Parlons Sports vous présente sa nouvelle rubrique dédiée aux dates historiques de l’histoire du Sport. A travers différents événements, nous essayerons de retracer l’histoire du Sport de manière ludique et parfois décalée. Aujourd’hui, on parlera Tennis…


Davis et le Tennis, une coupe passionnelle

 

Il y a 119 ans, l’histoire de la coupe Davis débutait. Alors que celle-ci connait une refonte totale de son système cette année, retour sur la création et l’historique d’une des compétitions sportives les plus vibrantes de l’Histoire.

A la fin des années 1890, le Tennis peine à toucher un large public mais un étudiant américain, Davis Dwight Davis, a une idée pour faire changer les choses : mettre aux prises les Etats-Unis d’Amérique et la Grande Bretagne. Les règles du jeu sont simples, le premier à « cinq » matchs gagnés remporte un magnifique Saladier en Argent, LE fameux saladier en Argent. Dès le départ, la rencontre est composée de 4 simples et un double décisif. Lors de cette première édition, les Etats-Unis ne font qu’une bouchée des Britanniques mais le plus important reste que ce match marquait le début de l’ère internationale du tennis, une coupe du monde tennis était née. Elle deviendra légendaire !

Pourtant, mécontents des conditions de jeu, les Britanniques refusent l’affrontement l’année suivante. En 1902, à New York, les cousins Anglo-saxons se font de nouveau face. Les Etats-Unis gardent le trophée. Pour la troisième édition, le gazon est rasé de près, « à l’anglaise ». Favorisant le jeu des anglais, les « british » remportent pour la toute première fois la compétition.

Le tournoi était à l’origine connu sous le nom de Défi international de tennis sur gazon, mais est rapidement devenu connu sous le nom de Coupe Davis après le trophée Dwight Davis, qui a été conçu par William Durgin et Rowland Rhodes. En 1904, la coupe s’internationalise en accueillant d’autres pays du vieux continent. En 1905, sa renommée lui a permis de s’élargir pour inclure la France, l’Autriche, la Belgique et l’Australasie, une équipe composée de joueurs d’Australie et de Nouvelle-Zélande. 15 ans plus tard seulement, plus de 20 nations participaient régulièrement à la compétition. Les premières années ont été dominées par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Australasie, mais cette période a été terminée en 1927 par la France. Emmenée par les célèbres Quatre Mousquetaires – Jean Borotra, Jacques Brugnon, Henri Cochet et René Lacoste – la France s’est lancée dans une incroyable série de victoires qui a duré six ans.

 

De gauche à droite, Jacques Brugnon, Henri Cochet, René Lacoste et Jean Borotra, les “Quatre Mousquetaires”/ Crédit photo : AFP

 

Les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Australie reprendront le contrôle à partir des années 1930 et ce n’est que dans les années 1970 que les autres nations commenceront à découvrir ce goût de fruit de la passion qu’est une victoire en coupe Davis.

 

 

La France et la coupe Davis, une histoire charnelle

 

 

Durant le siècle dernier, 3 grandes ères ont dessiné la relation de la France avec la Coupe Davis.

Les 27 premiers trophées de la compétition sont tous raflés soit par les Étasuniens, les Britanniques, ou l’Australasie mais à partir de 1925, quatre petits français viennent déjouer les pronostics pour s’immiscer en finale. Trop courts lors des deux premières Finales, Jean Borotra, René Lacoste, Jacques Brugnon et Henri Cochet glaneront 6 Saladiers d’Argent de suite et perdront une dernière finale en 1933 face aux Britanniques. Avec leurs bérets et leurs baguettes (raquettes), ils s’assiéront sur le monde tennistique durant une petite dizaine d’années. Ils deviendront légendaires, bref, ils deviendront « Mousquetaires ».

Comme dans toute histoire d’amour, il y a des hauts et des bas et après une magnifique période, le tennis français peinera à retrouver le chemin de la victoire. Durant plus de 50 ans, les joueurs tricolores ne sont pas en veine et cela se ressent en Coupe Davis… Il faudra attendre 1982 et le Palais des Sports de Grenoble pour voir l’équipe de France revivre les émotions d’une Finale. Face aux ogres de l’oncle Sam et amenés par un John Mc Enroe énorme, l’équipe de France plie sèchement 4-1.

