Frédéric Ruberti et Véronique Déclas ont remporté dans leur catégorie le Marathon de New York il y a quelques jours. Retour sur cette fabuleuse épopée américaine avec le coureur, policier municipal à Cours-la-Ville dans la vie.

Comment s’est déroulée votre aventure new-yorkaise ?

F.R. : “Nous sommes arrivés à New York le lundi, soit une semaine avant, pour se remettre du décalage et pour être sur d’avoir bien le fauteuil pour le jour du marathon. Nous voulions essayer de descendre sous les 3h, mais rien n’était sûr car je connaissais le parcours de New-York (il l’a couru en 02h34 en 2013). Je savais que le final était très difficile lorsque l’on arrive sur Central Park. Il y a environ cinq kilomètres où même si tu es super bien, tout peux basculer et tu peux tout perdre. La semaine, j’ai fait deux entraînements dans Central Park où je me suis imposé des efforts pour essayer de débloquer la machine car je n’étais vraiment pas bien. Aucune bonne sensation, les jambes lourdes et pas de jus. Je disais même à Véro en rentrant de l’entrainement, que c’était pas bon signe et que ça allait être très compliqué. Pas de quoi mettre en confiance pour le dimanche. Malgré tout, nous sommes tout de même parti sur l’allure prévue, même un peu plus vite. Le départ a été un peu galère car les équipes duo n’ont pas eu un départ spécial, nous sommes partis dans la masse des coureurs. Il a donc fallu slalomer, freiner et relancer pas mal de fois, ce qui n’est pas top pour s’économiser. Nous arrivons tout de même à conserver une bonne allure et avant ces cinq derniers kilomètres tant redoutés, nous étions même très en avance sur nos prédictions, puisque nous passons au semi-marathon en 01h27min26s. Mais les 80kgs à pousser on eu raison de moi dans cette dernière partie. Je n’ai pas eu d’autre choix que de ralentir l’allure. Sur un parcours tout plat, je pense que l’on aurait pu passer sous les 02h55. Mais 02h59min reste un super chrono pour un duo. Nous terminons donc 1er duo et 1478ème sur 53513 participants au scratch. Comme quoi il ne faut pas se fier à ses sensations sur les derniers entraînements car je me suis senti vraiment très bien le jour J.”

Quelle est désormais la suite pour vous ?

F.R. : “Le prochain devrait être Chicago en 2020. Ensuite il restera Londres et Tokyo, mais nous nous heurtons toujours aux organisateurs de ces deux marathons qui ne veulent pas prendre d’équipes duo au départ. On espère les faire changer d’avis et les décider à nous donner notre chance.”

Vous avez été porte-drapeau pour la délégation française, comment cela s’est passé ?

F.R. : “Pour ce qui est d’avoir été porte drapeau, cela a été une superbe expérience. J’avais reçu un premier mail de l’organisation qui me demandait si je voulais participer au défilé de la parade des nations et quelques semaines plus tard un deuxième si je voulais représenter la France en étant le porte drapeau pour notre nation. J’ai forcement accepté et je ne l’ai pas regretté. Je ne m’attendais pas à cela, mais lorsque la France a commencé à défiler, le speaker a annoncé devant des milliers de personnes, le nom du porte drapeau, mélangé aux cris de la foule, cela donne des frissons. Normalement l’année prochaine, je serai de nouveau à New York pour la 50ème édition et là j’aurais d’autres frissons car je serais aux côté de Mattéo (son fils) pour son deuxième major.”