Remporter la SaintéLyon n’est jamais anodin. Classique hivernale du trail français, cette course mythique entre Saint-Étienne et Lyon marque les corps autant que les esprits. En 2025, c’est Adeline Martin qui s’est imposée chez les féminines au terme de 80 kilomètres parfaitement maîtrisés. Une victoire préparée, assumée et savourée, qui résonne tout particulièrement pour la Roannaise. Rencontre.
Adeline, cette victoire à la SaintéLyon a eu un énorme retentissement. Comment l’avez-vous ressenti ?
Adeline Martin : Oui, franchement, j’ai été impressionnée par les retombées. On m’en parle beaucoup, bien plus que ce que j’imaginais. C’est une course qui touche énormément de monde, même des personnes qui ne suivent pas forcément le trail. En tant que Ligérienne, ça prend encore plus de sens de la remporter donc je suis vraiment contente.
Vous aviez annoncé viser la victoire. Ce n’était pas trop de pression pour vous finalement ?
Non, pas vraiment. J’avais terminé deuxième l’an dernier, donc je savais ce que valait cette course. Je savais aussi que je pouvais gagner. La SaintéLyon est une épreuve à part. Le fait de courir toute la nuit, parfois dans des conditions compliquées, ce n’est pas anodin. L’expérience de l’an passé m’a beaucoup aidée cette année.
Qu’est-ce qui a fait la différence cette année selon vous ?
Déjà, il faut dire que les conditions étaient parfaites. J’étais avec un maillot manches longues, pas de gants… C’était presque idéal. Les chemins étaient un peu gras, mais ça ne m’a pas dérangée. J’avais aussi bien repéré les parties du parcours qui avaient changé, comme il y a des changements chaque année, notamment celles que j’avais vues de jour.
Comment s’est déroulée la course ?
Je suis partie avec une amie de l’équipe de France qui faisait la course en relais. Comme toujours, ça part très vite, donc il faut rester calme et bien gérer. Cette fois, je n’ai eu aucun souci gastrique, alors que l’an dernier j’avais dû m’arrêter trois fois. J’ai été en tête quasiment toute la course, malgré les relais. Sur les 15 derniers kilomètres, j’ai couru avec un gars avec lequel on s’est aidés mutuellement.
Vous avez rempli votre objectif en maîtrisant votre course ?
Oui, c’est exactement ça. J’ai bien mangé, bien bu, les sensations étaient bonnes. J’avais misé sur un temps de 6h40, j’ai fait 6h42. Mon coach m’a même un peu engueulée parce que j’étais en avance sur mes temps intermédiaires ! Mais honnêtement, tout s’est bien aligné.
Cette victoire a-t-elle une place particulière dans votre carrière ?
Clairement. La SaintéLyon, je la mets dans mon CV avec deux ou trois autres courses majeures. Accrocher cette classique, ça compte vraiment. C’est une course qui fait plaisir à gagner.
On sent que vous êtes à l’aise sur les formats longs ?
Oui, j’aime les formats où “ça court”, autour de 80 kilomètres. C’est un peu ma limite aujourd’hui. J’aimerais aller vers plus long, pourquoi pas un jour un 160 comme la Diagonale des Fous, mais il faut y aller progressivement. Maintenant, je mise plus sur la qualité que sur la quantité d’entraînement.
Quelle est la suite de votre programme ?
J’ai coupé quinze jours après la SaintéLyon, je reprends tranquillement en décembre. Le 10 janvier, je ferai la Corrida du Pic, dans le département, pour la bonne cause. Ensuite j’ai au programme quelques cross, et surtout un gros objectif le 29 mars au Ventoux pour aller chercher une nouvelle sélection avec l’Equipe de France.
Qu’est-ce qui vous anime aujourd’hui après cette longue et belle carrière ?
Je me fais vraiment plaisir. Les sensations sont là, qu’on retrouve uniquement dans le sport. L’équipe de France, c’est aussi un collectif, représenter le maillot, relever des défis. J’ai toujours voulu durer dans le temps. Aujourd’hui, avec un enfant, je fais attention à l’équilibre avec la famille.
Avez-vous encore un rêve à accomplir ?
J’aimerais gagner les Templiers. L’âge, c’est surtout dans la tête. Tant que je n’ai pas de douleurs et que je peux rivaliser, je continuerai.


