À seulement 18 ans, Neela Lengue Te a offert à l’Andrézieux-Bouthéon Badminton Club le premier titre de championne de France de son histoire (U19). Une consécration pour la jeune joueuse, mais aussi pour tout un club formateur. Philippe Solage, vice-président de l’ABBC, revient sur son parcours, son départ et l’héritage qu’elle laisse derrière elle.
Neela Lengue Te vient de décrocher le premier titre de championne de France de l’histoire du club. Que représente ce sacre pour l’ABBC ?
Philippe Solage : C’est une immense fierté. Au-delà du titre en lui-même, c’est tout le travail réalisé depuis la création du club qui est récompensé. En décembre, Neela avait déjà été sélectionnée en équipe de France jeunes, sacrée championne d’Europe par équipes et vice-championne de France en individuel. Ce nouveau titre confirme qu’elle fait partie des meilleures joueuses françaises de sa génération. Pour le club, c’est une visibilité exceptionnelle. Les jeunes licenciés voient qu’il est possible de réussir en partant d’Andrézieux-Bouthéon, nos partenaires constatent que leur soutien porte ses fruits et la commune est naturellement fière de voir un de ses clubs rayonner au niveau national.
Vous la connaissez depuis ses débuts. Comment décririez-vous la joueuse qu’elle est devenue ?
Neela est une joueuse pétrie de talent. Elle possède un physique hors norme qui lui permet souvent de faire la différence dans les moments importants. Mais ce serait réducteur de ne parler que de ses qualités athlétiques. Elle a énormément progressé techniquement au fil des années et continue de travailler chaque détail de son jeu. Ce qui me marque le plus, c’est sa capacité à s’élever son niveau lorsque la pression augmente. Beaucoup de joueurs savent bien jouer à l’entraînement. Les grands compétiteurs, eux, répondent présents quand il faut gagner. Neela fait partie de cette catégorie. Elle est discrète en dehors du terrain, mais une fois la rencontre lancée, elle ne se laisse jamais impressionner, quel que soit son adversaire.
La saison prochaine, elle quittera pourtant l’ABBC. Comment vivez-vous ce départ ?
Avec beaucoup de fierté. Bien sûr, nous aurions aimé la conserver, mais notre rôle est aussi de permettre à nos meilleurs éléments d’aller le plus loin possible. On a grandi ces dernières années, mais pas suffisamment pour conserver un talent comme Neela. Pour poursuivre sa progression, elle a besoin d’un environnement encore plus adapté au très haut niveau. Elle rejoindra le BACO Badminton Sud Lyonnais avant d’intégrer le pôle France. C’est une étape logique dans sa carrière. Évidemment, il y a un peu de nostalgie lorsqu’une joueuse que l’on a vue grandir s’en va, mais il n’y a surtout aucune frustration. Son parcours est une réussite pour elle comme pour le club.
Son départ est-il aussi une reconnaissance du travail de formation réalisé à l’ABBC ?
Complètement. Lorsqu’un joueur rejoint une structure de très haut niveau, cela signifie que les bases ont été solides. Nous avons accompagné Neela pendant de nombreuses années et nous sommes heureux de voir qu’elle peut désormais franchir un nouveau cap. C’est aussi un message fort pour tous les jeunes du club. Ils voient qu’en travaillant sérieusement, il est possible d’accéder au plus haut niveau. Notre mission est de former, d’accompagner et de donner envie. Avec Neela, nous avons un magnifique exemple.
Que peut-on lui souhaiter pour la suite de sa carrière ?
Qu’elle atteigne ses objectifs. Le simple est vraiment sa spécialité et son classement, avec une 25e place française alors qu’elle est encore junior, montre déjà son potentiel. La saison prochaine sera sa dernière chez les jeunes avant de rejoindre définitivement les seniors. Je lui souhaite évidemment d’intégrer l’équipe de France senior. Elle possède toutes les qualités pour y parvenir : le physique, la technique, le mental et une énorme capacité de travail. Il lui faudra encore acquérir de l’expérience, mais je suis convaincu qu’elle continuera à progresser. Et surtout, je lui souhaite de prendre du plaisir et d’aller chercher encore beaucoup de titres.


