C’est une vraie question. Quel est l’impact d’un événement cycliste de l’ampleur du Tour du France sur les clubs locaux ? Suite au passage du Tour dans le département, nous avons tenté de répondre à cette question en interrogeant notamment l’EC Saint-Etienne Loire et le CR4C de Roanne.

 

Énormément de positif

Et s’il y a bien un point sur lequel les deux clubs se rejoignent, c’est le positif qu’amène une course comme le Tour de France sur le cyclisme local. “Un coup de projecteur sur le vélo“, c’est ainsi que l’EC Saint-Etienne le définit en premier lieu. “C’est le plus gros événement du vélo mondial, c’est pour cela qu’on emmène les enfants voir le tour par le biais d’opération, ça les encourage et ça peut donner envie à ceux qui hésitent. On aura certainement des adhérents enfants supplémentaires à la rentrée grâce à ça“.

Le CR4C de Roanne tient le même discours avec un peu plus de retenue affirmant que “la victoire d’un français fera peut-être venir plus d’enfants au club” tout en insistant sur le fait que “le Tour reste la grande messe du cyclisme qui au delà de l’aspect sportif, est un grand moment populaire au bord des routes. Les bénévoles et coureurs du club se déplacent souvent pour voir les professionnels comme on a pu le remarquer lors du contre la montre du Dauphiné au Scarabée“.

En clair, les deux clubs sont sur la même longueur d’onde. Un moment de liesse populaire et de sport de haut niveau positif pour tout le monde. Avec forcément un nombre d’adhérents qui risquent d’augmenter d’autant plus si les Français brillent comme c’est le cas en ce moment avec Julian Alaphillipe et Thibaut Pinot.

 

Mettre en lumière les problèmes liés au cyclisme

Pour les deux clubs de la Loire, le passage du Tour de France dans la Loire, c’est aussi le moment de mettre le doigt sur les problèmes liés au cyclisme. Le moment de profiter de l’intense médiatisation du vélo pendant près d’un mois pour s’exprimer.

Pour l’EC Saint-Etienne, l’écologie et le rôle du vélo dans ce domaine n’est pas assez mis en avant notamment dans le département :

Il y a un grand retard au niveau du développement des voies cyclables. A Saint-Etienne, des efforts sont fait grâce à la prise de conscience des politiques mais il faut plus. Le vélo n’a jamais été autant d’actualité par rapport à ses bienfaits pour les personnes mais surtout l’environnement.

Pour le CR4C de Roanne, le problème est plus économique :

Le tour de France est un événement mondial, médiatique et économique. C’est très éloigné du quotidien des clubs de DN1, qui alimentent le réservoir des équipes professionnelles, mais qui ont souvent des problématiques budgétaires et de mise en valeur du travail réalisé. Si des Pinot, des Bardet ou des Molard  (tous anciens du CR4C de Roanne ndlr) brillent sur le tour de France, c’est que des clubs ont œuvré dans l’ombre pour les former chez les amateurs.

Le cyclisme professionnel et particulièrement le Tour de France ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt de problèmes qui entourent le cyclisme amateur.

Que ce soit dans les problématiques budgétaires qui regardent individuellement chaque club ou sur des aspects plus généraux comme le rôle du vélo sur l’environnement, les clubs de la Loire sont formels : Le Tour de France c’est aussi le moment de mettre sous le feu des projecteurs la grande différence entre les clubs locaux amateurs et la professionnalisation d’un sport.

Pourtant, il existe une relation d’interdépendance entre les deux. Les coureurs professionnels ne le seraient pas sans une formation décente des clubs amateurs. Mais les clubs amateurs pourraient ne pas survivre sans l’engouement que suscite les courses professionnelles. Une formation souvent peu reconnue au profit des réussites sur les différentes courses du World Tour. Tristement d’ailleurs.