C’est à bord du nouveau Suzuki e Vitara, mis à disposition par notre partenaire Bougault SA, que nous avons rencontré Lyndsey Thomas. Championne du monde 2025 de kickboxing, elle a inauguré pour Parlons Sports Loire ce nouveau format d’interview, en mouvement, sur les routes de Saint-Étienne.
On est aujourd’hui à bord du Suzuki e Vitara. Toi qui es sportive de haut niveau, quel regard tu portes sur le véhicule électrique, notamment en termes de confort ?
Lyndsey Thomas : Franchement, je trouve ça plutôt intéressant. Le véhicule électrique apporte un vrai confort, surtout avec le silence et la fluidité de conduite. Quand tu enchaînes les journées comme moi, entre entraînements et déplacements, c’est agréable d’avoir quelque chose de plus apaisant. Et puis il y a aussi le côté plus respectueux de l’environnement, qui compte aujourd’hui. Même si la voiture reste avant tout un outil dans mon quotidien, je vois clairement les avantages de l’électrique et je trouve que ça va dans le bon sens.
Tu sors justement d’un gros moment dans ta carrière avec ce titre intercontinental. Est-ce que tu peux nous replonger dans ce combat ?
Oui, c’était très récent, la semaine dernière. J’ai combattu pour un titre intercontinental dans la fédération WKN. C’est une opportunité que j’ai eue après avoir remporté le titre de championne d’Europe l’an dernier. Mon adversaire était une combattante d’Argentine, donc il y avait un vrai défi. Le combat a eu lieu à Alès, en co-main event, avec une vraie attente autour. On était sur un format en cinq rounds de trois minutes, ce qui change vraiment des combats classiques. C’était un affrontement très engagé, avec une adversaire dure, résistante, qui ne lâchait rien. On a vraiment proposé un combat intense, avec du niveau des deux côtés, et ça s’est ressenti dans l’ambiance aussi.
« LE SUCRE ME MANQUE CLAIREMENT. LE CHOCOLAT SURTOUT (RIRES) »
Qu’est-ce que tu ressens dans un combat comme celui-là, où le niveau est très équilibré ?
C’est là que c’est le plus intéressant. Quand il y a un vrai répondant en face, tu es obligée de t’adapter en permanence. Tu réfléchis, tu ajustes, tu changes de stratégie en fonction de ce qui se passe. Mentalement, c’est très stimulant. Et puis il y a aussi cette satisfaction de proposer un vrai spectacle, quelque chose de propre, de construit.
Ce format en cinq rounds demande une gestion différente ?
Oui, complètement. Sur trois rounds, on peut imposer un rythme très élevé dès le départ. Sur cinq, ce n’est pas possible. Il faut construire son combat, gérer son énergie, choisir ses moments. Il y a une vraie dimension tactique. Si on part trop vite, on le paye forcément sur les derniers rounds.
Comment tu prépares ce type d’échéance en amont ?
On a fait une préparation sur environ un mois et demi. On a vraiment axé le travail sur l’endurance, la gestion de l’effort et l’adaptation à ce format long. Mais la préparation, ce n’est pas que l’entraînement. Il y a aussi toute l’hygiène de vie autour. Comme je combats en moins de 53 kilos, alors que mon poids naturel est plus élevé, je dois faire très attention à mon alimentation.
Cette gestion du poids, c’est une contrainte importante ?
Oui, ça fait partie du sport. Il faut être rigoureuse. On met en place une diète adaptée, avec des restrictions. Ce n’est pas toujours évident, surtout sur la durée.
Qu’est-ce qui te manque le plus dans ces moments-là ?
Le sucre, clairement (rires). Le chocolat surtout. Je ne suis pas forcément très bonbon, mais tout ce qui est dessert, c’est compliqué de s’en passer. Après, j’ai la chance d’être bien entourée, donc on arrive à garder un petit équilibre pour éviter les frustrations trop fortes.
Ton entourage joue un rôle important dans cette phase ?
Oui, énormément. À la maison, on s’adapte. Avec mon compagnon Hugo, on a souvent des échéances en même temps, donc on fait les diètes ensemble. On mange pareil, avec des quantités différentes. Ça aide beaucoup, parce qu’on se comprend et on avance ensemble. Même en dehors des périodes de compétition, il y a toujours ce soutien.
