Le golfeur roannais est aux portes du monde professionnel dans sa discipline de prédilection. Nous l’avons rencontré chez son partenaire 314 Cars, entre deux compétitions en Angleterre, pour évoquer son parcours et ses ambitions.
Originaire de Renaison, Antoine Djellab n’a pas découvert le golf par hasard. “Mon père jouait, alors dès que j’ai su marcher, j’étais déjà sur les greens de Champlong”, sourit-il. Une immersion précoce dans un sport encore peu répandu chez les plus jeunes, qui va pourtant rapidement structurer son parcours. Formé localement, notamment avec son premier entraîneur Yann Bachelet, le jeune Roannais grandit dans un environnement familial et associatif. Mais très vite, la nécessité de se confronter à plus fort s’impose. Direction le Golf de Saint-Étienne, puis un cap décisif : Mionnay, dans l’Ain, où il intègre une structure plus compétitive. “Là, j’ai découvert une vraie culture de la performance, avec de la concurrence et un encadrement complet”. À 17 ans, il rejoint le Golf Club de Lyon, club de première division. Une immersion dans un collectif plus expérimenté qui le pousse à franchir un nouveau palier. “Du jour au lendemain, je n’étais plus le meilleur. Il a fallu apprendre, se battre pour sa place”.
Mais c’est aux États-Unis que le déclic se produit. Pendant trois ans et demi, à William Carey University, Antoine bénéficie d’une bourse sportive. Là-bas, la concurrence est permanente, l’autonomie totale. “On est jugé uniquement à la performance. Ça m’a fait grandir”. De retour en France, il affine son projet, restructure son entourage, travaille tous les aspects de son jeu. Fin 2025, il passe professionnel. Un changement de dimension. “Là, chaque coup compte aussi financièrement. Ce n’est plus du tout le même monde”.
UN QUOTIDIEN DE GOLFEUR EN ANGLETERRE
Aujourd’hui, une nouvelle étape s’ouvre pour lui. Engagé sur le Clutch Pro Tour, circuit britannique exigeant, Antoine Djellab a fait un choix assumé, celui de sortir de sa zone de confort. “Jouer dans le vent, la pluie, contre des joueurs très efficaces… c’est la meilleure école”. Cette première saison professionnelle sert aussi de révélateur. Sur des tournois réunissant souvent plus de 150 joueurs, Antoine Djellab veut d’abord franchir régulièrement les cuts, ces qualifications qui permettent de disputer le dernier tour. Une manière de valider le travail engagé depuis son retour des États-Unis et de mesurer sa place dans ce nouvel univers.
Le golf professionnel impose une exigence permanente : déplacements, budget, préparation physique, nutrition, mental, stratégie de jeu. Rien n’est laissé au hasard. Pour le jeune Roannais, l’enjeu est autant sportif que structurel. Il faut apprendre vite, progresser dans des conditions difficiles et poser les bases d’une carrière capable de durer.
Ambitieux, le Roannais ne se cache pas. “Mon objectif, c’est d’aller tout en haut et d’être le meilleur du monde”. Avant cela, il vise une stabilité sur les circuits européens. Une étape indispensable pour construire une carrière durable.


