Très souvent cantonné à la deuxième position sur les podiums mondiaux et européens ces dernières années, le Roannais a pris sa revanche lors du chrono des derniers Championnats du Monde de handbike aux États-Unis.
Dans quel état d’esprit avez-vous abordé ce contre-la-montre ?
Loïc Vergnaud : J’étais confiant. J’avais réalisé une bonne performance lors des championnats d’Europe en Italie, où je n’étais vraiment pas loin. J’ai également pu m’entraîner normalement et effectuer tout le travail prévu. Comme nous savions qu’il allait faire très chaud sur place aux États-Unis, je m’étais préparé dans ces conditions. Tous les voyants étaient donc plutôt au vert avant le départ.
Vous aviez également anticipé le décalage horaire…
Nous sommes arrivés quatre jours avant la course, dès le lundi. Cela nous a permis de nous adapter au décalage horaire oui et aux conditions sur place. C’était important de prendre nos repères, même si le parcours ne correspondait pas forcément à ce que j’apprécie le plus. Sur un contre-la-montre, il faut de toute façon rester concentré et ne pas commettre d’erreur.
Comment se présentait ce parcours ?
Le contre-la-montre faisait 29,2 kilomètres, avec deux tours de circuit. Nous disposions de deux points de passage intermédiaires pour connaître les écarts. Comme d’habitude, j’avais une oreillette, mais on me transmettait uniquement les temps. Cela me permettait de savoir où j’en étais sans recevoir trop d’informations.
À quel moment avez-vous compris que le titre était possible ?
À la mi-course, j’avais une quinzaine de secondes d’avance sur Mitch, qui est mon adversaire habituel. J’avais aussi un concurrent chinois qui n’était pas très loin non plus. J’attendais surtout le dernier intermédiaire pour avoir une vision plus précise de la situation. À cinq kilomètres de l’arrivée, j’ai eu la bonne surprise d’apprendre que je possédais environ 25 secondes d’avance. À ce moment-là, je savais que si je continuais à pousser sans faire d’erreur, il y avait très peu de chances que je perde. Finalement, je termine avec un peu plus de 30 secondes d’avance.
Comment avez-vous vécu les instants qui ont suivi votre arrivée ?
J’ai attendu que mon principal adversaire franchisse la ligne pour pouvoir réellement fêter le titre. Il faisait très chaud et on m’a tout de suite pris en charge à l’arrivée. Ensuite, j’ai regardé les écarts et j’ai compris que c’était bon, que j’étais champion du monde. J’étais très heureux. Le seul petit bémol, c’est d’avoir dû célébrer sans ma famille. Elle m’avait accompagné sur tous mes précédents championnats du monde, mais elle n’était pas là cette fois-ci.
Il fallait ensuite se remobiliser pour la course en ligne. Quel scénario avez-vous connu ?
C’était une course très tactique, sur un parcours où il n’y avait pas beaucoup d’endroits pour faire la différence. Nous avons été lâchés par le peloton et, dans notre groupe, personne ne voulait vraiment prendre la responsabilité de rouler. L’écart a commencé à devenir important, puis l’un de nous s’est mis à travailler. Nous sommes revenus à une vingtaine de secondes du peloton avant une attaque dans une partie comprenant quelques virages techniques. Nous étions trois à être un peu plus forts que les autres, même si nous devions encore être sept dans le final. À 300 mètres de l’arrivée, Mitch a démarré. J’ai tenu autant que j’ai pu. Nous avons joué jusqu’au bout et j’ai assuré le minimum syndical avec une troisième place.
Que change ce maillot de champion du monde pour vous ?
Ce titre de champion du monde me libère un peu. Cela faisait cinq ans que j’étais toujours battu. Cette saison, avec mon entraîneur, nous avons réussi à trouver le bon programme. Le résultat montre que notre travail va dans la bonne direction. Sur les deux prochains championnats du monde, je vais essayer de reproduire cette performance.
Les Jeux paralympiques de 2028 sont-ils déjà dans un coin de votre tête ?
Tout tourne toujours autour des Jeux. Nous allons prochainement entrer dans le système de qualification et les épreuves de Coupe du monde de l’année prochaine vont commencer à compter. Ce titre constitue un bon critère en vue des Jeux, car il montre que je suis capable de gagner au plus haut niveau. Mais ma sélection, si je suis bien pris, n’interviendra que fin juin ou début juillet 2028. D’ici là, il faudra continuer à obtenir des résultats.