Qu’est-ce qui te plaît le plus dans le combat aujourd’hui ?
La stratégie. J’aime vraiment cette idée de toucher sans se faire toucher. C’est presque un jeu d’échecs en mouvement. J’ai une boxe assez défensive, réfléchie. Et puis, comme je travaille dans le soin, j’ai aussi cette conscience de l’intégrité physique. Je sais qu’une carrière se construit sur la durée, donc il faut savoir se préserver. Le chaos peut arriver, mais ce n’est pas forcément l’objectif principal.
Les sports de combat féminins évoluent, mais restent encore minoritaires. Quel regard tu portes là-dessus ?
Je trouve qu’il y a une vraie progression, surtout chez les jeunes. On voit de plus en plus de filles dans les clubs. Dans certains groupes, on atteint presque 40 % de féminines. C’est énorme par rapport à mes débuts. Par contre, au niveau des compétitions, il y a encore un écart. Sur certaines soirées, il y a très peu de combats féminins. Donc ça avance, mais il faut continuer à pousser.
On te surnomme la princesse du ring. D’où vient ce contraste ?
C’est un mélange de mon éducation. Mon père était très orienté performance, exigence, rigueur. Ma mère, au contraire, tenait à ce que je garde une part de féminité. Elle faisait attention à mes tenues, à mon apparence pour les combats. Ce contraste a donné ce surnom, qui me correspond bien.
Comment tu construis ta carrière aujourd’hui, notamment ton calendrier ?
C’est surtout mon père qui gère cet aspect-là. Il a un rôle de manager. Aujourd’hui, avec les titres que j’ai obtenus, je suis davantage sollicitée. Mais chez les féminines, les opportunités restent limitées, donc il faut faire les bons choix. Personnellement, je privilégie la qualité. Je préfère boxer moins souvent, mais sur des combats importants, plutôt que d’enchaîner.
Le haut niveau, c’est aussi une forme d’isolement ?
Oui, notamment à cause du rythme de vie et des contraintes alimentaires. On ne peut pas toujours suivre les autres socialement. Mais j’ai la chance d’avoir un entourage très compréhensif. Ma famille a toujours été très présente, très bienveillante.
Ton club, “Né pour combattre”, a une dimension particulière. Quel est son rôle ?
C’est un club très engagé, avec une vraie dimension associative et solidaire. On mène des actions pour différentes causes, notamment pour les enfants malades. Ça crée une vraie dynamique autour du club et de la ville. On sent que les gens suivent, qu’il y a une vraie implication.
Cette solidarité, c’est ce qui définit le club ?
Oui, complètement. Et ça se ressent aussi dans le groupe. On est très soudés. Les victoires et les défaites sont partagées. Il y a une vraie cohésion, un esprit collectif fort.
Quel conseil tu donnerais à une jeune fille qui hésite à se lancer ?
D’oser, simplement. De franchir la porte d’un club et d’essayer. Les sports de combat apportent énormément, en confiance, en valeurs, en rencontres. Et pour les parents, il faut savoir que la pratique est encadrée, progressive, sécurisée.
Tu es aussi ostéopathe. Comment tu arrives à gérer ce double projet ?
C’est un rythme intense. Après une première année de médecine, je me suis réorientée vers l’ostéopathie. Aujourd’hui, j’ai mon cabinet et je continue le sport de haut niveau. Il faut être organisée, rigoureuse, mais c’est un équilibre qui me correspond.
Avec le recul, est-ce que tu referais les mêmes choix ?
Oui, sans hésiter. Il y a eu des sacrifices, surtout à l’adolescence, mais aujourd’hui, quand je vois le parcours et les objectifs atteints, je sais que ça en valait la peine. Je n’ai aucun regret.
Dernière question, une passion qu’on ne soupçonne pas forcément ?
Les jeux de société. J’adore ça. J’en ai une grosse collection et j’y joue souvent avec mes proches. Il y a toujours ce petit côté compétition qui ressort, même en dehors du ring.


