Ardéchoise de naissance et de cœur, Eva Guillot est en passe de devenir l’une référence du kick boxing en France. Après avoir brigué les plus beaux titres nationaux et internationaux chez les amateurs, elle entame sa carrière professionnelle à 23 ans. Rencontre.

Eva, pouvez-vous nous dire comment est venue chez vous cette passion du kick boxing ?

E.G. : “J’ai commencé cette discipline quand j’avais six ans, à Albussière. Mon père, quand il est arrivé en Ardèche, a monté un club dans notre village. Dès que j’ai pu, j’ai commencé avec le light-contact (pas de coups mais des touches), puis j’ai continué. Après avoir été amateur, puis semi-professionnelle, je suis aujourd’hui chez les pros.”

Quelle est la différence entre le monde amateur et professionnel ?

E.G. : “Il y en a plusieurs. D’abord, nous faisons des matchs dans le cadre de galas. Qui dit gala, dit combat rémunéré. Ensuite, nous n’avons plus les protections (casque, protège-tibia) que nous pouvons avoir en amateur. Enfin, le temps de combat n’est pas le même (3 rounds de 3 minutes chez les pros).”

Comment passe-t-on professionnel en kick boxing ?

E.G. : “Il faut déjà un minimum d’expérience chez les amateurs. Ensuite, nous devons faire une demande à la Fédération et selon nos résultats, c’est accepté ou non. C’est aussi un choix. De notre côté, nous avons décidé que c’était le bon moment pour essayer de franchir un cap et de progresser.”

Peut-on vivre de cette discipline aujourd’hui ?

E.G. : “Non, malheureusement. On ne gagne pas beaucoup d’argent avec le kick-boxing. Il n’y a pas énormément de galas et nous devons attendre deux semaines entre chaque combat, du fait que nous n’avons plus de protection. C’est pour cela que nous devons faire parler de nous pour exister. Je suis pour ma part étudiante à Grenoble en kinésithérapie.”

Quand avez-vous compris que le monde professionnel était possible pour vous ?

E.G. : “Je pense que le déclic est arrivé lorsque j’ai eu mon baccalauréat et que je suis partie pour Grenoble. C’est à ce moment-là que j’ai eu envie de performer. Comme en plus le niveau augmentait, j’ai intensifié les entraînements.”

Justement, les entraînements conjugués à votre vie étudiante, n’est pas trop prenant ?

E.G. : “Depuis que je suis passée professionnelle cette année, je m’entraîne environ neuf fois par semaine. Comme je pratique un sport de salle, les entraînements sont souvent les soirs, ce qui me convient très bien. Quand je n’ai pas cours, il m’arrive d’en rajouter. Les week-ends, je rentre chez moi en Ardèche et je m’entraîne avec mon club du Boxing Crussol Team Guillot. J’ai aussi un statut de sportive de haut niveau qui me permet de m’absenter en cas de compétition internationale sur plusieurs jours.”

Vous faites partie du Club Sport Ardèche, qu’est-ce que cela vous apporte ?

E.G. : “C’est forcément une visibilité et une aide supplémentaire. Financièrement, c’est aussi un plus pour nous. On fait chaque année une demande pour faire partie de la liste. C’est sympa de pouvoir échanger avec d’autres sportifs qui font des sports différents. Le Département de l’Ardèche nous aide aussi sur le plan financier.”

Vous êtes toujours en recherche de sponsors ?

E.G. : “Oui, toujours. Je remercie par ailleurs ceux qui m’accompagnent et Kuma Sport qui m’équipe pour mes combats.”