Sébastien Grosjean : « Une belle surprise peut permettre au tournoi de prendre une autre dimension »

Sebastien Grosjean - directeur du Tournoi Open Sud de France - Open Sud de France 2024 - 31/01/2024

Crédit photo : OPEN AURA ROANNE

Directeur de l’Open Auvergne-Rhône-Alpes de Roanne depuis 2024, Sébastien Grosjean est désormais un habitué des travées de la Halle André Vacheresse. Le tournoi, qui vit sa cinquième édition, pourrait être un tournant de son existence. Entretien.

L’édition 2025 a accueilli un record de 18 524 spectateurs. Que cela vous inspire-t-il, vous le directeur du tournoi ?

Sébastien Grosjean : L’affluence reste évidemment importante pour un événement, mais progresser ne signifie pas uniquement accueillir davantage de spectateurs. Les Roannais connaissent désormais bien le tournoi, la salle et son ambiance. L’objectif est aussi d’affiner encore l’organisation, d’être plus précis dans tous les domaines et de faire en sorte que les joueurs repartent toujours plus satisfaits. Année après année, nous devons continuer à améliorer l’expérience proposée au public, aux partenaires et aux joueurs. Nous aimerions également faire venir un ou deux joueurs connus. Le niveau d’un Challenger est déjà très élevé, même si certains participants sont moins identifiés par le grand public. Une belle surprise peut permettre au tournoi de prendre une autre dimension.

Comment expliquez-vous l’attachement du public roannais à ce tournoi ?

Roanne est une véritable ville de sport, avec notamment la Chorale et le Roanne Hockey. Plus largement, toute la région possède une forte culture sportive. Le tennis est aussi très suivi à la télévision, notamment lors des grands tournois. Il existe donc ici un public de connaisseurs, mais également des personnes simplement curieuses de découvrir le haut niveau. Les spectateurs ont pris l’habitude de venir dans cette salle et connaissent désormais les lieux. Il y a une proximité et une ambiance particulières. Tout cela montre qu’il existe encore un vrai potentiel pour faire grandir le tournoi.

La finale 2025 entre Otto Virtanen et Hugo Gaston opposait un joueur en pleine ascension à un ancien vainqueur du tournoi. Est-ce le plateau idéal pour Roanne ?

Oui, car un Challenger permet justement de réunir plusieurs profils. Hugo Gaston est un joueur apprécié du grand public. Il est attachant, possède un jeu tout en toucher et peut produire du très beau tennis. Lorsqu’un Français réalise un grand parcours et atteint la finale, cela crée forcément un engouement supplémentaire. À côté de ces joueurs déjà identifiés, le public peut découvrir de jeunes talents en devenir. Les futurs grands joueurs passent par les Challenger lorsqu’ils débutent. Nous pouvons aussi accueillir des éléments plus expérimentés ou en fin de carrière, comme Richard Gasquet par le passé. C’est ce mélange qui fait la richesse du tournoi.

Est-il difficile de construire un plateau à cette période de la saison ?

La saison est très longue et la programmation n’est pas évidente. Nous arrivons notamment après la tournée asiatique et certains joueurs peuvent s’inscrire avant de finalement renoncer. Il faut s’adapter jusqu’au dernier moment. Nous essayons de parler de l’événement suffisamment tôt aux joueurs et de profiter des invitations pour attirer des Français, des jeunes prometteurs ou un nom plus connu. Nous sommes aussi sur une période indoor durant laquelle de nombreux joueurs viennent disputer des tournois en France. Il faut continuer à véhiculer une image positive de Roanne, de la salle et de l’organisation.

Vous dirigez également le tournoi de Montpellier. Comment vous organisez-vous à distance ?

Tout se passe très bien, car nous pouvons compter sur une équipe locale très compétente, notamment Cédric Mourier et son épouse. Cédric connaît parfaitement le milieu du tennis puisqu’il a été l’un des meilleurs arbitres au monde. Nous avons une très belle équipe, avec des personnes qui travaillent ensemble depuis plusieurs années. Cela fait dix ans que je suis à Montpellier et l’organisation est désormais bien rodée. Nous savons toutefois qu’il reste toujours des choses à améliorer.

