Derrière l’immense champion qu’est devenu Kevin Mayer se cache un passage clé entre la Drôme et l’Ardèche.

Né à Argenteuil, en région parisienne, le petit Kévin va grandir dans le département de la Drôme, à La Roche-de-Glun. Il découvre le milieu de l’athlétisme dans le club de Tain-Tournon, à la frontière drômardéchoise. Rapidement, le garçon devient un athlète qui progresse et qui tape la porte du haut niveau. C’est en décathlon que l’adolescent va se démarquer, après avoir fait toutes ses gammes dans la région. Kévin Mayer rejoint alors le sud de la France et Montpellier pour poursuivre sa route. Cela ne l’empêche pas de garder de très bons souvenirs de sa période en Drôme-Ardèche. “Moi, je me suis toujours senti drômardéchois ! J’habite à La Roche de Glun, c’est vraiment la frontière entre les deux départements” expliquait le vice-champion olympique 2021 à France Bleu.

Un stade porte son nom en Ardèche

De ces terrains ardéchois jusqu’au toit du monde avec un record mondial toujours en cours, le décathlonien est devenu aujourd’hui l’un des sportifs préférés des Français. Il était d’ailleurs revenu sur Valence en 2017 après son titre de champion du monde où les locaux lui avaient préparé une belle fête pour son retour au pays. Puis, en 2019, il a été reçu par les institutionnels à Tournon-sur-Rhône où le stade municipal porte désormais son nom. Plus que jamais, Kévin Mayer reste étroitement lié au panthéon de l’histoire sportive ardéchoise.

Une “remontada” incroyable à Tokyo

Il se savait très attendu, il n’a pas déçu. Avec un an de retard, les Jeux de Tokyo se sont offerts comme une très belle occasion de briller pour Kévin Mayer. L’ancien pensionnaire du club de Tain-Tournon s’est présenté au Japon avec la ferme intention d’aller décrocher un premier titre olympique sur l’épreuve du décathlon, cinq ans après la médaille d’argent obtenue à Rio. Tout commence plutôt bien pour le Français qui réalise d’abord un chrono correct sur 100 mètres (10’68s). Après la deuxième épreuve, le saut en longueur, Kévin Mayer pointe déjà à 321 points du leader, le Canadien Warner. C’est après le lancer de poids que tout va basculer. En larmes, le champion du monde 2017 explique à la presse que le rendez-vous de sa vie est totalement gâché. En cause, un problème de dos qui l’handicap fortement.

Au bord du gouffre, c’est à ce moment-là que l’âme du gagnant renaît. Dans la première nuit, au saut en hauteur et sous anti-inflammatoires, il remonte à la quatrième place au classement après un dernier essai très proche de son record personnel (2m08). Après une dernière étape journalière correcte sur 400 mètres, Kévin Mayer entame la deuxième journée sur les chapeaux de roues. Le 110 mètres haies, le saut en hauteur et le lancer de disque lui permettent de se rapprocher du podium. Le deuxième tournant de son décathlon se passe lors du lancer de disque. Le natif d’Argenteuil réalise une performance monstrueuse avec un lancé à 73,09 mètres. Il réalise la meilleure distance de sa carrière au meilleur des moments possibles. Celle-ci lui permet de glaner la deuxième place au classement avant un 1500 final très bien négocié. Kévin Mayer, comme à Rio, remporte l’argent au courage à Tokyo. Une breloque de plus qui vient fournir un palmarès impressionnant.

Un record du monde à jamais gravé

Quand on dit que les Champions ont de l’orgueil, la performance de Kévin Mayer à Talence en Gironde en 2018 lors du Décastar en est l’exemple parfait. Déçu d’être passé à côté du titre un mois auparavant lors des Championnats d’Europe, le décathlonien a mis tout le monde d’accord. Pour bien terminer sa saison, lui qui était à l’époque champion du monde en titre, il avait besoin d’une bonne performance pendant cette compétition. La première journée est plus que positive pour le drômardéchois qui termine avec un total de 4563 points. Alors que tout le monde sait qu’il peut réaliser l’impensable, Kévin Mayer reste dans sa bulle. Le deuxième jour de compétition est absolument parfait pour le Français qui marque le même nombre de points que la veille. Le record du monde tombe en ce jour de septembre 2018. Le décathlonien est le premier homme à dépasser la barre des 9100 points (9128). Il bat le record précédent que détenait l’Américain Ashton Eaton (9 045 points) depuis 2015. Ce dernier l’a félicité sur Twitter après sa performance. “Je suis super content pour Kevin Mayer et encore plus pour l’avenir du décathlon”. Sa joie est énorme pour le natif d’Argenteuil qui a frappé un très grand coup avec sa performance. Elle lui vaudra une médiatisation intensifiée et une attente encore plus grande dans ses compétitions futures.