victor Muffat-Jeandet affole les compteurs sur le slalom. Sur cette épreuve, il termine dans les mêmes temps que Marcel Hirscher, pour remonter jusqu’à la 3eme place. Cette médaille de bronze vient récompenser sa progression et le travail qu’il fournit. Finalement, seul l’Autrichien est au-dessus des Français.

Pierre Vaultier, ça sent la Russie (snowboard cross)
Favori de l’épreuve et champion olympique en titre, Pierre Vaultier avait la pression en Corée. Pourtant, ça ne l’a pas effrayé. Alors qu’il chute en demie, se créant une grande frayeur, il parvient à se relever rapidement pour obtenir son billet pour la finale. Le reste n’est que formalité. La médaille d’or lui tend les bras, et le snowboardeur français fait partie du cercle fermé des athlètes capables de conserver leur titre olympique.

Julia Pereira de Sousa, l’argent fait le bonheur (snowboard cross)
On attendait Chloé Trespeuch, Charlotte Bankes ou Nelly Moenne Loccoz, c’est la jeune Julia Pereira de Sousa qui a déjoué les pronostics pour se glisser sur le podium. Michela Moioli, l’Italienne, est intouchable pour la gagne. Mais la jeune Française la suit. A l’arrivée, la médaille d’argent lui colle un sourire jusqu’aux oreilles. A seulement 16 ans, elle a un avenir tout tracé pour devenir une grande championne de sa discipline.

Relais hommes, ainsi fond, fond, fond (ski de fond)
Maurice Manificat, Jean-Marc Gaillard, Clément Parisse et Adrien Backscheider. Depuis de longs mois, ils annoncent leurs ambitions sur le relais. Proche des meilleurs, mais pas dans les favoris en individuel, ils ont leur carte à jouer en collectif. Maurice Manificat, très ému après son podium manqué du 15km, peut savourer une médaille de bronze. Devant, les Norvégiens et les Russes sont imbattables. Mais les Français résistent bien aux Finlandais pour monter sur le podium. Objectif atteint.

Marie Martinod, plus fraîche que la neige (ski halfpipe)
C’est un peu la mascotte de l’équipe de France olympique. Cette maman, sortie de sa retraite il y a deux ans, est tout aussi à l’aise au micro des journalistes que sur les skis à plusieurs mètres de hauteur. Un grand sourire, un vent de fraîcheur, une mentalité exceptionnelle et beaucoup d’humour. Mais sur les skis, ça déménage. Seulement battue par la star de la discipline, Cassie Sharpe, Marie Martinod remporte l’argent avec un gros run, sous les yeux de sa fille, Mélirose.

Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, une fois n’est pas costume (patinage artistique)
Favoris de la compétition, au même titre que les Canadiens Tessa Virtue et Scott Moir, le duo français partait à la conquête d’un sacre olympique après avoir déjà tout gagné. Malheureusement, il aura fallu un coup du sort pour gêner les Français. Sur le programme court, la robe de Gabriella Papadakis s’est décousue. Même si elle vivait alors « son pire cauchemar », elle a malgré tout continué. L’écart, bien que mince, était trop important pour être comblé sur le libre. Le binôme français se contentera de l’argent.

Relais mixte, le tir groupé (biathlon)
Marie Dorin, Anaïs Bescond, Simon Desthieux, Martin Fourcade. En collectif et en mixte, le biathlon français a parachevé sa moisson de médailles avec un ultime titre olympique, sur le relais. 10/10 pour Dorin, Desthieux et Fourcade. Seule Bescond aura légèrement tremblé. Mais peu importe, cette équipe de France était trop forte ce jour là. Une victoire d’équipe, même si Martin Fourcade a assuré le dernier relais en éliminant définitivement les derniers concurrents encore dangereux.

Richard Jouve et Maurice Manificat, jouvence magnifique (ski de fond)
Mélange de générations pour le sprint par équipes. La France alignait Richard Jouve, 23 ans, et Maurice Manificat, 31 ans, qui disputait sa dernière course olympique. Récompensé pour sa carrière, le deuxième cité quitte les Jeux sur une ultime médaille de bronze. Encore une fois, les Norvégiens et les Russes sont trop forts. Mais pas grave, les deux Français ont atteint leur objectif. Et cette médaille résonne comme un passage de témoin entre les générations.

Relais femmes, le vent les portera (biathlon)
Anaïs Bescond, Justine Braisaz, Marie Dorin et Anaïs Chevalier. La course a été rendue complètement folle du fait des conditions météo compliquées. Le vent souffle fort, immobilisant même le tir debout des deuxièmes relayeuses, durant de longs instants. Certes, s’incliner derrière la Biélorussie et la Suède peut laisser quelques regrets. Mais le vent ayant éliminé les principales favorites, comme les Allemandes, on peut largement se réjouir de cette médaille de bronze. La dernière des médailles françaises en Corée.

Le compte est bon. 15 médailles françaises : 5 or, 4 argent, 6 bronze. La France bat au passage son nombre de médailles d’or aux Jeux d’Hiver. Bien sûr, nous n’oublions pas non plus les déçus de Pyeongchang. Certains pourront se racheter dans quatre ans, d’autres terminent malheureusement sur une frustration. Mais peu importe, c’est aussi ça la magie des Jeux.

Rendez-vous dans 4 ans, à Pékin, en Chine, pour de nouvelles aventures olympiques hivernales !

Crédit photos : AFP / Ariss Messinis, AFP, Reuters, Eric Gaillard / Reuters, Hong-Ji / Reuters