Au-delà d’un problème de santé du sportif, la commotion cérébrale de par sa méconnaissance, est un véritable problème de santé publique.

La commotion cérébrale a longtemps été assimilée et reconnue à travers sa manifestation la plus spectaculaire et donc la plus connue : Le KO, c’est-à-dire la perte de connaissance. Mais la commotion cérébrale présente une diversité de manifestations beaucoup plus nombreuses qui en fait toute sa complexité et explique la difficulté à la reconnaître pour permettre de limiter ses effets sur la santé du sportif. Lorsque la tête reçoit un choc, le cerveau qui est libre dans la boîte crânienne (il est seulement retenu dans sa partie inférieure par le tronc cérébral) subit un ébranlement qui fait qu’il va littéralement rebondir sur les os à l’intérieur du crâne.

Cet ébranlement et ces chocs vont provoquer des modifications chimiques des cellules du cerveau produisant un véritable orage à l’intérieur de celui-ci. Les conséquences immédiates peuvent être le fameux KO avec perte de connaissance, une crise convulsive ou un trouble de l’équilibre mais aussi des symptômes plus minimes comme une confusion temporaire ou un simple mal de tête. Le plus souvent ces signes sont fugaces, mal perçus par l’entourage ou le sportif lui-même et c’est ce qui fait toute la gravité de la commotion cérébrale car souvent elle sera négligée. Le véritable danger vient de sa répétition et en particulier sur des cerveaux d’enfants ou d’adolescents en pleine formation (on estime que la maturité du cerveau est atteinte vers l’âge de 20 ans).

“Il faut interdire la pratique des têtes en catégories jeunes”

Nous connaissons tous les maladies dégénératives du cerveau telle que la maladie de Parkinson, ou la maladie d’Alzheimer : la répétition des commotions cérébrales peut faire le lit de ces maladies à long terme tel qu’il a été démontré il y a déjà plus de dix ans par les études faites dans le football américain. Mais bien avant l’apparition de ces maladies la répétition des commotions peut entraîner des complications dramatiques telle l’encéphalopathie post-traumatique. Tous les sports peuvent être impactés et leur pratique devra être adaptée afin de limiter les conditions favorisant l’apparition de commotion. Au football il faut absolument INTERDIRE la pratique des têtes dans les catégories jeunes: chacune d’elle, même de faible intensité, est une véritable commotion ! Au rugby l’apprentissage du placage est fondamental pour prévenir les commotions et l’évolution des règlements va également dans ce sens. Malheureusement et vous l’avez compris le port du casque ne prévient rien si ce n’est d’éventuelles plaies.

Dans TOUS les sports , les chutes avec traumatisme crânien et en particulier chez le jeune pratiquant devront êtres considérées comme une commotion et jugées en fonction de ses conséquences éventuelles.

 

Vincent Cavelier