Formé à l’OL et champion du côté du Rhône, Jérémy Clément a par la suite été un milieu incontournable à l’ASSE, notamment dans le titre de Coupe de Ligue des Verts en 2013. Il se livre sur le derby de ce soir, avec son expérience dans les deux différents vestiaires, et sur la situation actuelle des stéphanois. 

  • Arriver à Saint-Étienne quand on a été un ancien joueur de l’OL, c’était un peu particulier pour vous ?

J’ai joué aux Glasgow Rangers et au PSG avant, donc j’avais déjà bien moins l’étiquette lyonnaise. Surtout qu’à l’époque, je n’étais pas une star dans cet effectif de l’OL comme un Cris, un joueur installé au club. Oui je l’ai ressentie cette appréhension, en étant formé à l’OL, j’ai l’habitude de défendre les couleurs de Lyon, je vais passer de l’autre côté, à “l’ennemi”. Mais je n’ai jamais compris ce vocabulaire de “traite”, je défends à chaque fois avec conviction du club ou je suis. Je suis très content et heureux d’avoir évolué dans les deux clubs, j’ai donné à chaque fois mon maximum, quel que soit le maillot, je ne triche pas.

  • Quand on vous parle du derby, quelle est la première chose à laquelle vous pensez ?

Un match à part, une rencontre spéciale forcément. On sait que dans ces matchs-là, l’animosité est très forte. C’est un vrai enjeu de la saison, surtout quand on connaît l’historique, la lutte des classes autour de ce match. Les supporters, l’ambiance électrique toute la semaine, tout est fait pour rendre ce match particulier. Pour moi, rien n’est plus beau qu’un derby.

  • Quel est le derby qui vous a le plus marqué dans votre carrière ?

À Saint-Étienne, une rencontre qu’on gagne 3-0 (ndlr : 15ème journée de la saison 2014-2015). Les lyonnais en talents purs, étaient supérieurs à nous, mais avec un gros travail collectif, on a su répondre. Des ingrédients tels que la combativité, l’engagement, ce qui fait l’âme d’un derby, devant Geoffroy-Guichard, nous a permis de l’emporter et de dominer la rencontre. Pourtant, dans la semaine on jouait l’Europe, on était à l’hôtel avec 2-3 joueurs et on ressentait la fatigue, mais avec un match comme ça, ça pousse à se surpasser.

  • Comment jugez-vous aujourd’hui la situation du club, lanterne rouge de Ligue 1 ?

Je suis forcément attristé pour le club. Jouer un derby dans ces conditions, ça ne va pas être simple, c’est un match important pour le club, surtout avec la pression médiatique autour du club. Mais après, le derby est un match tellement à part, ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne. Ça peut aider le club à repartir de l’avant, faire table rase du passé et repartir sur une bonne dynamique.

  • Votre club bascule plus pour Saint-Étienne ou Lyon aujourd’hui ?

Sans faire de langue de bois je ne peux pas choisir (rires). Lyon est le club qui m’a lancé, sous Paul le Guen, j’ai vécu des grands moments, notamment en Ligue des Champions, avec des joueurs incroyables, gagner des titres, je peux qu’être supporter de l’OL. De l’autre côté, l’ASSE avec sa ferveur, les belles années sous Galtier, ce sont deux clubs que j’adore, même si c’est dur à comprendre. Je ne peux pas choisir entre les deux clubs, je souhaite le meilleur pour les deux clubs.

  • Un petit pronostic pour la rencontre ? 

Je vois un match nul 1-1. Une rencontre fermée, avec de l’engagement, et même deux expulsés, un vrai derby comme on les aime (rires).

Photo : asse.fr