De retour dans le Forez pour le Trophée Vert For Ever, Oswaldo Piazza a retrouvé ses anciens coéquipiers et les supporters qui continuent de faire vivre l’épopée de 1976. Cinquante ans après la finale de Glasgow, l’Argentin parle de leurs retrouvailles et de l’émotion ressentie à Geoffroy-Guichard lors des célébrations du cinquantenaire.
Vous êtes revenu pour le Trophée Vert For Ever. Qu’est-ce qui vous pousse à faire le voyage chaque année ?
Oswaldo Piazza : Du moment qu’on est ensemble, qu’on se revoit après une année, ça se passe toujours bien. On est encore là. On a perdu trois soldats très importants, alors on essaie de se rassembler, de revivre les moments qu’on a connus avec l’équipe et avec les gens. Je fais treize heures d’avion depuis Buenos Aires. Bien sûr que je suis fatigué quand j’arrive, mais je suis content d’être là.
Et le golf dans tout ça ?
Ce n’est pas vraiment mon sport ! Jean-Michel Larqué a essayé de m’apprendre. J’ai tenté deux ou trois fois, mais je n’arrivais même pas à toucher la petite balle. Moi, j’étais fait pour le gros ballon. Ce tournoi, c’est surtout une très belle occasion de se retrouver. Christian Lopez et Sylvana travaillent beaucoup pour l’organiser. Christian sait recevoir les gens et leur faire plaisir.
Quelles questions les supporters vous posent-ils encore ?
On me parle toujours de la finale. On me demande quelles ont été nos plus grandes émotions, quel adversaire nous a le plus marqués. Moi, je réponds souvent Kiev. Le Dynamo était l’une des équipes les plus fortes d’Europe à cette époque et nous l’avons battu. Ça montre le niveau auquel nous étions arrivés.
La finale de Glasgow revient forcément dans les discussions. Quels souvenirs gardez-vous du retour en France ?
Les Champs-Élysées. Nous étions deux par deux dans des Renault 5 vertes, avec nos numéros et nos maillots. Moi, j’étais Argentin et je n’aurais jamais imaginé vivre ça en France. Il y avait une foule immense et on sentait sa chaleur. Après, nous sommes revenus à Saint-Étienne et le public nous attendait encore à Geoffroy-Guichard. Le stade était plein. Ce sont des choses qu’on n’oublie pas.
Vous êtes-vous déjà demandé si l’histoire des Verts aurait été la même avec une victoire en finale ?
Je ne sais pas si on l’aurait autant célébrée. On parle toujours des poteaux carrés, mais ce n’est pas nous qui avons inventé cette histoire : ce sont les médias et le public qui l’ont fait vivre. Ce que je sais, c’est l’accueil qu’on a reçu à notre retour. On ne s’y attendait pas. C’était une émotion énorme.
L’hommage rendu cette année aux Verts de 1976 vous a particulièrement touché.
Oui, énormément. Quand on est arrivés au rond central, il fallait se retenir, parce que les larmes venaient. On ne s’attendait pas à un tel accueil. Quand le micro a annoncé mon nom et que tout le stade a repris « Oswaldo Piazza », j’ai ressenti quelque chose de très fort. Ce public a toujours été chaleureux avec nous, mais là, c’était encore autre chose.
Beaucoup de ceux qui vous applaudissaient ne vous ont jamais vu jouer. Cela vous surprend ?
Oui. Pour les 50 ans, il y avait des gens qui n’étaient même pas nés à l’époque. Ils ne nous ont pas vus sur le terrain, et pourtant ils étaient là. L’autre jour, nous sommes allés faire une séance de photos et de dédicaces dans une petite commune à 2 heures de Saint-Étienne. Nous pensions voir quelques personnes et il y en avait environ 150 qui attendaient, parfois avec leurs vieilles photos. C’est incroyable.
Qu’est-ce qui a permis à cette équipe de toucher bien au-delà de Saint-Étienne ?
La télévision a joué un rôle. Nos matches européens étaient diffusés et des gens qui n’étaient pas stéphanois se sont mis à nous suivre. Mais le public a aussi beaucoup fait pour nous. Je me rappelle certains matches où je montais avec le ballon, j’avais l’impression que 30 000 personnes me poussaient dans le dos. On sentait leur force.
Les souvenirs reviennent-ils souvent quand vous êtes loin du Forez ?
Très souvent. Le soir, quand je pose la tête sur l’oreiller, des matches me reviennent : Kiev, Split, Copenhague… Parfois, c’est un détail précis. À Copenhague, par exemple, je prends un avertissement qui me prive ensuite du retour contre Liverpool. Je ne décide pas de repenser à tout ça ; les images arrivent toutes seules. Et quand on retrouve les anciens, on en reparle.
Avec les années, ces retrouvailles prennent-elles une autre importance ?
Oui. La vie fait qu’on est dispersés, certains en France, d’autres beaucoup plus loin. Alors on fait le voyage tant qu’on le peut. On est heureux de se revoir et heureux aussi que les supporters soient toujours là. Leur accueil nous fait un plaisir énorme. Parfois, je ne sais pas s’il faut rire, pleurer ou sauter de joie.
PALMARÈS D’OSWALDO AVEC LES VERTS
Champion de France (3) : 1974, 1975, 1976 / Coupe de France (3) : 1974, 1975, 1977 / Demi-finaliste de la Coupe des clubs champions européens : 1975 / Finaliste de la Coupe des clubs champions européens : 1976 / Sélections en Équipe d’Argentine de football : 15
À l’image, Oswaldo Piazza (debout) face aux partenaires de Parlons Sports à la Brasserie Geoffroy-Guichard. Chaque trimestre, Parlons Sports organise des rencontres privilégiées entre ses partenaires et des personnalités du monde sportif. Des moments conviviaux propices aux échanges, pour découvrir les sportifs autrement, à travers leur parcours, leurs expériences et leurs anecdotes.


