Rassuré par le succès sur Strasbourg, l’entraîneur de l’ASSE sait que « l’équation sera difficile » face à Paris mais il reprendrait volontiers les mots de Mbappe, « Il faut arrêter d’avoir peur »

Jean-Louis Gasset, pensez-vous que le PSG aura encore la tête dans les nuages après Manchester?
J’espère parce qu’ils ont encore le match retour, qu’ils ont peut-être fêté ça et ne seront pas à 100 %. S’ils sont comme à Old Trafford, ils seront difficiles à jouer… On sait les efforts à produire mais j’espère que pour eux, cette période est un tournant dans la saison. Ils sont assurés du titre et leur premier objectif, c’est la qualification en Champion’s League.

Lyon les a battus, vous allez vous en inspirer ?
Chacun a ses forces et ses faiblesses. On n’a pas les mêmes joueurs et on adoptera peut-être une option différente. On sait le match qu’il faut faire. On l’avait pratiquement fait la saison dernière.

Prépare-t-on un tel match comme les autres ?
Au niveau de la motivation, il n’y a pas besoin de grandes séances de vidéo. On peut espérer un jour sans des Parisiens, ca leur arrive, mais en début de saison vous ne marquez pas des points sur votre calendrier à la date du match contre le PSG.

Avez-vous été rassurés par le match face à Strasbourg ?
Sur l’état d’esprit oui, parce qu’il y avait quelques changements. Le milieu de terrain est en train de se reconstruire avec des automatismes à travailler, mais qu’en jouant tous les trois jours, on est toujours dans la récupération. On était vexés de notre dernière prestation à domicile en coupe et la première mi-temps a été encourageante. Après, Strasbourg est revenu et on a reculé en voulant garder les trois points. L’objectif, c’était les quarante.

Vous avez senti les joueurs plus en confiance après cette victoire ?
Oui, tout en ayant souffert. Tout le monde était énervé parce qu’on se dit qu’on aurait pu marquer sur deux ou trois contres et qu’un troisième but nous aurait libérés. Il faut un match difficile à gagner dans une période de flottement.

Une demi-semaine pour préparer ce match, c’est un plus parce que ça éviter de cogiter ?
Non, les joueurs ne cogitent pas. Ce n’est que de la bonne pression, pas la même qu’avant Strasbourg parce qu’on avait perdu deux fois à domicile, avec un scénario difficile contre Lyon et de manière déplorable face à Dijon. Il y avait obligation de gagner. Cela nous enlève la pression et on retrouve notre public. Sans les kops, ce n’est pas un spectacle.

Vous avez été surpris par la prestation collective des Parisiens à Manchester ?
Non, je savais qu’ils feraient un tel match, avec cet investissement. J’ai bien aimé les paroles de Mbappe quand il dit « Il faut arrêter d’avoir peur ». On ne sait pas comment un match va se dérouler, mais au niveau de la motivation, les grands joueurs répondent présent dans les grands matches.

Et pour Paris, Saint-Etienne, c’est un grand match ?
Non, pour nous, c’est un match de gala, pour eux, c’est la routine et ils vont rejouer mercredi face à Montpellier. Mais ce sont des pros.

Quel regard portez-vous sur Truchel?
Il sera jugé à la fin de la saison.

Mais, qu’est-ce qu’il a changé au PSG 
J’ai l’impression qu’il trouve toujours la solution en deuxième mi-temps. Il a une bonne réaction tactique et les joueurs doivent l’adorer. Ca se sent, ça transpire dans les attitudes.

Vous êtes le doyen des entraîneurs de L1…
Ah non, ne me vieillissez pas. C’est Vahid Halilhodzic…

Mais avec votre expérience, – Ah, c’est mieux- qu’est-ce qui vous motive encore ?
Faire plaisir à des gens. Ce stade est magique quand il est plein. C’est magnifique. On veut tout donner pour se surpasser, trouver le système qui va peut-être déranger le PSG. Même si c’est une équation très compliquée.
Recueilli par Didier BIGARD