Élodie Clouvel : “Je veux remporter l’or aux Jeux Olympiques de Tokyo”

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Vice-championne olympique de pentathlon moderne en 2016 lors des Jeux Olympiques de Rio, Elodie Clouvel est désormais tournée vers Tokyo. La Stéphanoise, première mondiale actuellement, vise l’or en 2021. Rencontre avec une athlète pas comme les autres.

Cette année 2020 très spéciale est sur le point de s’achever, comment s’est-elle passée pour vous ?

Elodie Clouvel : “Cette année est effectivement hors du commun. C’est presque une saison blanche pour moi puisque j’ai fait très peu de compétition. Les Championnats de France ont été annulés, je n’ai pas beaucoup eu l’occasion de voir où j’en suis. Le premier confinement a été un peu dur, avec notamment le report des Jeux Olympiques de Tokyo en 2021. Ce n’était pas facile d’encaisser. Il a fallu repartir, se remobiliser et retrouver du sens à ce que je faisais. J’ai un an de plus pour progresser et être prête pour 2021, même si on ne sait jamais ce qui peut se passer.

Le deuxième confinement fut-il moins compliqué à gérer ?

E.C. : Oui, honnêtement. Nous nous sommes installés avec Valentin (Belaud, son compagnon) dans les Landes. C’était complètement différent. Je n’ai pas vraiment eu l’impression d’être de nouveau confinée puisque nous avons pu nous entraîner normalement.

Le report des Jeux en 2021 a changé vos plans, comment vous êtes-vous adaptée ?

E.C. : Ce report a changé mes plans. Après les Jeux Olympiques de Tokyo, j’avais envie de faire une pause et de fonder une famille. Du coup, c’est reporté à l’année prochaine et c’était dur à accepter sur le moment. J’avais vraiment envie de faire un break et une coupure. J’ai digéré et j’ai accepté. Je suis maintenant focus sur les prochains Jeux. Pour l’instant, je ne suis pas encore qualifiée. Les Coupes du Monde prévues début 2021 doivent servir à gagner mon ticket pour Tokyo.

 

Vice-Championne Olympique à Rio en 2016, numéro 1 mondiale en 2020


Il y a quatre ans, vous deveniez Vice-Championne Olympique de Pentathlon moderne, est-ce que cet épisode vous a fait rentrer dans une nouvelle dimension ?

E.C. : “Je pense que oui, forcément. Déjà, cet épisode a permis de faire connaître aux yeux du grand public le pentathlon moderne. J’ai en quelque sorte montré la voie puisque c’était la première médaille olympique de l’histoire de ma discipline en individuel. Cela montre une autre image et cela a permis d’avoir plus de licenciés. Sur un plan personnel, tout a changé également. J’ai plus de notoriété donc plus de sollicitations. Chaque sportif a envie de marquer l’histoire. J’espère en faire autant et ramener la médaille d’or. Quand j’ai décroché l’argent, j’ai tout mis en place pour être prête à gagner la plus belle des médailles. Avec mon équipe, nous travaillons pour cela. Je veux être championne olympique.”

Vous êtes numéro 1 mondiale, quelles sont les exigences de ce rang au quotidien ?

E.C. : “Cela ne change pas grand chose. Je travaille toujours de la même manière. Je ne compte pas mes heures, je veux progresser et je m’en donne les moyens. Je ne me pose pas la question de mon rang, je veux suivre mon propre chemin donc je ne me prends pas la tête. Mon objectif est de rester au plus haut niveau le plus longtemps possible. Je ne me projette pas forcément pour la suite. J’essaye de faire au jour le jour.

Votre compagnon, Valentin Belaud, est également un homme fort du pentathlon moderne. Cette complémentarité tant sur le point affectif que sportif a-t-elle été déterminante dans votre évolution ?

E.C. : “Je pense que c’est une force d’être ensemble. Nous sommes complémentaires même si nous fonctionnons différemment. On arrive à faire la part des choses, on s’entraide et on se motive. On espère, tous les deux, gagner la médaille d’or. Ce serait magnifique d’y arriver ensemble… Le pari est double. Aujourd’hui, on se connaît vraiment bien et c’est idéal pour être performant. Nous savons comment nous préparer et ce qui nous correspond lors des entraînements.

 

“Je garde un lien très fort avec Saint-Etienne”

 

Vous êtes originaire de Saint-Priest-en-Jarez, dans la Loire, quels liens gardez-vous avec le département ?

E.C. : “Je suis née là-bas mais j’ai grandi à Rochetaillé. J’y garde mes racines, c’est un grand attachement que j’ai à ma ville et à mon département. Lorsque j’ai commencé la natation, c’était à Sainté. Je me suis construite et j’ai appris à nager dans la Loire. Quand je rentre à Saint-Etienne, je me ressource vraiment. C’est un plaisir de pouvoir retrouver mes amis. Et puis voir le soutien que m’apportent le département et ma ville, c’est énorme.”

Vous avez été bercée dans une famille très sportive, comment est venue chez vous la passion du sport puis du pentathlon ?

E.C. : “Je suis effectivement issue d’une famille de sportifs. J’ai tout de suite été plongée dans le sport. Depuis que je suis petite, je suis très compétitrice et j’ai toujours eu envie d’être une championne. J’ai commencé par la natation, j’ai essayé d’autres sports et je suis venue au pentathlon parce qu’à ce moment précis, j’en avais envie, et je ne m’étais pas qualifiée pour les Jeux de Pékin en 2008. Ce nouveau projet dans cette discipline m’a demandé du travail. J’ai dû, par exemple, apprendre le tir, chose que je ne connaissais pas avant.”

En parallèle de votre vie de sportive, vous êtes lieutenant dans la gendarmerie nationale, pourquoi cet engagement ?

E.C. : “J’ai pu, en 2012, intégrer ce qu’on appelle l’Armée de Champions. On porte les couleurs de la gendarmerie, et c’est une fierté. On a un vrai lien avec les gendarmes, c’est important de pouvoir les représenter.”

Votre vie est très active, avec de nombreux projets, transmettre votre passion est-il important pour vous ?

E.C. : “ Je veux essayer de donner envie aux jeunes de faire du sport. C’est quelque chose qui me fait plaisir. Donner aux autres, transmettre l’expérience d’une carrière de haut niveau, c’est important. Il y a tellement de valeurs à montrer et de messages à faire passer, ça me tient à cœur.”

Vous avez acquis une certaine notoriété, comment imaginez-vous votre après- carrière ?

E.C. : “J’essaye de penser au jour le jour pour le moment. Je pense aux Jeux et la médaille à aller chercher. J’ai quelques projets dans le cinéma. C’est quelque chose que j’aime et qui vient aussi nourrir ma performance à côté. J’aimerais mettre un terme à ma carrière après les Jeux de Paris en 2024. J’aimerais que tout puisse se réaliser. Je fonctionne comme ça, par passion. J’ai envie de cinéma, de transmettre et de pouvoir développer mon club à Saint-Etienne. Et puis fonder une famille et m’épanouir en tant que femme.”

 

Photo fournie par la sportive – Crédit DR

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