Comme en 2023, la Couramiaude Lyndsey Thomas a décroché le titre de Championne du Monde WAKO à Abu Dhabi en décembre. Retour avec la boxeuse sur cette nouvelle expérience dorée.
Lyndsey, vous revenez de ce titre mondial à Abu Dhabi, qu’est-ce qui a changé pour vous au quotidien depuis ?
Lyndsey Thomas : Il y a toujours beaucoup d’engouement quand je reviens de l’équipe de France. J’ai été super bien accueillie par ma ville, Saint-Chamond, par la mairie, par mon club… J’ai même eu le droit à une petite cérémonie qui m’a fait très plaisir. Après, tout a redémarré comme d’habitude. J’étais de nouveau le lundi dans mon cabinet d’ostéopathie (rires).
Comment s’est passé votre séjour là-bas ?
Je suis partie pendant 10 jours, le vendredi alors que la compétition commençait le lundi. Cela m’a permis de m’acclimater pendant 48 heures sur place. Le format est le même qu’en 2023 avec un match tous les jours sauf pour les deux premières au ranking mondial, dont je faisais partie. Nous étions en bout de poule et nous ne pouvions nous rencontrer qu’en finale. J’ai donc commencé la compétition le mercredi au lieu du lundi et directement en quart de finale, ce qui est quand même un avantage.
Vous entrez dans la compétition dès les quarts de finale. Comment s’est passé ce premier combat ?
En quart de finale, j’affronte une boxeuse serbe que je connaissais déjà bien. Nous nous étions rencontrées en demi-finale aux Championnats d’Europe, donc je savais exactement à quoi m’attendre. C’est une adversaire très engagée, qui boxe avec le cœur. Elle est championne en titre et fait clairement partie des meilleures de la catégorie. Dès le premier combat, l’intensité était là. J’ai réussi à m’imposer en quart de finale avec une victoire nette, 2 juges arbitres à 0, pour bien démarrer ma semaine de compétition.
Comment vous êtes-vous senti physiquement et mentalement lors de ce combat ?
Je me suis sentie plutôt bien. J’avais de bonnes sensations et je me voyais en avance dans le combat. J’étais en place, concentrée, avec une bonne lecture de la situation. Mentalement, je me sentais sereine et pleinement dans ma boxe.
La demi-finale a été particulière. Que s’est-il passé ?
En demi-finale, je devais boxer contre une adversaire des Philippines. J’ai attendu toute la journée. Je me suis échauffée, puis refroidie, avant de devoir me ré-échauffer à plusieurs reprises. Finalement, on m’a annoncé qu’elle ne viendrait pas. Je ne connais pas la raison exacte. En compétition, nous nous pesons tous les jours, donc ce genre de situation peut arriver. C’est forcément frustrant, car on se prépare mentalement et physiquement pour combattre.
Vous vous retrouvez donc en finale face à une boxeuse Croate. Comment avez-vous abordé ce combat ?
Elle était deuxième au ranking mondial. C’était une très bonne adversaire, un peu plus jeune, avec un style très proche du mien. Le même profil, les mêmes techniques favorites. Avec mon père, nous avons beaucoup travaillé sur l’antithèse de ma propre boxe afin de casser ses repères. J’ai réussi à m’imposer grâce à l’expérience et à la gestion du combat.
Qu’avez-vous ressenti après cette nouvelle victoire mondiale ?
J’étais super contente, vraiment très heureuse. Sur cette compétition, j’avais un peu plus de pression que d’habitude, avec l’impression que l’on m’attendait davantage. Cette victoire a été un immense soulagement. Être la seule médaillée d’or de l’équipe de France rend ce titre encore plus fort. J’en étais d’autant plus fière que mon père et ma belle-mère étaient présents. Cela rajoute une petite pression supplémentaire, mais aussi énormément d’émotion.
Quelle est la suite pour vous maintenant ?
Un combat est prévu en début d’année, pas très loin de la maison. Rien n’a encore été officiellement annoncé concernant une ceinture européenne, mais nous y travaillons. Avec l’équipe de France, une Coupe du Monde est également programmée. L’objectif est de continuer à enchaîner les combats à l’international. J’ai aussi des objectifs importants, notamment au Japon et en Thaïlande, qui est un pays très réputé. Dès le lendemain de la compétition, j’ai repris le travail et l’entraînement. Nous avons immédiatement relancé la préparation pour février.


