L’une a découvert la compétition à 16 ans. L’autre collectionnait déjà les résultats chez les jeunes. Noémie et Thomas Pradier n’ont pas pris le même départ, mais partagent aujourd’hui les circuits, les déplacements et l’envie d’aller plus loin en sport automobile.
Chez les Pradier, le karting est une histoire de famille. Leur papa, Damien, s’y est mis à 19 ans et a disputé quelques courses en Auvergne. Thomas (16 ans) a suivi sa trace. Noémie, elle, se consacrait à la gymnastique. Elle aimait pourtant le kart depuis longtemps, jusqu’à ce qu’une inscription surprise lui donne l’occasion de se lancer. Ses premières courses se déroulent à Montbrison, à 16 ans. “J’ai commencé très tard” reconnaît-elle. Entre l’été et la fin de l’année 2024, elle prend ses repères en compétition. Dès 2025, elle passe aux épreuves nationales et entre dans le top 10. Thomas a eu davantage de temps pour construire son parcours. Vice-champion de France cadet en 2022, il obtient de nouveau cette place l’année suivante, dans la catégorie Nationale. Puis viennent les championnats d’Europe. En 2025, il termine 18e parmi 130 pilotes. Ses performances lui ouvrent les portes de Tony Kart. “C’est une usine, la Ferrari du kart. Ils organisent les courses, les essais, s’occupent du matériel et nous aident à progresser”, explique Thomas Pradier. La structure organise les courses et les essais, fournit le matériel et accompagne ses pilotes dans leur progression. Pour Thomas, intégrer une telle équipe marque une nouvelle étape.
NOÉMIE VEUT PROUVER SA PLACE
De son côté, Noémie rejoint Jana Racing, une équipe italienne découverte grâce aux liens noués autour du parcours de son frère. Elle court en Italie pendant la saison et s’engage en 2026 dans le championnat de France féminin. À Varennes-sur-Allier, elle mesure le chemin parcouru en moins de deux ans. “On venait un peu dans l’inconnu, en plus pendant la canicule. J’ai tout de suite montré une très belle vitesse et je suis passée à très peu de choses de la pole position”. Après un accrochage en début de course, elle rétrograde à la 12e position mais ne renonce pas. “J’avais un très bon rythme et je suis remontée à la deuxième place”. Mathilde Habrant, arrivée première, a reçu 10 secondes de pénalité après un accrochage. Noémie, deuxième sur la piste, a été déclarée gagnante et championne de France. Pour celle qui a débuté plus tard que nombre de ses adversaires, le résultat compte autant que le regard qu’il change dans le paddock. “Je voulais montrer que j’avais ma place, gagner du respect et de la légitimité” confie Noémie.
UN FRÈRE, UNE SŒUR ET PARFOIS UN COACH
Son titre lui donne droit à un stage en simulateur F4 avec la FFSA Academy. Thomas, lui, a connu une saison 2026 plus heurtée. Il roule cette année en OK, comme l’année dernière (catégorie reine du karting sans boîte de vitesses) mais également en KZ2, qui est sa première année dans cette catégorie à boîte de vitesses. Malheureusement, il se blesse à l’épaule dès sa première course. Deux mois sans rouler viennent interrompre sa préparation. À son retour, les résultats ne reflètent pas toujours son niveau. En Coupe du monde KZ2 au Mans, il signe notamment le deuxième temps de son groupe en qualifications. Il termine 18e sur 122 engagés. De quoi garder confiance avant les prochaines grandes échéances. Leurs calendriers les conduisent souvent sur les mêmes circuits le même week-end. “Nos courses tombent souvent le même week-end. On part régulièrement tous les deux, et ça rassure nos parents”, raconte Thomas. Sur place, Thomas ne se contente pas de suivre la course de sa sœur, il devient aussi parfois son coach. Il observe, conseille, l’aide à analyser ce qui fonctionne. “On est très proches” dit Noémie. La présence de leur petite sœur et de leurs parents rappelle que, derrière leurs parcours individuels, cette aventure reste familiale. Elle demande aussi une organisation peu commune. Thomas suit l’école en distanciel depuis trois ans et Noémie a obtenu son bac l’année dernière. Le calendrier est établi en début de saison, mais les déplacements laissent parfois très peu de temps au domicile familial. “Quand on est à la maison, on travaille à fond” raconte-t-elle. Tous deux ont noué des amitiés en Italie grâce aux courses et Thomas parle même l’italien. Elles imposent aussi de renoncer à une partie du quotidien adolescent et a demandé de nombreux sacrifices à tous les deux. Pour la suite, Thomas vise un podium au championnat du monde catégorie OK prévu début novembre en Italie. Pour l’année suivante, il pense à la Formule 4 française, tout en gardant un intérêt pour l’endurance et l’envie d’être au départ, un jour, des 24 Heures du Mans. Noémie veut continuer à gagner de l’expérience et envisage, elle aussi, la Formule 4. Reste une réalité que les deux pilotes connaissent bien, poursuivre à ce niveau coûte cher. Quelques sponsors locaux les accompagnent déjà, mais financer deux carrières multiplie les besoins. Noémie et Thomas cherchent donc de nouveaux partenaires. Sur la piste comme en dehors, chacun suit sa trajectoire, avec la même famille à ses côtés.
FRÈRE ET SŒUR ET CHAMPIONS :
NOÉMIE PRADIER (18 ANS) — 2026 : Championne de France Féminine / 2e féminine – ROK Cup Italy — 2025 : Top 10 – Championnat de France F
THOMAS PRADIER (16 ANS) — 2026 : Top 20 – Championnat du Monde FIA KZ2 — 2025 : 2e – Champions of the Future, ROGBY — (7e championnat/120) — 2024 : 2e – IAME Euro Series, Zuera — 2023 & 2022 : Vice-champion de France