Ce fût l’éclaircie qui annonça le beau temps. En effet, les années 90 vont être, pour le tennis français, une époque phare, où les bleus vont montrer au monde entier que l’union fait indubitablement la force.

En 1991, Yannick Noah est promu capitaine de l’équipe. La plus grande star du tennis français moderne avait pour objectif de mettre un terme à cette période de disette (59 ans), dès sa première saison en tant que sélectionneur, il réalisa plusieurs coups, dont lui seul a le secret pour venir décrocher la septième coupe Davis de la France. D’abord, en sélectionnant Fabrice Santoro, âgé à l’époque de 18 ans et surtout, en lui faisant jouer le match décisif contre l’Australie. Celui qui maniait, comme personne, sa raquette à deux mains va faire vivre à la France l’un de ses plus incroyables moments de sport. Au terme d’un match dantesque au meilleur des 5 manches, les arènes de Nîmes sont en folie, la France retrouve les demies.

Après avoir tranquillement écarté la Yougoslavie, la France affronte les Etats-Unis d’Agassi et de Sampras. Noah décide de titulariser Henri Leconte, juste remis d’une opération au dos et retombé à la 159ème place mondiale, royal durant tout le week-end, Leconte porte l’équipe De France et permet à celle-ci de (ré)atteindre le Graal. Les 10 ans de bonheur dans cette relation donneront deux autres bébés. Le petit deuxième naitra en 1996 à Malmö en Suède, après une épreuve incroyablement dure et longue remportée par Arnaud Boetsch face à Kulti. Cinq ans après, c’est Nicolas Escudé qui sera le grand artisan du neuvième trophée ramené en France. En état de grâce durant tout le week-end, Escudé terrassera la terreur de l’époque, Hewitt, pour permettre à l’équipe de France de prendre un avantage considérable et définitif pour la victoire finale.

 

Yannick Noah se jetant sur Guy Forget après sa victoire contre Pete Sampras offrant à la France sa septième Coupe Davis/ crédit photo : AFP.

 

En 2002, c’est le coup dur. Alors que la France et la Russie sont au coude à coude, Bercy s’apprête à vivre un moment électrique, Paul-Henri Mathieu doit venir à bout de l’excellent Youzhny. Alors que le français mène rapidement 2 manches à rien. Youzhny se réveille, transcendé par la foule contre lui, il renverse le cours de l’histoire en venant chiper le match final. PHM est battu, la France est courbatue.

 

Après une longue période sans résultat significatif, les prétentions tricolores en Coupe Davis deviennent de plus en plus grandes au début des années 2010. Avec l’arrivée d’une nouvelle génération de tennismen talentueux, la France veut croire à une nouvelle dynastie. Leur confiance placée en Jo-Wilfried Tsonga, Gaël Monfils, Gilles Simon et Richard Gasquet, tous régulièrement classés dans le top 20 mondial, avec les « Nouveaux Mousquetaires » les Français peuvent légitimement y croire. Mais voilà que tout ne se déroule pas comme prévu et les bleus butent une première fois sur le grandiose Djokovic et la terrifiante ambiance de la Belgrade Arena.

 

De gauche à droite, Tsonga, Monfils, Simon et Gasquet, en 2016./ Crédit photo : Miguel MEDINA, AFP.

 

En 2014, c’est à domicile que la récompense ultime s’offre aux tricolores. Malheureusement la paire Fededer-Wawrinka calmera très vite les ardeurs nordistes en adjugeant aux Helvètes leur première Coupe Davis. Bien heureusement, les efforts de cette génération « dorée » ont été récompensés en 2017. Au terme d’une campagne rondement menée, les bleus ont tenu leur rang pour récolter une dixième et très belle Coupe Davis face à la Belgique de l’éternel espoir David Goffin.

L’équipe de France soulevant son dixième Saladier en Argent./ Crédit photo : Denis CHARLET, AFP.

 

Enfin, la dernière édition « old school » de cette compétition a été aussi animée par l’équipe de France. Solide au cours des premiers tours, la team de Yannick Noah se hisse en finale face à une robuste équipe croate. Handicapée à la fois par des blessures et de véritables méformes, les tricolores ne font pas le poids et laisse la dernière « vraie » Coupe Davis à la Croatie.