Arrivés début novembre à Andrézieux-Bouthéon, la délégation Fidjienne, prenait ses marques pour disputer la Coupe d’Automne des Nations. Suite à de nombreux cas de Covid-19, leur séjour se soldera par trois défaites (sans jouer) face à la France, l’Italie et l’Ecosse. L’occasion pour le RC Andrézieux-Bouthéon de recevoir une sélection internationale et de se projeter pour en accueillir une autre pour la Coupe du Monde 2023. Éric Trouillet, président du RCAB, nous en dit plus sur la venue des Fidjiens dans la Loire.

Comment s’est passée la rencontre avec le sélectionneur des Fidji, Vern Cotter ?

C’est quelqu’un de connu et d’apprécié dans la région puisqu’il a entraîné et mené l’ASM Clermont-Auvergne à son premier titre de champion de France de rugby. Pour l’anecdote, la tribune couverte de notre stade (Roger Baudras) porte le nom d’un de ses anciens joueurs, le troisième ligne Julien Bonnaire. Vern Cotter est une personne d’une grande humilité, calme, bien qu’il en impose par sa carrure. Lorsque son équipe est arrivée au stade pour son premier entraînement, il est venu spontanément prendre le café à la buvette du stade, avec les quelques responsables du club présents. On a discuté, il nous a félicité et remercié pour les installations, la pelouse. On a évoqué son long passage à Clermont bien sûr. Il a éclaté de rire lorsque je lui ai dit que, Varois de naissance, mon club préféré était le RC Toulon ! Ensuite, on l’a laissé tranquille. Il a tout un staff autour de lui et on sent bien que c’est le « boss ». Je pense qu’il doit être pas mal contrarié par l’épidémie de Covid-19 qui s’est répandue parmi ses troupes (une trentaine de cas qui ont empêché les Fidji de disputer leurs trois matches contre la France, l’Italie et l’Ecosse).

Comment se prépare l’accueil d’une sélection nationale au RCAB ?

C’est beaucoup de travail, de réunions, de mails et de coups de téléphone pour coordonner et satisfaire aux demandes de la Fédération Française de Rugby, de World Rugby et de la sélection Fidjienne. C’était une expérience nouvelle pour nous, mais très enrichissante car ça permet de mieux connaître les rouages d’une telle organisation. On apprend forcément de tout cela. En plus, c’est une bonne chose pour l’image de notre club, même si les médias nationaux ont guère évoqué la ville d’Andrézieux et le stade Baudras comme camp de base des Fidjiens, La Charpinière à Saint-Galmier comme lieu d’hébergement, alors que les Fidji sont là pour un mois. Il est certain que l’épidémie de Covid-19 et le fait qu’ils ne jouent pas a freiné l’intérêt médiatique pour cette équipe pourtant si spectaculaire. L’accueil de cette sélection est un banc d’essai dans la perspective d’en recevoir une lors de la coupe du monde en France en 2023. C’est notre objectif.

Comment le contact s’est-il fait avec la sélection Fidjienne ?

Par l’intermédiaire de la Fédération Française de Rugby qui nous a choisi comme camp de base parmi plusieurs candidatures. Les responsables de la ville d’Andrézieux, en particulier, se sont investis et ont mené des négociations serrées pour faire en sorte de répondre au cahier des charges assez drastique des organisateurs de cette Coupe d’Automne des Nations. Une toute nouvelle compétition, créée pour se substituer aux tests matches automnaux dans l’hémisphère Sud qui n’ont pu se dérouler en raison de l’épidémie.

Quelles sont les conditions pour pouvoir accueillir une équipe internationale ?

Elles sont très nombreuses. C’est le haut niveau et le moindre détail compte, on a pu le vérifier. La délégation Fidjienne compte 44 membres et tout est programmé. Sauf que le Covid-19 est venu s’en mêler. C’est dommage car au niveau du club, nous avons veillé, avec entre autres le nettoyage quotidien des vestiaires et de la salle de musculation, au respect des conditions sanitaires exigées. Au niveau infrastructures, nous ne sommes pas mal équipés avec des vestiaires fonctionnels, un club house, une pelouse gazonnée, une autre synthétique, un autre espace vert pour organiser des ateliers. Par ailleurs, il a été nécessaire d’installer un grand chapiteau aux abords de la pelouse qui a servi de salle de musculation. Du matériel spécifique pour les exercices a été installé. En revanche, les joueurs ne se sont pas douchés au stade mais à leur hôtel. Il leur a fallu deux bus pour les transporter afin de respecter la distanciation sociale. Côté terrain, des jougs (machines pour travailler les mêlées) ont été livrés et installés ainsi que du matériel (boucliers, gilets de protection, harnais de résistance, etc.) qui a été mis à disposition des rugbymen fidjiens. Leurs séances ont été filmées par un drone. Nos coaches, Clément Vidal et Matthieu Llari, ont pu en suivre certaines du haut de la tribune et ont été impressionnés par le rythme, l’intensité, la précision des joueurs. Je le redis, c’est dommage que le Covid ait perturbé leur séjour. Nos licenciés, nos éducateurs n’ont guère pu profiter de leur présence jusqu’à présent.

 

Crédit Photo : Léana Verrière