Jean-Louis Gasset sera privé de Monnet-Paquet, Silva, Salibur, Perrin, Diony face à Lille, mais il attend une réaction avec « des joueurs qui ont travaillé beaucoup plus que les semaines d’avant, où on s’est peut-être un peu regardé ».

  • Jean-Louis Gasset, avec tous les blessés ça devient compliqué ?
    “Non, c’est le métier.”
  • Vous semblez désabusé, inquiet ?
    “Vous ne me connaissez pas. Revanchard, oui et frustré de Marseille.”

« On pensait que Lille serait le tube de l’été »

  • Vous avez une explication ?
    “C’est rare ? Cela a dû nous arriver une ou deux fois dans la saison, mais Marseille est en confiance et Balotelli la lumière.”
  • Perrin absent, vous allez revenir à une défense à quatre ?
    “C’est possible. C’est ce qu’on a fait en deuxième mi-temps, mais quatre ou cinq, c’est un problème pour vous alors que c’est une question d’animation avec des spécialistes pour opérer dans l’un ou l’autre système. On fait avec des blessés, des joueurs qui n’ont pas le plein d’essence. On essaie de bricoler pour passer entre les gouttes. Ce n’est pas une question d’organisation, mais de mental. Je l’ai dit pour préparer Lille, une très bonne équipe. On pensait que ce serait le tube de l’été mais au final ils en sont à 54 points en 27 rencontres ce qui fait deux points par match. Ils sont complets. Il ne faut pas voir seulement le quatuor offensif. Ils ont un milieu de terrain qui travaille beaucoup, une défense à quatre bien organisée et un bon gardien que j’ai connu au PSG. Comme contre Paris ou Lyon, il ne faut pas calculer, jouer, faire un match de coupe et surtout mettre de la folie.”

« C’est dans le money time qu’on voit les bons joueurs »

  • Battre un très gros peut vous relancer ?
    “Il faut qu’on renoue avec la victoire, qu’on reprenne notre marche en avant dans notre maison. On a perdu contre Paris et Lyon mais on avait montré quelque chose. Il ne faut pas avoir de regrets, tout donner. A Marseille on faisait des passes en arrière ou on perdait le ballon. C’est insoutenable à regarder. Je leur ai dit, si c’est pour ne pas jouer ce n’est pas la peine. J’ai vu dans la semaine des gens qui ont eu l’air d’avoir entendu ce que j’ai dit mardi, des gens qui ont travaillé beaucoup plus que les semaines d’avant où on s’est peut-être un peu regardé. On sait ce qu’il nous reste à faire. Je leur ai dit, c’est dans le money time qu’on voit les bons joueurs.”
  • Ne pas battre des équipes de tête, ça ne trotte pas dans les têtes ?
    “Si vous mettez les ingrédients mais que vous perdez sur un exploit de Mbappe ou à la dernière minute contre Lyon, vous pouvez le faire aussi, comme devant l’OM avec un boulet de Khazri. Mais il faut faire les efforts, attaquer et défendre ensemble. A Marseille on se faisait des passes pour faire des passes.”

« Il faut savoir ce qu’on veut faire dans la vie»

  • Si on comprend bien, vous avez secoué vos joueurs ?
    “Ce n’est pas secouer, mais il faut savoir ce qu’on veut faire dans la vie. C’est la question que je leur pose. Quelle est votre ambition ? Si on regarde le match (de Marseille) ensemble, il va falloir un petit sac pour vomir parce que c’était ignoble dans l’état d’esprit, la combativité. Il faut se ressaisir.”
  • C’est donc aussi dans l’état d’esprit que ce match contre Lille est important ?
    “Il faut qu’on réponde présent. Après il restera dix matches et trente points. Si on fait un exploit contre Lille, on va amener de l’espoir et il en faut dans la vie. On est entre la 4ème et la 5ème place depuis le début du championnat, mais c’est vrai qu’aujourd’hui, on a l’impression qu’on joue moins bien, qu’on est moins huilé, qu’on fait moins mal.”
  • Battre Lille serait un exploit  ?
    “Bien sûr. Vous connaissez beaucoup d’équipes qui prennent deux points par match ? Eux ont tenu tête aux grandes équipes.”
  • Galtier vous étonne ?
    “Non, pas du tout. Je prends conscience du travail qu’il a fait pendant six, sept ans ici. Là, il a un effectif très fort offensivement, un milieu technique, des latéraux qui montent. Il laisse jouer son équipe, l’a fait même au Parc. La force de l’entraîneur, c’est tirer 100 % de l’effectif. Il a de gros atouts offensifs. On l’avait catalogué, peut-être, d’entraîneur défensif, mais c’était son effectif qui faisait ça.”
  • Lui dit que vous êtes fort pour déséquilibrer l’adversaire ?
    “Oui, il est très malin.”

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        Propos recueillis par Didier Bigard