C’est une nouvelle qui a provoqué une véritable onde de choc dans le paysage ligérien, juste après Noël. Pierre Vacher, “Pierrot” pour tous ceux qui ont croisé sa route, et nous sommes nombreux, s’est éteint au matin du 30 décembre, à l’âge de 71 ans, laissant derrière lui un immense vide.
Il y a des annonces que l’on refuse d’accepter. Des noms que l’on n’imagine pas au passé. Pour beaucoup d’entre nous, Pierrot faisait partie du décor, de ces visages familiers que l’on pense éternels. Sa disparition a laissé un vide immense, à la hauteur de l’attachement qu’il suscitait, bien au-delà des frontières ligériennes. En retraçant sa vie, on comprend vite pourquoi.
Un professeur et un guide pour les jeunes
Les rencontres ont toujours été au cœur de son quotidien. Dans son parcours professionnel d’abord, où il fut un professeur apprécié, respecté, souvent marquant. Après la vingtaine, il quitte la région roannaise pour Dieppe, en Normandie, avant de revenir en 1980 s’installer à Saint-Romain-la-Motte, son point d’ancrage, son chez-lui. Son aventure avec l’Éducation nationale s’achève en 2016, une année qui restera particulière pour lui.
Son histoire avec le basket est tout simplement incroyable. Rarement quelqu’un n’aura autant donné pour un sport, avec autant de constance et de sincérité. Pierrot a tout connu, tout vécu. Des bancs du Coteau à ceux de Riorges, de Feurs et un poste de directeur sportif à la Chorale de Roanne, il connaissait le basket roannais comme personne. Et il l’aimait profondément. Son engagement dépassait largement le cadre du terrain. Président de la Commission Technique de la Ligue AURA de basket, ancien membre actif de la Ligue du Lyonnais et du Comité de la Loire, Pierrot était de ceux sur qui on pouvait toujours compter. Et avant d’être dirigeant, il avait aussi été joueur, jusqu’au niveau N3, avec la même passion, la même humilité.
Une marque indélébile sur le basket roannais
Son empreinte restera durable. En 2002, il réunit les équipes féminines de Roanne, Riorges et Le Coteau pour créer “L’Union Loire Nord Le Coteau-Riorges”. Une initiative fondatrice, qui donnera naissance à l’un des plus grands projets de sa vie : le Roannais Basket Féminin. Co-président du club créé en 2015 aux côtés d’Éric Leclerc, il a tout donné pour les Pink Ladies. Comment ne pas repenser à cette Halle Vacheresse comble, à ces près de 5 000 personnes debout pour célébrer le titre de champion de France NF1 en 2016 ? Comment oublier Bercy et ce Trophée Coupe de France ? Ces instants font désormais partie de l’histoire, et de nos souvenirs communs. Fervent défenseur du basket féminin, et plus largement du sport féminin, Pierrot a aussi connu la douleur de voir disparaître le RBF en 2025, après dix années d’une aventure humaine et sportive exceptionnelles.
Un homme de passions
Pierrot, c’était aussi un passionné d’écriture. Pendant près de 30 ans, pour les colonnes du quotidien Le Progrès, il arpentait les événements sportifs locaux, toujours discret, toujours fiable. Plus qu’un pigiste, c’était un homme de confiance, de cœur, qui parlait avec affection notamment du cyclisme et du CR4C Roanne, un club qui lui tenait particulièrement à cœur.
Mais Pierrot, c’était avant tout un homme entouré des siens. Isabelle, son épouse, Clément et Pauline, ses enfants, et ses six petits-enfants, dont il parlait souvent avec fierté, lors de ses passages dans notre bureau de Parlons Sports. Il savait recevoir, aussi, dans sa maison de Saint-Romain-la-Motte, où il évoquait avec tendresse ses animaux, auxquels il était profondément attaché. Au-delà de ses engagements, et comme l’ont si bien écrit nos confrères du Progrès, Pierrot aimait la vie. Il aimait partager, transmettre, écouter. Sa bienveillance n’était jamais de façade. Il savait trouver les mots justes, ceux qui rassurent, qui encouragent, qui rassemblent. Aujourd’hui, c’est cette présence-là qui nous manque le plus.
Merci pour tout. Au revoir, Pierrot.


