Crédit photo : Shootilde
L’Écossais a débarqué fin juin dans le Forez pour diriger son premier entraînement avec les Verts. Il y a quelques semaines, c’était la surprise du chef quand son nom est apparu officiellement pour le banc stéphanois. Voici quelques éléments à connaître sur Ian Cathro, le nouveau coach de l’ASSE.
Mardi 30 juin, dans le costume du nouvel entraîneur de l’AS Saint-Étienne, Ian Cathro a commencé par quelques mots en français. Une manière simple de tendre la main à son nouvel environnement. Très vite, l’Écossais a ensuite basculé en anglais pour répondre aux journalistes. Le message était clair, il veut apprendre vite, comprendre vite, mais ne pas tricher avec les mots. À Saint-Étienne, Ian Cathro n’arrive pas dans le Forez avec le CV classique du technicien français habitué aux joutes de Ligue 2. Il l’a reconnu sans détour, il ne connaît pas encore le championnat en profondeur. Mais il sait où il met les pieds. Lors de sa présentation, il a raconté avoir découvert l’ASSE plus jeune, à l’occasion d’une visite du musée d’Hampden Park, à Glasgow, antre de la finale de Coupe d’Europe 1976 perdue par les Verts. Dans un club qui avec sa mémoire autant qu’avec son présent, le clin d’œil a forcément une résonance.
UN PARCOURS HORS DES SENTIERS BATTUS
Né à Dundee, Ian Cathro a très tôt compris que son avenir serait sur un terrain, mais pas forcément crampons aux pieds. Freiné dans son parcours de joueur par une blessure, il s’est tourné très jeune vers l’entraînement, au point de créer dès l’adolescence sa propre structure, la Cathro Clinic, pensée autour du développement technique et de la progression individuelle. Là où beaucoup d’entraîneurs se construisent après une longue carrière de joueur, lui s’est bâti par l’observation et une obsession pour le détail. Son parcours prend ensuite une dimension internationale. Après un passage dans la formation à Dundee United, il rejoint le Portugal et intègre le staff de Nuno Espírito Santo à Rio Ave. L’expérience est fondatrice avec deux finales de coupes nationales, une qualification européenne historique pour le club, et le début d’un compagnonnage qui va l’emmener dans plusieurs championnats. À Valence, Newcastle, Wolverhampton, Southampton, Tottenham puis Al-Ittihad, Cathro se forme dans des vestiaires de haut niveau, au contact d’exigences et de cultures footballistiques très différentes. Longtemps adjoint, rarement exposé en première ligne, le technicien écossais n’arrive pas non plus sans zones d’ombre. Sa première expérience de numéro un, à Hearts, avait été rapidement écourtée. Elle appartient à son passé, mais elle rappelle que le rôle principal n’a rien à voir avec celui d’adjoint. C’est à Estoril, depuis 2024, qu’il a commencé à répondre à cette question.
ESTORIL, LABORATOIRE GRANDEUR NATURE
Au Portugal, Ian Cathro a pris en main un club habitué à regarder derrière lui. Deux saisons plus tard, Estoril a terminé neuvième fois dans le Top 10 de Primeira Liga, 8e puis 10e. C’est aussi cette expérience récente qui a convaincu l’ASSE de lui confier les clés d’un championnat délicat. Car Saint-Étienne n’a pas seulement changé d’entraîneur. Le club change encore d’époque. Après l’échec de la remontée en Ligue 1, la frustration reste présente. Cathro le sait, son arrivée sera jugée à l’aune des résultats, mais aussi de la capacité des Verts à afficher enfin une direction claire. Le club a parlé d’identité, de développement des joueurs, d’exigence quotidienne. Des mots souvent utilisés dans le football moderne, mais qui devront rapidement se traduire sur le terrain. Lors de sa présentation, l’Écossais n’a pas promis la montée comme on coche une case. Quand la question de l’objectif lui a été posée, il a préféré parler de “bases solides”, de progression et de travail. À l’ASSE, la Ligue 1 reste évidemment l’horizon. Mais le nouvel entraîneur veut d’abord installer un cadre, une méthode, une équipe qui sache ce qu’elle veut faire. Cette approche peut frustrer ceux qui attendent un discours conquérant immédiat. Elle peut aussi être le signe d’un entraîneur qui mesure l’ampleur de la tâche.
UN STAFF POUR L’ACCOMPAGNER
Pour mener ce projet, Ian Cathro ne débarque pas seul. Bryant Lazaro, son adjoint à Estoril, l’accompagne dans le Forez. L’Américain parle couramment français, un atout précieux dans les premières semaines. David Le Moël, également venu d’Estoril, aura notamment un rôle tourné vers l’analyse vidéo. Enfin, Eliquim Mangala, ancien international français et ancien joueur des Verts, met fin à sa carrière pour intégrer le staff professionnel. Sa connaissance du très haut niveau, mais aussi du club, peut servir de relais important auprès du vestiaire. Reste maintenant le terrain. Ian Cathro doit avoir hâte de découvrir “le meilleur public de France” et promet de “travailler dur” pour son équipe. Saint-Étienne veut des actes, une ligne, une équipe qui progresse et un groupe capable d’assumer le poids du maillot. Son nouvel entraîneur n’est pas le nom le plus évident pour ceux qui rêvaient d’un spécialiste de la Ligue 2. À lui de faire de ce pari écossais une évidence stéphanoise.


