Cinquante ans après la finale de Glasgow, Osvaldo Piazza se souvient avec émotion de l’épopée des Verts dont il a fait partie. Entre fierté, regrets et héritage, l’ancien défenseur revient pour Parlons Sports Loire sur une aventure qui a marqué à jamais le football français.
Quand vous repensez à 1976, 50 ans plus tard, quelle est la première image qui vous revient immédiatement en tête ?
Osvaldo Piazza : C’est d’abord une immense émotion. Quelque chose de merveilleux, même si le résultat final n’était pas celui qu’on voulait. Il y a ce regret, mais aussi la fierté d’avoir réalisé quelque chose de très important pour le football français et pour Saint-Étienne. Cette épopée a marqué une progression, une équipe qui grandissait ensemble, avec plusieurs joueurs qui ont ensuite rejoint la sélection nationale. Pour moi, 1976 a aussi été un tournant personnel. Cela m’a permis d’atteindre un niveau qui m’a rapproché de mon rêve de jouer une Coupe du monde. Saint-Étienne m’a offert cette opportunité grâce à mes coéquipiers et au coach.
Qu’est-ce qui rendait ce groupe de Saint-Étienne si spécial ?
On avait un président visionnaire qui nous mettait dans les meilleures conditions. À l’époque, c’était exceptionnel. Nous avions des déplacements optimisés, une salle de musculation, des terrains adaptés même en hiver. Mais surtout, il y avait un état d’esprit. Le coach nous a transmis les valeurs du club, de travail, faire des efforts, toujours progresser. La majorité des joueurs venaient du centre de formation, il y avait une vraie identité. Ce n’était pas un hasard si cette équipe fonctionnait aussi bien.
Dans le vestiaire, sentiez-vous que vous viviez quelque chose d’historique ?
Au début, pas forcément. Mais petit à petit, on a commencé à y croire. On savait que Nantes avait une grande école de foot, alors on voulait être encore plus forts dans d’autres domaines. Moi, en arrivant de Lanús, en Argentine, ce n’était pas facile. Je ne parlais pas français, je découvrais tout. Mais le groupe m’a aidé, Jean-Michel Larqué notamment qui parlait espagnol. On était un peu innocents, mais très soudés. C’est ce qui nous a permis de grandir ensemble.
Avec le recul, que retenez-vous de la finale à Glasgow ?
On avait bien préparé ce match, mais on a manqué de réussite. Entre les blessures et les occasions, on méritait sans doute mieux. Je ne dis pas qu’on méritait forcément de gagner, mais on a tout donné. Le Bayern a été plus fort dans les moments clés. Malgré tout, on avait tout un peuple derrière nous. À Glasgow, on se sentait presque à la maison. Et puis il y a eu ce retour en France, le défilé sur les Champs-Élysées… C’était comme une victoire. Cinquante ans après, les gens sont toujours là. Cet amour, c’est une vraie récompense.
Aujourd’hui encore, mesurez-vous l’impact de cette équipe ?
Oui, et on en est très fiers. Je pense qu’on a donné de l’espoir à tout un pays. On a aussi contribué à faire évoluer le football français, à amener des joueurs en équipe nationale. Aujourd’hui encore, on reçoit énormément d’amour des supporters. C’est quelque chose de très fort. Même entre nous, on est restés proches. On se retrouve, on partage des moments, et ça compte beaucoup.
Quel message souhaitez-vous transmettre aux joueurs actuels et aux jeunes supporters ?
Cinquante ans après, cette histoire nous touche toujours autant. À chaque fois que je reviens en France, je ressens quelque chose de spécial. Aux joueurs, je dirais de comprendre ce que représente ce maillot, de travailler et de respecter les valeurs du club. Aux supporters, de continuer à faire vivre cette passion. Saint-Étienne, c’est une famille, et ça doit le rester.
