Crédit Photo : Chorale de Roanne
Après une SuperCoupe marquée par la blessure de Darius Hannah, le directeur sportif de la Chorale de Roanne fait le point sur la recherche d’un remplaçant, le retour dans l’élite et les ambitions du club.
Quel regard portez-vous sur la SuperCoupe disputée à Roland-Garros, où la Chorale s’est hissée en finale ?
Zoran Cvjetkovic : Pour nous, y participer était déjà une récompense après la façon dont nous avons terminé la saison dernière. Je tiens à remercier les joueurs qui sont encore avec nous, mais aussi ceux qui sont partis, ils nous ont permis de vivre ce moment. Voir la Chorale à Roland-Garros, c’était exceptionnel pour le club et pour ses supporters. Nous avons affronté deux équipes d’EuroLeague, battu la première dans un match officiel et tenu vingt minutes contre Paris. Il faut se souvenir d’où l’on vient puisqu’il y a quelques mois, nous jouions encore en Élite 2. Nous pouvions être très heureux de ce week-end. Malheureusement, la blessure de Darius Hannah a tout entaché. Avec le coach et le staff, nous sommes même dit que nous aurions peut-être préféré ne pas gagner le premier match et l’avoir toujours avec nous.
Darius Hannah avait fait une bonne préparation ?
Oui, et c’est aussi ce qui rend sa perte difficile. Il était avec nous depuis le début de la préparation, il l’avait faite en entier et il avait montré de très belles choses. On avait pu voir ce qu’il pouvait apporter à l’équipe. Ce n’est pas seulement un joueur qui manque pour le premier match de championnat, c’est quelqu’un avec qui le groupe avait commencé à travailler et à construire ses repères. Nous imaginions cette saison avec lui. Maintenant, nous devons nous adapter.
À quel moment avez-vous commencé à chercher un remplaçant ?
Immédiatement après sa blessure. Notre kiné, Pierre Vernin, qui était sur place et en qui j’ai une grande confiance, a très vite suspecté une rupture des ligaments croisés. J’ai donc commencé à chercher un joueur, parce que cette équipe aura besoin d’un remplaçant. Mais il y a deux difficultés. D’abord, trouver un poste 5 est compliqué en ce moment. Plusieurs clubs, avec des budgets plus ou moins comparables au nôtre, recherchent le même profil. Ensuite, nous devons être très attentifs à la personne que nous faisons venir.
Qu’attendez-vous de ce futur joueur, au-delà de ses qualités sportives ?
La force de notre équipe la saison dernière, et ce qui devait encore faire notre force cette année, c’est le collectif. C’est la manière dont les joueurs se sentent ensemble et travaillent les uns avec les autres. Nous ne pouvons pas prendre quelqu’un qui ne correspondrait pas à la culture installée par TJ Parker. Il faut évidemment qu’il nous aide sur le terrain, mais aussi qu’il trouve sa place dans le vestiaire. Nous cherchons la pièce qui nous permettra de poursuivre la saison que nous espérions faire avec Darius. C’est pour cela que nous prenons un peu plus de temps.
La Chorale a pourtant déjà su réagir rapidement sur le marché la saison dernière…
Oui. Quand nous avons perdu Blair l’année dernière, nous avons trouvé un joueur en 48 heures. Nous avons montré à d’autres occasions que nous savions être réactifs. Si notre seul objectif était de faire venir quelqu’un au plus vite, nous pourrions le faire. Mais recruter un joueur simplement pour compléter l’effectif n’aurait pas de sens. Nous devons être convaincus qu’il peut aider l’équipe, dans le jeu comme dans la vie du groupe. C’est notre choix de prendre le temps nécessaire, même si nous savons que le championnat commence.
Ce début de calendrier vous inquiète-t-il, avec notamment pas mal de déplacements en peu de temps ?
Il est difficile, c’est une réalité. Nous allons jouer beaucoup de matchs à l’extérieur et rencontrer rapidement de grosses équipes, dont les formations d’EuroLeague. Nous n’aurons pas forcément l’avantage de les affronter après une semaine particulièrement chargée pour elles. Il faudra donc être prêts tout de suite. Après, une saison ne se résume pas à ses premières semaines. Si le calendrier est très exigeant au départ, d’autres périodes pourront être différentes. Et dans cette Betclic Élite, il y a beaucoup d’équipes de niveau proche. Chaque rencontre sera disputée.
Quelle est la priorité de la Chorale pour son retour dans l’élite ?
Le minimum, et le plus important, c’est de rester en Betclic Élite. Tout le projet du club repose là-dessus. Nous voulons installer la Chorale à ce niveau. Ensuite, l’ambition portée par les dirigeants est de retrouver l’Europe rapidement. Cela veut dire viser au moins le play-in, puis essayer d’aller chercher une place. Si nous réussissions à nous maintenir et à jouer cette possibilité, ce serait une très belle saison. Mais il faut garder de l’humilité, cela reste du basket. La saison dernière, personne n’aurait imaginé, au vu de notre début de parcours, que nous terminerions champions avec une telle avance.
Qu’est-ce qui peut permettre à ce groupe de poursuivre sur sa lancée malgré la montée ?
La culture que TJ a mise en place. Je n’aime pas trop parler de la « mentalité », parce que la mentalité peut changer selon les jours. On peut se réveiller un matin et ne pas se sentir très bien. La culture, c’est plus profond. C’est ce qui se passe dans le vestiaire quand le coach et le directeur sportif ne sont pas là, quand les joueurs sont entre eux. Cette volonté de gagner, de travailler et d’être exigeants, je pense qu’elle fait désormais partie du groupe et du club. C’est une base solide pour affronter une saison qui sera forcément plus difficile.
Avez-vous déjà senti que l’équipe pouvait rivaliser à ce niveau ?
Nous avons montré de bonnes choses jusqu’ici, notamment lors de la SuperCoupe. Cela donne des indications, mais il ne faut pas en tirer des conclusions trop vite. Nous venons de perdre un joueur important et devons trouver comment le remplacer.
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C’est la taille moyenne des joueurs de la Chorale de Roanne cette saison. Le club présente l’effectif le plus petit du championnat.
Le championnat va poser d’autres problèmes, sur la durée, avec des adversaires différents chaque semaine. Ce que je veux, c’est que nous soyons compétitifs contre tout le monde et que nous gardions notre identité. Ensuite, les résultats diront jusqu’où nous pouvons aller.
Comment avez-vous vu évoluer l’engouement autour de la Chorale depuis votre arrivée ?
J’ai senti une énorme différence entre mon arrivée et la fin de la saison dernière. Avec les changements, il a poussé l’équipe, et l’enthousiasme ne s’arrêtait pas aux soirs de match. Nous vivons basket toute la semaine. Les joueurs me racontaient que, lorsqu’ils sortaient en ville, les gens leur parlaient de la Chorale et les encourageaient. On voit aussi cet élan autour des abonnements et des partenaires. Avant de signer à Roanne, tout le monde m’avait parlé de ses supporters. Aujourd’hui, je comprends ce que cela signifie.
Qu’attendez-vous d’eux cette saison ?
Qu’ils continuent à être derrière nous, dans les bons moments et surtout dans les moins bons. Nous leur avons offert une saison exceptionnelle, mais le retour en Betclic Élite représentera un autre défi. Il y aura forcément des passages compliqués. Leur soutien peut compter énormément pour les joueurs. La Chorale avance avec toute une ville derrière elle et cette énergie sera précieuse.
NOTRE EXPERT
ZORAN CVJETKOVIC — Directeur sportif de la Chorale


