David Lighty (LDLC ASVEL) : « Rien n’arrive facilement »

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C’est au début de cette année 2026 que nous avons pu rencontrer David Lighty. Joueur devenu légendaire au LDLC ASVEL, qu’il a rejoint en 2014, le capitaine villeurbannais est le premier à passer sous la loupe du dossier de Parlons Sports Lyon.

Vous évoluez au plus haut niveau depuis de nombreuses années. Quel est votre secret pour durer, à 37 ans ?

David Lighty : Je dirais la constance. Dans le sport comme dans la vie, je pense avoir la même mentalité. Il s’agit de montrer le chemin jour après jour, de répéter les bonnes choses, encore et encore. Ça peut paraître simple, presque banal, mais pour moi, c’est comme ça qu’on finit par atteindre le niveau que l’on vise.

Qu’est-ce qui vous a convaincu, en 2014, de rejoindre le projet de l’ASVEL ?

Tony ! Il m’a contacté pour me présenter son projet. Il voulait que je fasse partie de l’aventure, et l’opportunité était bonne pour moi. Douze ans plus tard, je fais toujours partie de l’ASVEL.
Pour moi, c’était le bon choix. Entre la ville, l’équipe, les gens… tout correspondait à qui je suis en tant que personne.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre vie à Lyon ?

Ce que j’aime le plus à Lyon, c’est son ambiance. Je viens de Cleveland, dans l’Ohio, une ville de taille moyenne, et Lyon me rappelle un peu ça. J’ai vécu à Paris pendant deux ans, et pour moi, c’était trop entre le trafic, les distances… ça prend une heure pour aller partout ! Lyon, en revanche, c’est parfait. On a tout à portée de main, la nourriture, les activités, la nature, l’eau, la ville… Et même avec le trafic, on met rarement plus de 20 ou 30 minutes pour se déplacer.

Après toutes ces années en France, peut-on dire que vous avez une histoire particulière avec notre pays ?

J’ai passé toute ma vie d’adulte en France, c’est vraiment un pays que je connais. J’aime la tranquillité, le calme. Aux États-Unis, tout va beaucoup plus vite. Ici, en France, tu peux vraiment prendre le temps de vivre et profiter des choses simples du quotidien.

Comment décriveriez-vous votre rôle avec l’ASVEL ?

J’essaye de faire en sorte que tout le monde soit sur la même longueur d’onde. Je ne me considère pas comme un “boss” mais plutôt comme un chef d’orchestre. Mon rôle, c’est d’organiser l’équipe et de m’assurer que nous partageons tous le même objectif. Ce n’est pas être égoïste, mais plutôt agir pour le bien de l’équipe.

Vous êtes perçu comme un leader dans le vestiaire. Est-ce quelque chose qui est venu naturellement avec l’expérience ?

Je suis un leader depuis toujours. Même jeune, j’ai souvent été capitaine ou un joueur vers qui les autres se tournaient. Ce que j’ai réussi jusqu’ici, c’est de rester constant et de montrer chaque jour que je suis prêt à travailler. Rien n’arrive facilement. Il faut se battre pour atteindre ses objectifs. Et ça ne vaut pas seulement pour le basket, mais pour toute la vie.

Comment a évolué votre jeu depuis vos débuts en tant que joueur professionnel ?

J’ai appris à me calmer et à jouer plus sur la défense. Mais surtout, je comprends beaucoup mieux le jeu qu’au début. Je ne suis plus aussi rapide, je ne peux plus autant passer au-dessus, mais toutes ces années m’ont apporté une telle expérience que je peux lire le jeu et continuer à être efficace.

Est-ce que le mental a une place importante aujourd’hui ?

Le mental est essentiel. Aujourd’hui, avec tous les médias sociaux et les distractions, notre esprit est constamment sollicité. Dans le sport, c’est encore plus vrai puisqu’il y a tellement de matchs que si tu fais une erreur, tu dois immédiatement passer au jeu suivant. Tu ne peux pas rester bloqué sur le passé. Pour réussir, il faut garder la bonne mentalité et continuer d’avancer.

Comment analysez-vous la première partie de saison de votre équipe ?

Cette saison, l’équipe a beaucoup changé par rapport à l’année dernière. On se retrouve chaque jour avec l’envie de se battre et de donner un bon esprit au club. Nous sommes seulement à la moitié de la saison, il reste encore beaucoup de matchs et autant d’occasions de nous améliorer. Je suis enthousiaste à l’idée de me présenter chaque jour, de voir jusqu’où nous pouvons aller. C’est la partie que j’aime le plus c’est de viser un objectif commun et s’assurer que tout le monde avance dans la même direction. C’est ce que j’essaie de faire en tant que leader et capitaine.

