Fidèle à la Chorale depuis de nombreuses années, Thomas Ville a tout connu avec son club de cœur. Des sections jeunes à la Jeep Elite, en passant par la descente en Pro B, le natif de Montbrison se confie sur sa trajectoire de carrière qui a fait de lui l’un des joueurs préférés du public roannais.

 

 

Comment le petit Thomas a-t-il découvert le basket quand il était jeune ?

 

(Rires) Le petit Thomas a découvert le basket grâce à son papa, qui a joué à haut niveau par le passé. Depuis que je suis jeune, j’ai traîné dans les salles de basket pour le suivre. Comme beaucoup d’enfants, quand dans un match il y a des pauses, on se retrouve vite sur les terrains pour jouer avec les autres. Mon petit frère a commencé par le football. Quand je jouais des fois en venant le voir, l’un de ses coachs a parlé à mes parents pour leur demander si je voulais intégrer l’équipe. Mais ma mère m’avait dit qu’on ne pouvait pas faire deux sports en même temps. J’ai donc continué à jouer au basket.

 

 

Avoir un père professionnel, est-ce que ça a été un plus pour la suite de ta carrière ?

 

Pour moi, cela m’a aidé à me fixer des objectifs. Je voulais faire comme lui. Je pense que c’est toujours bien d’avoir quelqu’un qui a de l’expérience dans le métier. Donc forcément, il me donne des tuyaux et me conseille dans mes choix.

 

 

Ton frère joue à la Pontoise ULR (NM2), est-ce qu’il te demande des conseils ?

 

J’essaye de lui transmettre certains conseils oui. Déjà, le premier a été de le faire revenir dans le bon côté de la force en reprenant le basket et en arrêtant le foot (Rires). Quand on se voit, en famille, on est très content de se raconter nos vies. Forcément, on parle un peu de basket, on joue beaucoup en un-contre-un sur le panneau familial, même encore aujourd’hui quand on arrive à se croiser.

 

Et qui l’emporte au un-contre-un ?

 

 

C’est moi le plus fort, il n’y a pas de débat ! (Rires)

 

Comment as-tu été repéré par la Chorale de Roanne ?

 

 

J’ai commencé à Savigneux, puis j’ai été au CASE à Saint-Etienne pour partir vers le Pôle Espoir par la suite. Roanne me voulait pour jouer en minimes France mais j’étais parti pour le CASE. Quand je suis monté en cadet, la Chorale est revenue vers moi. Signer à Roanne, pour mes parents et moi c’était la meilleure option possible. J’ai intégré une famille d’accueil que je connaissais bien, la famille Chapuis. C’était forcément plus simple pour moi. C’est l’un des premiers clubs pros qui est venu me chercher même si j’avais des contacts avec Chalon, Cholet ou Orléans. Je n’étais pas prêt à quitter mon cocon familial.

 

Imaginais-tu un début de carrière dans la Loire ?

 

 

Non, pas spécialement. Mon premier objectif était de pouvoir progresser et de devenir professionnel. Mes premiers coachs m’ont pris sous leurs ailes puis une personne comme Raphaël Gaume m’a lancé avec les pros en championnat de Pro B. Récemment, Max Boire et Jordan Bernard m’ont fait progresser et Laurent Pluvy m’a fait me responsabiliser. Maintenant, Jean-Denys Choulet me fait confiance et me pousse à être meilleur.

 

Pourrais-tu nous expliquer, selon toi, la méthode Choulet ?

 

 

Sportivement, JDC est un coach qui aime l’attaque, le beau jeu. Il ne faut pas refuser de shoot ouvert, c’est un amoureux du basket. Humainement, c’est quelqu’un qui dit les choses cash quand il le faut. Je préfère avoir un coach qui me rentre dedans quand ça ne va pas. C’est quelque chose que j’apprécie.

 

Quelle relation entretiens-tu avec le public roannais ?

 

 

Pour moi c’est une bonne relation que l’on a ensemble. Les gens savent que j’aime faire lever la salle. Sentir les gens qui poussent derrière nous c’est magique. Ce qui est bien à Roanne, c’est qu’il y a toujours un retour. Les supporters sont toujours derrière nous. 

 

Quels ont été les sentiments que tu as pu ressentir à l’instant où ton club, Roanne, a validé sa montée en Jeep Elite ?

 

 

C’était un peu un aboutissement. Je n’étais pas encore pro quand on est descendu, et j’ai bien compris que c’était une grosse déception pour le peuple roannais. Dans les esprits, on surfait encore sur l’épopée de 2007. La descente en Pro B a fait beaucoup de mal à Roanne. Mais pouvoir être dans l’équipe qui a réussi à remonter le club là où il doit être c’est une fierté pour un gars comme moi. C’est un moment de grand bonheur après des années de galère.

 

 

Tu as pratiquement tout connu avec la Chorale, quels objectifs parviens-tu à te fixer pour la suite de ta carrière ?

 

Je veux m’installer dans l’effectif à court terme, évidemment. Après, je souhaite perdurer en Jeep Elite, que ce soit à Roanne ou ailleurs.

 

Quelles sont tes attaches au département ?

 

 

Je suis né à Montbrison et je suis très famille. Elle est toujours restée dans la Loire et c’est plus simple pour moi puisque la famille est très importante à mes yeux. La région roannaise est très riche.

 

Nous vivons une période spéciale depuis un an, quelle est ta vision de la situation d’un point de vue de joueur professionnel ?

 

 

Au quotidien, ça ne change pas beaucoup. On a le droit de s’entraîner normalement et faire comme si de rien n’était. Le huis clos est compliqué. Surtout à Roanne, je ressens le manque du public. 5000 personnes ça peut faire la différence. On espère aller au bout de la saison mais nous sommes un peu dans le flou.*

* Depuis l’entretien, la LNB a validé le projet pour terminer la saison de Jeep Elite.

 

Tu es proche du basket amateur, comment vis-tu la situation compliquée des clubs roannais ?

 

 

J’essaye de me mettre à leur place et j’ai du mal à imaginer la situation. Être coupé de sa passion du jour au lendemain, c’est difficile. Quand on voit en plus dans notre société des endroits où les gens se regroupent et que les clubs amateurs, qui peuvent être assez pros pour le respect des règles, ne peuvent pas jouer, c’est frustrant. Surtout pour les plus jeunes. Le sport est une manière de se dépenser. Espérons que cela n’influe pas sur les prochaines générations.

 

Crédit photo : Chorale de Roanne