Le Tour de France 2019 s’est terminé hier. Les Champs-Elysées ont vu Caleb Ewan le sprinteur Australien s’imposer. Egan Bernal a, comme prévu, conservé son maillot Jaune et remporte la 106ème édition de la Grande Boucle. Sous un coucher de soleil fabuleux, la fête était au rendez-vous. Les Colombiens présents en masse ont illuminé la plus belle avenue du Monde. Alaphilippe, lui, l’a arrosée…


 

 

Colombie, le jour de gloire 

Aux abords de la place de la Concorde, la foule s’amasse, drapeaux et maillots colombiens teintent l’horizon. L’atmosphère est festive, le ciel est bleu, le temps est bon… Les caravanes du Tour font exulter la foule, Vittel rafraîchit le public, Cochonou le nourrit.

 

 

Les 160 partenaires du Tour ont, une dernière fois, ravi les spectateurs. Crédits photo : Arthur Braymand / Parlons Sports

Les cyclistes sont à peine partis de Rambouillet que tout s’accélère place Vendôme. Une fois le défilé des partenaires terminé, de l’autre côté de la barrière, forces de l’ordre et organisateurs s’affèrent. Il faut dire qu’avec le nombre de “cafeteros” présents sur Paris, la brigade du kiff’ se devait d’être à l’affût ! 

 

2500 forces de l’ordre étaient présentes pour assurer le bon déroulé de l’épilogue de l’épreuve. Crédits photo : Arthur Braymand / Parlons Sports

Comme nous le confiait Daniel, Bogotanais vivant maintenant à Paris, les Colombiens savent fêter leurs champions : “ C’est comme être champions de foot jajaja ! Vous savez, nous sommes passionnés, on vit les moments de la vie et du sport avec passion : on aime célébrer en respectant les règles du jeu !” Même s’ils ont le sens des louanges, la victoire d’Egan parait inespérée. “Bernal est un coureur très jeune, il est passé du VTT à la route il y a peu de temps mais a très vite montré de belles aptitudes en montagne. Mais très honnêtement, il est incroyablement jeune pour gagner la plus grande course cycliste au monde.

Nairo Quintana (Movistar) portait cette ambition depuis plusieurs années, sans grande réussite. “On peut assimiler cela à une passation de pouvoir. Egan représente l’avenir. Même si Nairo peut encore remporter des courses, les attentes sont partagées maintenant. Il est très jeune et déjà fort qu’importe le terrain. On espère qu’il en ramènera d’autres !

Plusieurs centaines de colombiens s’étaient réunis pour célébrer Egan Bernal. Crédits photo : Arthur Braymand / Parlons Sports

En petit comité, les Sud-américains n’ont pas eu de mal à se montrer dans les rues parisiennes, difficile d’imaginer les scènes de liesse de l’autre coté de l’Atlantique “, c’est la folie là-bas ! C’est une victoire magnifique pour plusieurs générations d’amoureux du cyclisme. J’ai débuté avec Cochise Rodriguez (Tour de Colombie 1963, 1964, 1966 et 1967) dans les années 60. Depuis 40 ans, la Colombie vit à travers certains “parceros” *copain/ voisin en colombien* comme Luis « Lucho » Herrera (Vuelta 1987), Fabio Parra et aujourd’hui Quintana (Giro 2014, Vuelta 2016). Avec ce genre de coureurs, on a réussi à conquérir l’Italie ou l’Espagne, mais il nous manquait encore et toujours le Tour de France. Là, c’est le moment de célébrer parce que ce soir, la fête est colombienne ! Pour la Colombie, c’est tout simplement historique. C’est incroyable, c’est un rêve !” nous avoue le néo-parisien. 

Les mains de l’union franco-colombienne. Crédits photo : Arthur Bardou Braymand / Parlons sports

 

Après 128 derniers kilomètres entre Rambouillet et Paris, le Tour se clôturait par une victoire écrasante du petit kangourou Caleb Ewan. Sur le podium protocolaire, le succès rageur du Coréano-australien, le triomphe réservé du Latino-américain, l’habituel présence du fantasque Slovaque, Peter Sagan et le maillot rouge pâle de Romain Bardet, ont été éclipsés par le héros de ce tour. Celui qui l’a dynamité, celui qui l’a ensoleillé, celui qui l’a redoré, le bien nommé Julian Alaphilippe.

 Julian Alaphilippe, à l’entrée du bus de son équipe, survolté, réalise un clapping. Crédits photo : Arthur Braymand / Parlons Sports

 

Alaphilippe, amour à la folie

14 jours en jaune et deux étapes gagnées n’auront pas eu raison de la coqueluche tricolore. Après nous avoir fait rêver, crier et exulter, le leader de la Deceuninck-Quick-Step, a sabré le champagne et harangué la foule de journalistes avec un merveilleux clapping. Le numéro 1 mondial a survolé jusqu’aux étapes alpestres. En remportant les étapes d’Epernay (accidentée) et de Pau (contre-la-montre), il a su garder une tunique qu’on prédisait éphémère. Son odyssée nous a plongés dans de doux songes de victoire finale…Avec le malheureux Thibault Pinot, il a été au cœur de la renaissance de cette vieille dame qu’est le Tour de France. Bravo, merci et à l’année prochaine !