Quel rôle joue la Chorale dans la réussite de l’Open ?

C’est important de pouvoir organiser le tournoi dans une salle où évolue habituellement un club professionnel. Il existe énormément de respect entre les athlètes, quel que soit leur sport. Les basketteurs nous laissent leur salle, leurs vestiaires et leur lieu de travail pendant toute une semaine. Leur soutien apporte quelque chose de supplémentaire à l’événement. Le retour de la Chorale dans l’élite est également une excellente nouvelle. Son absence à ce niveau constituait presque une anomalie au regard de l’histoire du club. Tout ce qui permet de faire parler du sport à Roanne est positif.

Qu’appréciez-vous particulièrement à Roanne ?

J’apprécie beaucoup la proximité avec les habitants. Les gens sont agréables et les relations restent très naturelles. Roanne possède une véritable personnalité, entre le sport et de grandes maisons comme Troisgros ou Pralus. J’ai eu la chance de dîner chez Troisgros, ce qui constitue une expérience exceptionnelle. Ce territoire dispose de nombreux atouts.

Le retour d’un tournoi ATP à Lyon, une semaine après l’Open, peut-il également profiter à Roanne ?

C’est une très bonne nouvelle pour toute la région de faire revivre le Grand Prix de Lyon, comme il existait autrefois. Le territoire possède une vraie culture du tennis et plusieurs joueurs pourront enchaîner les tournois. Cette dynamique peut permettre de renforcer encore l’attractivité du tennis régional.

À quoi reconnaîtra-t-on une édition 2026 réussie ?

Notre premier objectif est de pérenniser l’Open. Il faut que le public soit présent, que les joueurs répondent à nos attentes et que les partenaires soient nombreux et satisfaits. Un tournoi disputé pendant sept jours consécutifs offre une expérience différente d’un match organisé toutes les deux semaines. Si nous parvenons en plus à attirer un joueur très connu, à avoir un Français en finale et du monde dans les tribunes durant toute la semaine, ce sera une très belle édition. J’appelle en tout cas les Roannais à venir nombreux.

3 RAISONS D’ALLER VOIR L’OPEN

1. POUR VOIR LES CHAMPIONS DE DEMAIN

L’identité d’un Challenger 100 repose sur un mélange entre des joueurs expérimentés du circuit ATP et de jeunes talents en pleine ascension. Roanne espère encore accueillir plusieurs membres du Top 100, de nombreux Français et, pourquoi pas, un joueur mondialement connu. La liste définitive dépendra toutefois des inscriptions et des invitations attribuées à l’approche du tournoi.

2. POUR PROFITER DE PRIX ACCESSIBLES

La première journée de qualifications permet d’assister à de nombreuses rencontres à partir de 5 euros. Des tarifs préférentiels sont également proposés aux licenciés de la Fédération française de tennis et, cette année encore, aux abonnés de la Chorale Roanne Basket. Les enfants de moins de 5 ans peuvent entrer gratuitement sur présentation d’un justificatif.

3. POUR VIVRE PLUS QU’UN TOURNOI

L’Open veut dépasser le seul cadre de la compétition. Pendant huit jours, la Halle Vacheresse devient un lieu de rencontres où se croisent passionnés de tennis, familles, entreprises et partenaires du territoire. Un village grand public, des stands et des espaces de restauration accompagneront les matchs tout au long de la semaine.

NOTRE EXPERT

SÉBASTIEN GROSJEAN

Directeur de l’Open depuis 2024 et ancien joueur professionnel de Tennis.

Meilleur classement ATP 4ème en 2002

Vous avez aimé cet article ?

Partager sur Facebook
Partager Twitter
Partager sur Linkdin

LAISSER UN COMMENTAIRE