Notre expert Pierre VERNIN, Kinésithérapeute du sport, Kiné de la Chorale de Roanne et du Roanne Hockey
Le corps d’un enfant réagit-il différemment à l’effort par rapport à celui d’un adulte ?
En effet, l’enfant n’est pas un adulte en miniature. Son squelette en croissance nécessite une vigilance particulière sur les volumes d’entraînement dans la pratique sportive. Il existe également quelques différences sur l’utilisation des ressources énergétiques chez l’enfant, ce qui explique qu’ils sont davantage endurants qu’explosifs et qu’ils récupèrent plus vite entre les exercices.
Quel rôle jouent l’échauffement, les étirements et la récupération chez les enfants et les adolescents ?
L’échauffement est essentiel pour préparer le corps et diminuer le risque de blessure. C’est d’ailleurs un excellent moment pour travailler la coordination, l’équilibre et les gestes techniques. En ce qui concerne les étirements, on privilégie des mouvements dynamiques. Pour moi, la récupération est la partie indispensable. Le sommeil est essentiel pour avoir la chance de voir son enfant s’épanouir en sécurité dans son sport. Un enfant désirant faire du sport intensément doit viser 10 à 12 heures de sommeil.
Quelles sont les blessures les plus fréquentes chez les jeunes sportifs et comment peut-on les prévenir ?
Chez les jeunes sportifs, les blessures les plus fréquentes outre les fractures sont les entorses et les blessures liées à la croissance (genou, tendon d’Achille), souvent favorisées par un surmenage. La meilleure prévention consiste à adapter les charges de travail, travailler les différents schémas psychomoteurs et leur coordination. La récupération est également incontournable, ne jamais ignorer une douleur qui persiste. Un enfant doit pouvoir pratiquer son sport en se développant, pas en s’usant.
Comment distinguer une simple douleur liée à la croissance d’une douleur qui doit amener à consulter ?
Chez l’enfant, une douleur persistante n’est jamais à banaliser. Une douleur localisée, qui provoque une boiterie, un gonflement ou empêche l’enfant de faire son sport normalement mérite une consultation. En revanche, les douleurs de croissance qui ont tendance à s’estomper après l’échauffement sans changer les attitudes de l’enfant au cours de l’activité n’en nécessitent pas.
Quels conseils donneriez-vous aux parents pour permettre à leur enfant de pratiquer un sport avec plaisir, tout en protégeant son corps en pleine croissance ?
Je dirais aux parents de mettre le plaisir avant la performance. La plus belle victoire d’un parent devrait être de voir son enfant s’épanouir dans son sport. Pour moi, le chemin, la priorité n’est pas de fabriquer un champion le plus vite possible, mais de construire un adulte qui aimera bouger toute sa vie.
La spécialisation dans un seul sport dès le plus jeune âge est-elle une bonne idée ou vaut-il mieux varier les activités ?
De manière générale, il est préférable que les enfants pratiquent plusieurs activités plutôt que de se spécialiser très tôt dans un seul sport. La diversification permet de développer des qualités motrices variées – l’équilibre, la coordination, l’agilité, la force – qui seront bénéfiques quel que soit le sport choisi par la suite. Je pense que la spécialisation très précoce ne concerne que les disciplines où les athlètes doivent performer très jeune (gymnastique). Je pense qu’il faut former d’abord un enfant athlétique avant de former un spécialiste.