Quels sont vos objectifs personnels ?

Honnêtement, j’ai déjà remporté cinq championnats de France, et mon objectif est d’atteindre le sixième. Six, comme Michael Jordan : lui en a gagné six, moi j’en ai cinq, donc je veux aller chercher le sixième (rires).

Jouer en Euroligue, qu’est-ce que ça représente encore aujourd’hui pour vous ?

C’est un honneur. À 37 ans, j’ai toujours envie de jouer et de voir l’équipe progresser. Quand j’ai commencé, nous avions juste l’Astroballe, et maintenant il y a la LDLC Arena. Voir tout grandir, la compétition, les joueurs… c’est incroyable. J’aime le basket, c’est ma vie. Être là et jouer à ce niveau me donne l’impression d’être un enfant qui se lève chaque matin pour aller travailler.

Le LDLC ASVEL sait aussi former de jeunes joueurs, quel est votre rôle avec eux ?

Beaucoup de jeunes joueurs viennent ici pour suivre l’exemple de leurs aînés et atteindre leurs objectifs. Moi, j’essaie surtout de les aider sur les petits détails, mais ce sont eux qui font le vrai travail. Pour moi, montrer la bonne mentalité et comment rester constant au quotidien, c’est un petit rôle que je joue pour les aider à atteindre ce qu’ils veulent.

Dans un club comme le LDLC ASVEL, la pression du résultat est quotidienne, comment vivez-vous cela ?

C’est justement pour ça que j’ai signé ici. La pression fait partie du travail, comme dans n’importe quel métier, c’est ce qui te pousse à te dépasser. Je veux cette pression. C’est la beauté de la vie. Parfois, on fait des erreurs, mais ce n’est pas négatif, c’est une occasion d’apprendre, de grandir et de s’améliorer. Pour moi, la pression est une opportunité de voir sur quoi travailler et de mesurer ce dont je suis capable.

A 37 ans, quelle est l’importance de l’hygiène de vie pour vous ?

C’est à prendre en compte tous les jours. À 37 ans, ce que je mange et la qualité de mon sommeil jouent un rôle crucial. Il me reste quelques années avant mes 40 ans et mon objectif physique est de voir comment mon corps réagit. Prendre soin de mon corps et bien le gérer est essentiel, mais la récupération est encore plus importante. Je fais attention à tout avec des massages, bains chauds et froids, cryothérapie, lumière rouge, sommeil. Tout pour essayer d’avoir un avantage et rester performant.

Pensez-vous à la vie après le basket ?

Oui, bien sûr. Je me considère comme réaliste, et je sais que ma carrière de joueur ne durera pas éternellement. Du coup, je commence déjà à me préparer pour la suite, parce qu’attendre la fin serait trop tard. C’est la nature du sport, il faut toujours penser à ce qui vient après.

Quel message, pour finir, voudriez-vous adresser aujourd’hui aux fans de l’ASVEL ?

Je suis un grand fan des supporters. Comme je le disais, j’ai passé toute ma vie adulte à l’ASVEL, c’est vraiment ma maison. Je n’aurais aucun autre endroit où j’aimerais autant jouer, encourager et partager des émotions avec les fans. Un jour, j’espère pouvoir dire que j’ai laissé une vraie marque, pas seulement sur le terrain, mais aussi dans la vie du club et de la ville.

TAC O TAC avec David Lighty

NBA ou Euroligue ?
Euroligue.

Défense ou attaque ?
(rires) J’adore cette question, attaque !

3 points ou dunk ?
Avant j’aurai dit dunk, maintenant plus les trois points.

Gagner un titre ou faire de l’histoire avec un club ?
Marquer l’histoire d’un club est la meilleure chose.

L’adversaire le plus difficile que vous ayez affronté ?
Je vais devoir dire Lebron James… ou Steph Curry !

La meilleure ambiance dans laquelle vous avez joué ?
Pour moi, c’est au Partizan Belgrade en Europe.

Musique avant un match ou silence ?.
De la musique, tout le temps.

La plus grande force de ton jeu ?
De pouvoir tout faire.

Le souvenir basket que tu n’oublieras jamais ?
De pouvoir jouer devant ma famille, c’est quelque chose de fort.

 

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